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CARO (Annibal), Rime (1572)

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RIME/ DEL COMMENDATORE/ annibal caro./ Col Priuilegio di N. S. PP. Pio V. Et dell’Illustriss./ Signoria di venetia./ [marque]/ in venetia,/ Appresso aldo manvtio./ m.d.lxxii.

In-4° [60] feuillets signés *4 [sic pour A] B-P4 paginés [VIII] 103 [I bl.-VIII]. Marque sur le titre (67 mm) ; lettrines ; caractères italiques.

Réimpression de l’édition originale des Rime de Caro, publiée en 1569 par Alde (deux émissions, avec et sans errata), alors que, entre 1568 et 1574, en raison du départ de Paolo Manuzio pour Rome, la typographie aldine était dirigée par Domenico Basa. Dédiée à Alessandro Farnese (1545-1592) [1]), l’édition est procurée par Giovanni Battista Caro, neveu de l’auteur, fils de Giovanni Caro et d’Alessandra Micheli, et son exécuteur testamentaire [2].

Le recueil contient 61 sonnets, dont au f. L2 v°, une Corona de neuf sonnets numérotés I-IX, quatre canzoni, dont ‘Venite à l’ombra de’ gran Gigli d’oro…’, une sextine double, une canzone per musica, deux madrigaux, une octave, une églogue en vers hendécasyllabiques sciolti imitée de Théocrite, ainsi que 26 sonnets de divers et leur risposte par Caro. Suit une seconde partie de 10 sonnets mattaccini, trois sonnets caudati burlesques chiffrés 1-3 sur les mêmes rimes et clos sur le même vers et un sonnet caudato burlesque non chiffré, deux sonnets de divers et leurs risposte. La Corona et les sonnets mattaccini avaient déjà été publiés en 1558 dans l’Apologia degli Accademici di Banchi di Roma, voir ce volume.

Parmi les pièces, 28 sonnets sont adressés à Caro par Giovanni Maria Agatio, Antonio Allegretti [3], Laura Battiferri, Lattanzio Benucci, le comte de Camerano [4], Bernardo Cappello, Giovanni Battista Caro, Giovanni della Casa, un Castelvetrico [Lodovico Castelvetro], Giacomo Cencio, Mario Colonna, Angelo di Costanzo, monsignor Fenaruolo [5], Felice Gualterio, Battista Guarini, Francesco Mancini, Giacomo Marmitta, Francesco Maria Molza (2), Antonfrancesco Rinieri [Raineri], Berardino Rota, Benedetto Varchi (6), Domenico Venier. Le sonnet ‘La chiara gemma…’, adressé à Bernardo Cappello avait été publié en 1560 dans les Rime de celui-ci (Cappello, Rime, Venise, D. & G. B. Guerra, 1560, p. 269), ainsi que le sonnet de Cappello ‘Volga lo stil…’ (p. 203), avec des variantes. Le sonnet à Della Casa ‘Casa et chi svelle amor…’ ne figurait pas dans les Rime e prose de Della Casa (Della Casa, Rime e prose, Venise, N. Bevilacqua, 1558), non plus que le sonnet de Della Casa ‘Caro, s’ in terren vostro…’. Le sonnet ‘Mentre io vidi il mio sol…’ avait été imprimé à la suite de la proposta de Raineri dans les Cento sonetti de celui-ci (Milan, Borgia, 1553, f. D7 v°, voir ce volume).

En dépit de leur nombre restreint, les pièces de Caro recueillies dans les Rime offrent une riche variété de mètres, de formes et de tons, que la critique moderne toutefois juge trop formelle et sans audace, sauf dans le domaine burlesque, marqué par la recherche de mots rares et des rimes comiques. Les Rime de Caro furent rééditées au XVIIIe siècle, à Vérone (Pierantonio Berno, 1728) et à Venise (Remondini, 1757). Cette dernière édition collective n’augmentera le recueil que d’une vingtaine de pièces, parmi lesquelles ‘Ahi come pronta e lieve…’, déjà publiée dans les Rime di diversi. Libro IX, de 1560 et qui constitue le seul texte de Caro digne d’être retenu selon certains critiques. Cette édition met surtout en évidence des problèmes d’attribution dans les Rime, ainsi les pièces ‘Ben ho del caro oggetto…’ (rendue à Flaminio Orsino) ; ‘Altri (oimè) del mio sol…’ (pièce rejetée des rime de Della Casa) ; ‘Nell’apparir del giorno…’ (de Molza) ; ‘Gaddo io me’n vo…’ (de Lodovico Martelli) ; ‘O d’humana beltà…’ (de Giacopo Cenci, mais rendue à Caro dans les recueils de Ruscelli et d’Atanagi), ainsi que ‘Era l’aer tranquillo…’ (de Molza).

Hauteur : 200 mm. Cartonnage moderne.

→ Renouard, p. 215 ; Brunet, I, 1588 ; édition non mentionnée par Vaganay ; Hastings Jackson, 161 ; BL, 150 (2 exemplaires) ; Edit XVI C-1627 (58 exemplaires) ; Ascarelli-Menato, 325-326 ; Panizzi, 1171.

[1Fils d’Ottavio Farnese, duc de Parme et Plaisance, et de Marguerite d’Autriche, arrière-petit-fils du pape Paul III, Alessandro Farnese (1546-1592) avait épousé Marie de Portugal en 1565. Il combattit à Lépante sous don Juan d’Auriche puis fut nommé gouverneur des Pays-Bas à la mort de celui-ci. En 1586, il reçut l’investiture du duché de Parme, mais Philippe II ne l’autorisa pas à prendre possession de ses Etats. Il mourut d’une blessure reçue au siège de Caudebec, laissant la mémoire d’un grand capitaine et d’un politique avisé.

[2Giovanni Battista Caro († 1572) était recteur de San Pietro de Civitanova ; outre quelques sonnets, dont deux sont adressés à son oncle, il publia une traduction des oraisons de saint Cyprien et de saint Grégoire de Naziance (1568).

[3Gentilhomme florentin, familier du cardinal Gaddi ; quelques unes de ses rime ont été recueillies dans l’anthologie de Dionigi Atanagi (1565), voir Delle rime di diversi nobili poeti toscani, Venise, L. Avanzo.

[4Federico Asinari (1527-1576), comte de Camerano, originaire d’Asti, capitaine au service de l’Espagne puis du duc de Savoie ; poète, il laissa des rime inédites et une tragédie, Il Tancredi. Il avait épousé en 1547 Costanza Sanseverino Aragona.

[5Girolamo Fenarolo († 1574), juriste au service du cardinal Farnese ; ses rime ont été publiées dans plusieurs anthologies.

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