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CORSO (Antonio Giacomo), Le Rime (1550)

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LE RIME/ di m. anton’/ giacomo/ corso./ [portrait]/ a san lvca/ al segno del-/la Cognitione.

[souscription] in vinegia per comin/ da Trino di Monferrato L’anno/ m. d. l.

In-8° [80] feuillets signés A-K8 chiffrés (1) 2-76 [IV dont I bl.]. Portrait sur le titre (58 mm), représentant un poète vêtu à l’antique ; le même portrait figure sur le titre de L’amor costante del S. Stordito Intronato, imprimé à Venise, la même année, par Bartolomeo Cesano pour Andrea Arrivabene. Fleurons ; lettrines, dont un « I » (34 mm) au faune ; caractères italiques.

Recueil des rime d’Antonio Giacomo Corso, procuré par Giuseppe Orologgi [1] à la suggestion de Lodovico Dolce ; il est dédié au poète satirique Ercole Bentivoglio (1507-1573), alors établi à Venise et membre de l’Accademia dei Pellegrini. Il contient un canzoniere, composé de 128 pièces dont 103 sonnets, six canzoni treize madrigaux, une sextine, deux stanze, trois capitoli dédiés au secrétaire Giraldo, à Domenico Venier, à Bartolomeo Vitturi, et 96 stanze. A la suite, des sonnets en risposte d’Ercole Bentivoglio, du comte Giovanni Battista Brembati, de Lodovico Dolce, Giovanni Battista Giraldi Cinzio, Giuseppe Orologgi, Girolamo Ruscelli, Domenico Venier.

Avant cette édition collective, Corso avait déjà publié seize sonnets dans le Libro secondo de Giolito (1548), dont neuf sont repris, avec d’importantes variantes, deux sonnets dans le Primo libro di rime spirituali (Venise, 1550) et huit sonnets plus une sextine dans le Libro terzo delle rime di diversi (Venise, Cesano, 1550), tous repris ici. Ces textes illustrent, par leur mode d’édition une conception de la poésie comme moyen d’échange et de dialogue, au sein d’un monde littéraire professionnel. Fidèle au code pétrarquiste, dont témoignent les références liminaires, la poésie de Corso n’offre guère d’originalité au regard des expériences stylistiques d’un Domenico Venier. On pourra toutefois relever quelques touches piquantes de la vie quotidienne, ainsi le capitoloSignor quantunque i versi berniani…’, évoquant les difficultés de l’impression d’un volume, ou les remarques autobiographiques du capitoloSignor Veniero, io non credo che sia…’, sorte d’épître adressée de Rovollon, un bourg des Monts Euganéens, en octobre 1549.

Une seconde édition des rime de Corso, augmentée des Stanze pastorali de Baldassar Castiglione a été publiée en 1553 (Venise, in casa de’ figliuoli di Aldo).

Hauteur : 148 mm. Vélin, dos long, titre doré (reliure moderne), anciennes tranches lisses.

→ Quadrio, II, 240 ; Brunet, I, 1631 ; Vaganay, 1550, n° 2 ; BL, 200 ; Edit XVI C-6831 (14 exemplaires) ; Ascarelli-Menati, p. 377-378.

[1Originaire de Vicence, Giuseppe Orologgi (c. 1520-1576), d’abord au service de Gianfrancesco Orsini à Rome, à Rouen, où il séjourna en 1550, et à Venise, fut un collaborateur de divers libraires vénitiens. Il traduisit des textes géographiques, dont une Historia dell’India America (Venise, Giolito, 1556), d’André Thevet, et historiques, dont l’Historia della Sacra guerra di Gerusalemme, de Guillaume de Tyr, une des sources de la Gerusalemme du Tasse. Il donna également des allegories en vers à l’Orlando furioso (Venise, Varisco, 1562), et des Annotationi à la version en vers des Metamorfosi d’Ovide par Giovan Andrea dell’Anguillara (Venise, Franceschi, 1563). Quelques uns de ses poèmes ont été recueillis dans des recueils collectifs, dont le Tombeau pour Irene di Spilimbergo (1561).

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