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BERNI (Francesco), Il Primo libro delle opere burlesche (1548)

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IL PRIMO LIBRO/ dell’opere bvr-/lesche./Di M. Francesco Berni, di M. Gio. della Casa,/ del Varchi, del Mauro, di M. Bino,/ del Molza, del Dolce, & del/ Firenzuola,/ ricorretto, & con diligenza/ ristampato./ [marque : novvs exorior]/ in firenze./ m d xlviii. [souscription] stampato in firenze/ appresso Bernardo Giunta,/ m d lviii.

Un volume in-8° [224] feuillets signés A-I8 K4 2A-2S8 T4 paginés [XVI] 132 [I] [CXXVIII] 129-293 [II bl.] ; (2A-2I) mal signés A-I ; (22-23) mal chiffrés 23-24 (26-27) 24-25 (68-69) 66-67 (72-73) 70-71 (76-77) 74-75 (80-134) 78-132 ; (274-294) 273-293. Marque sur le titre (67 mm) ; lettrines ; caractères italiques. Un vers manquant dans le capitolo contro a Pietro Aretino (f. H8 v°) est ajouté à la plume : « Di queste traditore,/ Ti convien far le frottole, e novelle :/ Et non ».

La poésie burlesque connut un succès tout particulier à Florence, encouragé par l’Accademia degli Umidi « la quale principalmente fa professione dello stil burlesco, giocondo, lieto, amorevole », selon Anton Francesco Grazzini (1503-1584), dit Lasca, l’éditeur du volume, qui en fait un art essentiellement aristocratique « e non mica da plebei ». Cette poésie s’inscrit contre la grande tradition lyrique ou plutôt ses dévoiements, « le Petrarcherie, le squisitezze et le Bemberie », en adoptant volontiers des formes parodiques, ainsi le sonnet de Lasca qui ouvre le recueil ‘Voi ch’ ascoltate in rime sparse il suono…’ ou celui de Berni ‘Chi vuol veder quantunque puo’ natura…’, parodies de RVF 1 et de RVF 248. Berni et ses suiveurs célèbrent ainsi les objets familiers, rejetés du code pétrarquiste, mais pratiquent aussi une poétique de l’éloge paradoxal, les lodi de la peste, des dettes, ou volontiers obscène, tel le capitolo de Priape.

Les pièces les plus fameuses de Francesco Berni (1497-1535), Giovanni Francesco Bini [1] (c. 1480-1556), Giovanni della Casa (1503-1556), Lodovico Dolce (1508-1568), Agnolo Firenzuola (1493-1543), Giovanni Mauro [2] (1490-), Francesco Maria Molza (1489-1544), Benedetto Varchi (1502-1565), avaient d’abord été diffusées par des éditions séparées ou partielles, publiées par Curzio Navò, à Venise : I Capitoli del Mauro et del Bernia (1537, deux éditions), Tutte le opere del Bernia in terza rima (1538, 1540, 1542, 1545, s. n.), Le terze rime di Messer della Casa, di messer Bino e d’altri (1538, voir ce volume), les Terze rime del Molza, del Varchi, del Dolce e d’altri (1539 ; voir ce volume). Elles ont été réunies en 1548, en une collection procurée par Lasca. Après cette première édition, les Giunti réimprimèrent le volume en 1550 et 1552.

Le volume, en deux parties, contient 27 capitoli de Berni, suivis de 29 sonnets et pièces diverses ; les capitoli, dont le capitolo della peste, sont adressés à Girolamo Fracastoro, maestro Piero Buffet [3] cuoco, fra Bastian del Piombo [4], Antonio da Bibbiena, Marco Veneziano, Francesco da Milano [5], le cardinal Ippolito de’ Medici (2), Alessandro del Caccia [6], ou dirigées contre le pape Adrien [7]. Les pièces diverses regroupent 29 sonnets et pièces diverses de Berni, trois d’autori incerti, un capitolo de Firenzuola ; deux pièces dirigées contre Pietro Alcioni et Pietro Aretino ; risposta de fra Bastian [del Piombo].

