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DANTE, La Divina Commedia (1595)

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la/ DIVINA COMMEDIA/ di dante alighieri/ Nobile Fiorentino/ ridotta a miglior lezione/ dagli Accademici della Crusca./ con privilegio./ [emblème : il piv bel fior ne coglie]/ In firenze per domenico manzani 1595/ Con licenzia de’ Superiori.

In-8° [286] feuillets signés +8 A-F8 G6 H-Z8 Aa-Nn8 paginés [XIII-III bl.] 1-28 19 30-190 (191) 192-216 216 218-260 265-267 264-265 262-263 268-329 331 330 332-509 496 493 [LVIII-II bl.]. Certains exemplaires de première émission ont le cahier Nn en 4, avec une liste réduite d’errata. Emblème de la Crusca sur le titre (65 x 52 mm ; Vaccaro, 63 ; Zappella, 187) ; autre sur le f. Nn7 (61 x 80) ; au f. Nn6 v° : marque (49 mm) ; planche dépliante, gravée sur cuivre (152 x 130 mm), entre les p. 16 et 17 : plan de l’Enfer d’après Antonio Manetti. Bandeaux ; fleurons, lettrines aux emblèmes des académiciens de la Crusca (32 x 32 mm) ; texte en caractères italiques.

Première édition établie par les académiciens de la Crusca [1], et première édition critique du poème de Dante. Elle s’imposa pour plus de deux siècles comme édition de référence. L’initiative de l’entreprise revient à Giovambattista Deti, il Sollo, qui déplorant l’incorrection des éditions imprimées jusqu’alors, proposa au cours d’une réunion de l’académie, en août 1590, de procéder à une confrontation des textes manuscrits et imprimés, et des commentaires. Le matériel fut recueilli entre novembre 1591 et février 1592, et partagé entre les académiciens, sous la direction de trois d’entre eux, Francesco Marinozzi, il Riscaldato († après 1599), responsable de l’Inferno, Cosimo Ridolfi (c. 1569-1613) puis Bernardo Segni († après 1597), pour le Purgatorio, Francesco Sanleoni († 1600), pour le Paradiso ; ces savants étaient également chargés de faire les rapports sur l’ensemble des chants de chaque partie. L’édition, mise en chantier en juin 1594, fut procurée par Bastiano de’ Rossi [2] (1556-après 1626), qui en surveilla l’exécution. Les éditeurs ont repris le texte de l’édition aldine de 1502, qu’ils ont confronté avec une cinquantaine de manuscrits et quarante éditions imprimées, dont ils ont retenu 465 leçons, indiquées au long du texte, en une première forme d’apparat critique.

