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BETUSSI (Giuseppe), Il Raverta (1562)

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[première ligne dans un cartouche] il raverta/ DIALOGO DI/ m. givseppe/ betvssi,/ nel qvale si ragiona/ d’amore, et de gli/ effetti svoi./ [fleuron]/ con privilegio./ [marque]/ in vinegia appresso gabriel/ giolito de’ ferrari./ m d lxii.

In-8° [100] feuillets signés A-M8 N4 paginés (1-2) 3-71 77 73-142 13 144-199 [I]. Marque sur le titre (53 mm) ; autre au verso du dernier feuillet (79 mm) ; bandeaux typographiques, fleurons, lettrines dont Q (28 mm) aux armes Orsini di Castello ; caractères italiques.

Dialogue en prose, entremêlé de vers, sur la nature de l’amour, dédié à Pierfrancesco Orsini [1], dit Vicino, auquel Betussi associe Vincenzo Calvo et le capitaine Camillo Caula. En 1543, sous le titre de Dialogo amoroso, Betussi avait publié un premier version du dialogue, qui mettait en présence Francesca Baffo, Francesco Sansovino et un membre de la famille Pigna. L’ouvrage traitait le sujet sur un mode désinvolte plutôt que de façon systématique, comme une sorte de chronique mondaine évoquant des personnalités du milieu littéraire vénitien.

Le Raverta met en scène la courtisane et poétesse vénitienne Francesca Baffo, Lodovico Domenichi et Ottaviano della Rovere, sous le nom de Raverta [2] ; la première, dans le complexe jeu de rôles qui ordonne la forme du dialogue littéraire, est chargée d’intervenir sur ton frivole, le deuxième joue le rôle du jeune homme attentif et respectueux, le troisième incarne le sérieux philosophique. Dans sa seconde version du dialogue, Betussi adopte un mode plus savant. Son traité en effet reprend la matière des discussions de l’Accademia degli Infiammati et repose sur de nombreuses références, des célèbres Dialoghi de Leone Ebreo, que Betussi prétend avoir été invité à continuer à la suggestion de Diego Hurtado de Mendoza, aux leçons académiques de Varchi et aux Dialoghi de Speroni. Betussi toutefois ne renonce pas à en faire un livre plaisant, en insérant plusieurs pièces en vers (des stances, un sonnet et un madrigal, auxquels s’ajoutent une canzone de Pierfrancesco Orsini et un madrigal de Luigi Cassola [3]), une lettre et des contes, dont certains furent ensuite publiés séparément.

La première édition du Raverta parut en 1544 (Venise, Giolito de’ Ferrari). L’édition de 1562, la dernière, a été révisée par l’auteur.

Hauteur : 139 mm. Cartonnage moderne.

→ Bongi, I, p. 87 ; BL, 91 ; EditXVI B-1860 (24 exemplaires) ; Ascarelli-Menato, p. 373-375 ; Boullier, p. 34.

[1Le dédicataire, Pierfrancesco Orsini (1523-1585), dit Vicino, petit-fils de Leone Orsini, le fondateur de l’Accademia degli Infiammati, avait été banni de Venise en 1543 pour avoir agressé Benedetto Corner. Il épousa Giulia Farnese di Latera, nièce du pape Paul III. Il est surtout connu pour avoir conçu et réalisé un jardin fantastique dans son fief de Bomarzo, près de Viterbe. Trois de ses sonnets furent publiés dans les Rime diverse (Venise, Giolito, 1545).

[2Ottaviano Raverta était évêque de Terracina ; il donna un sonnet aux Imagni del tempio della signora Giovanna Aragona (Florence, L. Torrentino, 1556) de Betussi.

[3En 1544, Betussi avait procuré l’édition séparée des Madrigali (Venise, Giolito), de Luigi Cassola (c. 1480-c.1550).

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