La seconde partie réunit cinq capitoli de Giovanni della Casa, six de Benedetto Varchi, adressés à Francesco Battiloro, Bronzino, M. Guarnucci, 21 capitoli de Giovanni Mauro, adressés à Madonna Flaminia, Giovanni della Casa (2), au duc Malphi [d’Amalfi] [8], à Ruberto Strozzi [9] (2), Pietro Carnesecchi (2), messer Gandolfo [10], Violante Tornielli, Caro da Fano, Ottaviano Salvi, le marquis del Guasto [sic pour Vasto] ou dirigé contre le prieur de Iesi, cinq capitoli de Giovanni Francesco Bini, deux capitoli de Molza, dédiés à messer Triphone [Trifone Benzi], huit capitoli de Lodovico Dolce dédiés à Camillo Besalio, Giacomo Gigli, M. Anselmi, Francesco Coccio, Mons. Gri.[mani], Daniel Buonriccio [Bonritio], trois capitoli d’Agnolo Firenzuola, dont un adressé à Gualterotto de’ Bardi, comte de Vernio.

Hauteur : 146 mm ; maroquin rouge, dos à cinq nerfs orné aux petits fers, double encadrement à la Du Seuil sur les plats, coupes guillochées, gardes peignées, tranches dorées (reliure française du XVIIe siècle).

Provenance : cachet lavé sur le titre.

→ Haym, p. 114 ; Gamba, 158 ; Vaganay, 1548, n° 11 ; Santosuosso, p. 31 ; Edit XVI B-1728 (3 exemplaires) ; Decia, 255 ; Ascarelli-Menato, p. 273 ; A. Corsaro, « Giovanni della Casa poeta comico », dans Per Giovanni della Casa, cit., p. 169 (recense 5 exemplaires).

[1D’origine florentine, Giovanni Francesco Bini (c. 1480-1556) était secrétaire à la Secrétairerie aux Bref, protégé de Jacopo Sadoleto, puis secrétaire du Sacré Collège.

[2Né dans le Frioul, vers 1490, Giovanni Mauro mena la vie de poète courtisan, au service de différents patrons, le cardinal Domenico Grimani, Gian Matteo Grimani, le cardinal Alessandro Cesarini. Il mourut à Rome, en 1536, des suites d’un accident de chasse. Il était membre de l’Accademia dei Vignaiuoli.

[3Maître cuisinier du dataire Matteo Giberti, Buffet était probablement d’origine française.

[4Le peintre vénitien Sebastiano Lucciani, dit Sebastiano del Piombo (c. 1485-1547).

[5Francesco da Milano (1497-1573), originaire de Monza, luthiste virtuose, au service du cardinal Ippolito de’ Medici.

[6Alessandro di Francesco del Caccia, magistrat florentin ; il se rallia à Cosme de Médicis après avoir été membre du dernier gouvernement républicain de la cité, en 1530.

[7Evêque de Tortosa en Espagne, Adrian Florensz fut élu pape sous le nom d’Adrien VI, le 9 janvier 1522. Par l’austérité de ses mœurs, il suscita l’hostilité des courtisans romains.

[8Alfonso III Todeschini Piccolomini († 1564), 3e duc d’Amalfi ; il avait épousé Costanza d’Avalos.

[9Uberto Strozzi, secrétaire du cardinal Pompeo Colonna, membre de l’Accademia dei Vignaiuoli.

[10Probablement Gandolfo Porrino, secrétaire de Giulia Gonzaga, qui mourut en 1552, laissant quelques rime, voir G. Porrino, Rime, Venise, M. Tramezzino, 1551. ; il est souvent confondu avec le cavaliere Sebastiano Gandolfo, dont les rime figurent également dans différents recueils.

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