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BEMBO (Pietro), Rime (1530)

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[A2 v°] RIME DI M. PIETRO/ BEMBO.

[souscription] Stampate in Vinegia per Maestro Giouan An-/tonio & Fratelli da Sabbio. Nell’anno M.D./XXX.

Deux parties en un volume in-4° : [42] feuillets signés A-D8 E10 non chiffrés, les 3 premières pages et la dernière blanches ; [12] feuillets signés A-C4 non chiffrés, les deux premières pages et la dernière page blanches. Caractères italiques.

Première édition des Rime de Bembo. Publiée en 1530, contemporaine des Rime de Gian Giorgio Trissino (1529), des Opere toscane de Luigi Alamanni et des Amori de Bernardo Tasso, elle marque, selon la formule de Carlo Dionisotti, la naissance du pétrarquisme européen autant qu’elle fonde la nouvelle poésie italienne. Cinq années après la publication de ses Prose, Bembo avait réuni et mis en ordre son œuvre lyrique, dans le but d’offrir un recueil poétique illustrant les positions théoriques qu’il avait développées dans son traité. L’édition est dédiée à Ottaviano Fregoso [1], un des interlocuteurs du Cortegiano de Castiglione et ami de Bembo, qui l’avait rencontré à la cour d’Urbin. La première partie contient 113 pièces, dont 101 sonnets ; la seconde 50 stanze. Bembo rappelle les conditions de la composition des stanze, tissées « con frezzoloso subbio » sur une invention du dédicataire pour être récitées « per giuco da mascarati », entre les danses des fêtes du carnaval.

Le sonnet liminaire est une variation sur le premier sonnet des RVF de Pétrarque ; il annonce clairement la référence majeure du recueil, présenté comme un ensemble organisé et cohérent, et il indique le projet d’une poétique fondée sur une imitation linguistique et thématique de Pétrarque. La progression linéaire du canzoniere toutefois est interrompue par plusieurs séquences narratives et thématiques qui se croisent (les saisons de l’amour, la mort du frère, des pièces encomiastiques). Bembo revint sur l’ordre du recueil dans la seconde édition qu’il publia en 1535, et qu’il modifia encore pour une dernière édition, publiée posthume en 1548.

Le volume est imprimé par les frères Nicolini. Originaires de Sabbio, près de Brescia, ils s’étaient établis à Venise en 1512 et travaillèrent en association sous la direction de Giovanni Antonio dit da Sabbio, jusqu’en 1550.

Hauteur : 207 mm ; exemplaire non lavé. Maroquin tête de nègre, grand losange mosaïqué de maroquin fauve sur les plats, filet doré, chiffre BB répété sur les plats et le dos, doublure et gardes de tabis noir (reliure signée Honegger).

Provenance : inscription manuscrite du XVIe siècle sur le premier feuillet : trois vers italiens et deux vers latins ; date 1561 d’une autre main ; au verso : 1799 Francesco Testa di Vicenza ; au f. C3, signature Christoforo Trissino [autre volume de cette même double provenance Scroffa, I Cantici di Fidenzio, Florence s. n., s. d.] ; chiffre de Jean Paul Barbier-Mueller.

→ Gamba, 141 ; Brunet, I, 764 ; Vaganay, 1530, n° 2 ; Hastings Jackson, 73 ; BL, 81 ; Edit XVI B-1185 (31 exemplaires) ; Ascarelli-Menato, p. 353-354 ; Cannata 25 et description 17.

[1Ottaviano Fregoso (1470-1524) était fils d’Agostino Fregoso et de Gentile da Montefeltro, fille naturelle du duc d’Urbin. Sa famille ayant été bannie de Gênes, il se réfugia à Urbin, où il rencontra Bembo. De retour dans sa cité, il fut proclamé doge en 1513, et en 1515, il se rallia à la France. Vaincu par les Imperiaux, il fut destitué et mourut en prison en 1524.

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