Chaque chant est ouvert par une lettrine gravée spécialement pour le volume, représentant l’emblème de l’académicien qui a procuré le texte : Carlo de’ Bardi, il Colorito (Par., XIII) ; Giovanni de’ Bardi, l’Incrustato (Par., X ; XXI), Filippo de’ Bardi, l’Arido (Purg., XXVIII) ; Piero de’ Bardi, il Trito (Purg., XVI ; Par. XV) ; Giovanni Berti, il Rispigolato (Par., XXII) ; Michelangelo Buonarroti le jeune, l’Impastato (Inf., XXII ; Purg., XXXII) ; Filippo Buonaventuri, il Secco (Inf., III) ; Bernardino Capponi, il Duro (Inf., IV ; Purg., XVII) ; Marcantonio Croce, il Pulito (Par., XVIII) ; Giovambattista Deti, il Sollo (Inf., XX ; Purg., XII, XXXIII ; Par., IX, XIV) ; Lorenzo Franceschi, l’Insaccato (Inf., XXXII ; Purg., XXVII ; Par., V, VIII, XII, XXV) ; Pierfrancesco Giovanni, l’Annebbiato (Inf., VII, XIV ; Purg., VII, X, XVIII ; Par., VI, XIX, XXVIII) ; Alessandro Giraldi, il Riposto (Inf., X, XIX ; Purg., XI ; Par., XI, XXII) ; Giuliano Giraldi, il Rimenato (Inf., IX ; Purg., IV, VI, XV, XXX ; Par., III, XVII, XX, XXIX) ; Jacopo Giraldi, l’Abbelito (Par., IV, XXXI) ; Carlo Macigni, il Piegato (Inf., XII, XVII ; Purg., VIII) ; Cosimo Mannucci, l’Imbozzimato (Inf., XXXIII) ; Giulio Maxi, il Fiorito (Purg., XXIII) ; Ottaviano de’ Medici, il Fresco (Purg., XXVI ; Par., XXVI) ; Vincenzo Medici, il Guasto (Inf., VI, XXV ; Purg., III ; Par., XXVII) ; Virginio Orsini, il Vagliato (Inf., XXVIII ; Purg., XIX ; Par., XXIII) ; Cosimo Ridolfi, il Mondo (Inf., XXXI) ; Domenico Risaliti, il Diloppato (Inf., XXXIV ; Par., XXXIII) ; Francesco Sanleoni, l’Avvampato (Inf., II ; Purg., XXI ; Par., I) ; Bernardo Segni, il Netto (Purg., I) ; Pier Segni, l’Agghiacciato (Par., XXX) ; Francesco Sernigni, l’Affamato (Inf., XVI, XXVI, XXVII ; Purg., II, XXII) ; Luigi Spadini, il Lievito (Inf., XVIII, XIX ; Purg., IX) ; Giovansimone Tornabuoni, l’Intriso (Inf., VIII, IX, XXII, XXIV ; Purg., V) ; Luca Torrigiani, il Purgato (Inf., XV ; Purg., XXV ; Par., II) ; Sebastiano Zechi, l’Asciutto (Par., VII). L’emblème de Lionardo Salviati, l’Infarinato, est également employé (Purg., XXXI ; Par., XVI, XXIV), bien que celui-ci, mort en 1589, n’ait pas participé à l’édition.

En revanche, on ne connaît pas la part prise par les autres membres, Luigi Alamanni le jeune [3], Ridolfo de’ Bardi, Pier Barducci de’ Cherichini, Cosimo Bartoli, Zanobi Bracci, l’Allettato, Buonanni, Buti, Matteo Caccini, Bernardo Canigiani, Bernardo Davanzati, l’abbé Bernardino Martini, Filippo del Migliore, Francesco Nori, Pier del Nero, Pero Peri, Simon Peruzzi, Donato Ridolfi, Vettorio Saltamacchie, alors dépourvus de nom et d’emblème académiques.

L’imprimeur Domenico Manzani, actif à Florence entre 1583 et 1606, travailla pour l’Accademia della Crusca ; on connaît de lui sept ouvrages.

Hauteur : 153 mm. Vélin rigide, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Provenance : collationné complet par Bernard Quaritch.

→ Gamba, 392 ; Brunet, II, 504 ; De Batines, I, p. 98-100 (indique plusieurs exemplaires annotés) ; Cornell, p. 9 ; BL, 209 (2 ex.) ; Mambelli, 51 ; Kioto, 31 ; Mostra, 238 ; Edit XVI A-1061 (38 exemplaires) ; Ascarelli-Menato, p. 288 ; Panizzi, 155.

L. Donati, « Chi furono gli Accademici della Crusca che prepararono la Divina Commedia del 1595 », Amor di libro, I, 1953, p. 3-14 ; S. Parodi, « Sugli autori della Divina Commedia del 1595 », Studi danteschi, XLIV, 1967, p. 212-222.

[1Fondée en 1582 à Florence par Leonardo Salviati, regroupant les membres de l’ancienne Brigata dei Cruscuni, actifs dès les années 1570, l’Accademia della Crusca, établie sous la protection de Pietro de’ Medici entendait réagir contre le sérieux de l’Accademia fiorentina. Elle se voua dès 1589 à une importante activité philologique, couronnée en 1595 par l’édition de Dante et en 1612 par la publication d’un dictionnaire, le Vocabolario degli Accademici della Crusca, codifiant la langue littéraire italienne.

[2Originaire de San Casciano, Bastiano de’ Rossi fut un des fondateurs de l’Accademia della Crusca, dont il fut le premier secrétaire de 1582 à 1623 ; il participa, sous le nom de Ferigno à la polémique contre la Gerusalemme liberata.

[3Luigi di Pier Alamanni (1558-1603).

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