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BOIARDO (Matteo Maria), Orlando innamorato (1545)

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ORLANDO/ innamorato composto/ gia dal.S.matteo maria Boiardo/ conte di scandiano,/ Et hora rifatto tutto di nuovo da M. Francesco Berni./ Intitolato al Magnifico S.M./ Domenico Sauli./ Aggiunte in questa seconda editione molte stanze/ del autore che nelaltra mancauano./ [marque gravée : L.A.]/ Con priuilegio dell’Iustriss.[sic pour Illustriss.] Senato Veneto per anni X./ M D XLV

[souscription] In Venetia per li heredi di Lucantonio Guntia.

In-8° [238] feuillets signés A-Z8 2A-2F8 2G6 chiffré 238, les feuillets 19-24 mal chiffrés 23 24 17 21 14. Marque sur le titre ; texte sur deux colonnes par page.

L’édition originale de l’Orlando innamorato, le grand poème héroïque de Matteo Maria Boiardo, racontant en trois livres les amours d’Angélique, Rinaldo et Orlando, dans le cadre des guerres entre les rois d’Afrique et Charlemagne, fut publiée à la fin de l’année 1482 ou au début de 1483, probablement à Reggio Emilia, par Pietro Giovanni di Filippo da San Lorenzo ; quoique cette édition soit attestée, aucun exemplaire n’en a été retrouvé. La première édition dont on conserve un exemplaire, est celle publiée à Venise par Piero de’ Piasi, en février 1487.

Vers 1524, dans le cercle de Matteo Giberti à Rome, Francesco Berni entreprit une révision en profondeur, une véritable réécriture du poème. Celle-ci se justifiait au nom d’un projet de régulation linguistique : tout en harmonisant le récit, elle introduisait une nuance d’ironie, accentuée par les stances ajoutées, riches en éléments autobiographiques et en allusions personnelles. Ce rifacimento fut publié par Andrea Calvo, en janvier 1542, à Milan, avec une importante dédicace à Guillaume du Bellay, seigneur de Langey, puis à Venise par les héritiers de Lucantonio Giunta ; mais cette seconde édition, dédiée à Domenico Sauli [1], et antidatée du mois d’octobre 1541, est en fait, ainsi que l’a démontré N. Harris par une minutieuse analyse de bibliographie matérielle, une simple émission de l’édition milanaise, dont le libraire avait dû acquérir le stock d’invendus. En 1545, les Giunti de Venise donnèrent une véritable seconde édition, qui propose la modification des 80 premières octaves. Une traduction française, en prose, due à Jacques Vincent, du Crest, parut en 1549-1550 (Paris, Etienne Groulleau et Vincent Gaulterot).

Hauteur : 211 mm. Demi-vélin (reliure moderne).

Provenance : étiquette de la Librairie Jean Clavreuil, Paris.

→ Quadrio, II, 212, VI, 553 ; Gamba, 162 ; Melzi, p. 81 ; Brunet, I, 1051 ; Hastings Jackson, 82 ; Edit XVI, B-1726 (34 exemplaires) ; Ascarelli-Menato, p. 329 ; N. Harris, Bibliografia dell’Orlando innamorato, Panini, Modène, 1988, p. 149-151, n° 32 (recense 69 exemplaires) ; Panizzi, 673.

[1Probablement un membre de la famille patricienne de Gênes, dont une branche était établie à Forlì.

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