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BRITONIO (Girolamo), Gelosia del Sole (1531)

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[encadrement de titre]

Gelosia del sole/ OPE-/ra volgare di gi=/rolamo brito=/nio da sicigna=/no intitola=/ta gelosia/ del sole.

[souscription] Stampata in Venetia per Marchio Sessa,/ Ne li anni del Signore. m.d.xxxi./ Adi primo Settembrio.

In-8° [208] feuillets signés A-Z8 &888 chiffrés (1) 2-184 181-203 [I bl.]. Titre dans un encadrement gravé sur bois « au chat » (130 mm) ; marque « m s » au verso de l’avant-dernier feuillet (42 mm). Première ligne du titre en caractères semi-gothiques ; texte en italiques.

Canzoniere pétrarquiste composé par Girolamo Britonio et dédié à Vittoria Colonna, marquise de Pescara [1] (1490-1547). Le titre repose sur un jeu d’esprit, habituel dans la célébration poétique de cette dernière, dont le poète chante l’éclat comme celui d’un second soleil, suscitant la jalousie du soleil véritable. Le recueil comprend 344 sonnets, 43 canzoni, vingt sextines dont sept sextines doubles, 45 madrigaux et 2 capitoli. Une canzone est consacrée à la louange de Léon X.

La Gelosia del Sole, dont une première édition avait été publiée en avril 1519 (Naples, Sigismondo Mayr), apparaît comme un bon témoignage de l’activité poétique des milieux napolitains, marqués par une orthodoxie pétrarquienne d’autant plus curieuse qu’elle est antérieure à la codification imposée par Bembo. Le titre du recueil est lui-même encore rattaché à la tradition de la poésie de cour. Abandonnant les solutions mises en œuvre par les poètes du Quattrocento, Britonio reprend la leçon thématique et surtout formelle de Pétrarque, en une forme d’imitation avec variation marquée de gravitas. Le recueil imite ainsi la disposition de deux parties du Canzoniere ; la première est consacrée à une passion non payée de retour, la seconde, ouverte par une suite de longs poèmes, chante la séparation et le renoncement, pour s’achever sur une dimension spirituelle, culminant sur la canzoneVergine, di bellezza eterno exempio…’, qui reprend le schéma métrique et le nombre de vers, mais aussi les figures du poème de Pétrarque (RVF 366). Cette partie contient également un ensemble de pièces de caractère encomiastique, mettant en lumière le réseau des lettrés gravitant autour de Vittoria Colonna à Ischia : outre le marquis et la marquise de Pescara, sont ainsi évoqués Sannazaro, Cariteo, Pietro Summonte, Benedetto di Falco, Mario Equicola.

Le volume a été imprimé par Melchiorre Sessa seul, après dissolution de la société qui l’unissait à Pietro Ravani, en 1525.

Hauteur : 145 mm. Demi-vélin, plats de papier peint, titre calligraphié au dos (reliure du XVIIIe siècle).

Provenance : inscription manuscrite au verso du dernier feuillet datée 4 avril 1621 et signature Domenicho Alberi.

→ Brunet, I, 1266 ; Vaganay, 1531, n° 1 ; BL, 126 ; Edit XVI B-3744 (30 exemplaires) ; Ascarelli-Menato, p. 327.

[1Sur ce personnage, voir Colonna, Rime, Parme, s.n., 1538 ; Rime, s.l.n.n., 1539 ; Rime, Venise, Comin da Trino pour N. Zoppino, 1540 ; Le rime spirituali, Venise, V. Valgrisi, 1546 ; Le rime spirituali, Venise, V. Valgrisi, 1548.

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