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ARNIGIO (Bartolomeo), Le Rime (1555)

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[première ligne dans un encadrement] le rime/ DI MESSER/ bartolomeo/ arnigio./ novamente poste/ in lvce./ [fleuron]/ con privilegio./ [marque : g g f et devise]/ in vinegia appresso gabriel/ giolito de ferrari, et/ fratelli. m d l v.

In-8° [64] feuillets signés A-H8 chiffrés 59 [V] ; (24) mal chiffré 42, (53) 57. Marque sur le titre (53 mm ; Zappella, 535-537) ; autre sur le dernier feuillet (77 mm ; Zappella, 539-542) ; bandeaux ; fleurons ; lettrines ; caractères italiques.

Edition originale du premier recueil publié par Bartolomeo Arnigio, composé, ainsi qu’il l’indique dans son épître liminaire, durant sa jeunesse, et rappelant les « vari accidenti » de ses premières amours. Le recueil est dédié au comte Lucrezio Gambara, qui hébergea le poète pendant un an, et qui venait d’épouser Polissena Martinengo [1]. Il contient 130 sonnets, dix canzoni, deux sextines, huit octaves, un capitolo, 22 stanze isolées, un madrigal, une ballata et une canzonetta. Le nom des dédicataires est donné dans la table : Giovanni Battista Amalteo, Leandro Averoli, Giovanni Paolo Boldrini, Giovanni Maria Bornati, Girolamo Bornati, Bartolomeo Capriolo, Leone Cereti, Laura Contarini, Lodovico Dolce (3), le comte Brunoro Gambara [2], le comte Lucrezio Gambara, Eraclito Gandini, Giovanni Battista Gavardo, Paolo Hondedei [Ondedei], Luigi Leopardi, Teofilo Martinengo [3], la comtesse Polissena Martinengo Gambara, Giacinto Mondella, Marco Moreto, Marco Moroni, Virginia Pallavicino Gambara [4], Giorgio Sirena, Paolo Soncino, Ottavio Stella.

A l’exception du sonnet ‘Almo Sol, che de’ tuoi possenti rai’, déjà publié dans les Rime di diversi eccellenti autori bresciani de 1554, toutes les pièces des Rime sont ici en édition originale. Ce mince volume n’a jamais été vraiment étudié par la critique. Il illustre une sorte de vulgate pétrarquiste, d’inspiration bembiste, sans véritable originalité, en particulier lorsqu’Arnigio affronte d’autres formes que le sonnet, ainsi les deux canzoni adressées à une dame dont le senhal est Pietra, ‘Novo et alto desio m’accende ’l petto…’ (f. 15) et ‘Da lo Spirto rapito essendo un giorno…’ (f. 17), imitant les RVF 127 et 129, dont elles reprennent aussi bien le thème (la succession de visions de la dame aimée au sein de la nature), que le schéma métrique et le nombre de strophes, avec une légère variation dans la seconde pièce, qui transforme le schéma pétrarquien cDEeDFF en cDE eDD. Le recueil contient quelques pièces encomiastiques, adressées à des membres de la noblesse de Brescia, et quelques pièces privées, évoquant des épisodes de la vie du poète ; celles-ci en revanche ne manquent pas de vivacité, ainsi la canzone, ‘Dopo le strida il pianto e’ grave duolo…’ (f. 40 v°), sur la naissance du neveu d’Arnigio, au schéma métrique inhabituel, ou la déploration sur la mort de sa mère, en forme de canzone, ‘Nessun diletto e gioia che sia in questo…’ (f. 43 v°), reprenant le schéma métrique de RVF 359, avec une stance supplémentaire. Enfin, quelques pièces spirituelles illustrent un genre auquel Arnigio allait donner de plus importants développements.

Arnigio fit paraître un second volume de Rime, publié à Brescia, par Giambatista Bozzolo, en 1556, avec une dédicace à Claudia Martinengo, épouse de Ludovico Martinengo della Pallata [5]. Ce volume reprend du premier le seul sonnet ‘Cinto le tempie d’alga Nereo Padre…’ (f. 5 v°), avec plusieurs variantes.

Hauteur : 147 mm. Vélin rigide, dos à trois nerfs, tranches bleues ; pièce de titre postérieure (reliure de l’époque).

Provenance : ex-libris héraldique gravé aux armes du comte Camillo de Grassis [(1771-1848), patricien de Bologne, gentilhomme de la chambre de Joachim Murat, puis podestà de Bologne ; Gelli, p. 234 ; même provenance sur Sansovino, Historia di Casa Orsina, Venise, 1565, recensé dans Le Edizioni del XVI secolo nella Biblioteca Chelliana di Grossetto, éd. A. Bosco - L. Seravalle, Grossetto, 1995, n° 315].

→ Quadrio, II, 249, 431 ; Bongi, II, p. 178-179 ; Vaganay, 1555, n° 1 ; BL, 56 ; Edit XVI A-2812 (10 exemplaires) ; Ascarelli-Menato, p. 373-375.

[1Née en 1516, fille de Scipione Matteo dit Mariotto Martinengo, seigneur d’Usago, et d’Ippolita Provaglio.

[2Brunoro Gambara (1490-1559), comte de Bordolano, capitaine au service de l’Empire. Il était fils de Giovanni Francesco Gambara, et frère de la poétesse Veronica Gambara.

[3Teofilo Martinengo Palatino (1497-1565), fils d’Ercole Martinengo, juge à Brescia ; il épousa en 1516 Francesca Secco d’Aragona.

[4Virginia Pallavicino († c. 1558), épouse du comte Brunoro Gambara. Elle était fille de Gian Ludovico Pallavicino di Cortemaggiore et de Ludovica Pallavicino di Zibello.

[5Arnigio dédia à la même Claudia Martinengo sa Lettura sopra il sonetto ‘Liete et pensose, accompagnate et sole’ (Brescia, 1565).

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