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DANTE, Sonetti e canzoni di diversi antichi autori toscani (1527)

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sonetti e’ canzoni/ di diversi/ antichi avtori toscani/ in dieci libri raccolte./ Di Dante Alaghieri Libri quatro./ Di M. Cino da Pistoia Libro uno./ Di Guido Caualcanti Libro uno./ Di Dante da Maiano Libro uno./ Di Fra Guittone d’Arezzo Libro uno./ Di diuerse Canzoni è Sonetti senza nome/ d’autore. Libro uno./ [marque : nil candidivs].

[souscription] Impresso in Firenze per gli heredi di Philippo di/ Giunta nell’anno del Signore./ m d. xxvii.Adi vi./ del mese di Luglio.

In-8° [152] feuillets signés 2A4 a-s8 t4 chiffrés [IV] 1-9 (10) 11-32 (34) 34-67 (68) 69-78 (80 81 66) 82-116 (113) 118-135 (117) 135-148. Marque sur le titre (52 mm ; Decia 4) et le verso du dernier feuillet. Caractères italiques. L’édition a connu des incident en cours d’impression, ainsi qu’en témoignent différents états du cahier e.

Première anthologie méthodique, recueillant les sonnets et canzoni de Dante et des poètes du dolce stil novo, ainsi que quelques poètes des écoles sicilienne et bolonaise. Etablie sur des manuscrits aujourd’hui en partie perdus, et procurée par Bardo Segni [1] († 1555), cette édition, divisée en 11 livres (le titre en indique 9) représente une importante entreprise philologique et critique, alors destinée à confimer le rôle de la tradition toscane dans le renouveau de la poésie italienne au début du XVIe siècle. Elle se propose toutefois d’élargir le canon des auteurs à imiter au-delà du seul Pétrarque, ainsi que le précise Bernardo Giunta dans son épître liminaire ; il invite les jeunes amateurs « de le toscane rime » à considérer Dante comme « uno de duoi lucidissimi occhi de la nostra lingua », et les anciens auteurs,

  • non solo degni di essere letti ciascheduno […], ma ancora di essere insieme con gli altri di non poco conto e stima onorevolmente collocati.

La publication apparaît ainsi tout à la fois comme une prise de position hostile au purisme bembien et à son pétrarquisme radical, mais aussi comme l’édification d’une sorte de musée de l’ancienne poésie, sur laquelle les Prose de Bembo auraient précisément attiré l’attention. Le recueil connut un succès notable et de nombreux amateurs de l’époque en firent une lecture attentive, dont témoignent les nombreux exemplaires conservés, annotés, et même parfois complétés d’après d’autres manuscrits.

Les quatre premiers livres offrent la première édition, quoique partielle, des Rime et de la Vita Nuova de Dante, dont l’édition complète fut publiée en 1576 (Florence, Sermartelli), établie sur un manuscrit appartenant à Nicolò Carducci. Certaines autres pièces de Dante et de Cino da Pistoia avaient déjà été publiées à Venise en 1518 par Guglielmo da Monferrato. Les frères Nicolini da Sabbio donnèrent une réimpression corrigée de cette anthologie à Venise en 1532, sous le titre de Rime di diversi antichi autori. Le catalogue de la bibliothèque de J.-A. de Thou indique une édition vénitienne de 1542 du recueil ; il s’agit probablement d’une erreur pour 1532 [2].

Hauteur : 151 mm. Vélin rigide, dos orné de faux nerfs et de fleurons dorés, tranches vertes (reliure du XVIIIe siècle).

Provenance : annotations anciennes en marge du premier sonnet de Dante.

→ Gamba 799 ; Brunet, V, 438 ; édition non citée par Vaganay ; Fowler, p. 314 ; Mambelli, 995 (recense 9 exemplaires) ; Decia, 206 ; Cannata, 459 et description 228 ; Ascarelli-Menato,p. 273 ; Medicea Laurenziana, 1408 (2 exemplaires).

Sur l’édition : S. Debenedetti, « Studi sulla Giuntina di rime antiche », GSLI, 1907, p. 281-340 ; Id. Nuovi studi sulla Giuntina di rime antiche, Città di Castello, Lapi, 1912 ; M. Picone, « Filologia cinquecentesca : i Giunti editori di Guittone », Yearbook of Italian Studies, II, 1972, p. 78-101 ; G. Gorni, « In margine alla Giuntina di rime antiche », Studi medievali, 1978, p. 899-911, repris dans Il nodo della lingua e il verbo d’amore, Florence, Olschki, 1981, p. 217-244 ; N. Cannata Salamone, « L’antologia e il canone : la Giuntina delle Rime antiche (Firenze, 1527) », Critica del testo, II, 1999, p. 221-247.

Reproduction en fac-similé avec une introduction par D. De Robertis, Florence, Le Lettere, 1977.

[1Fils de Neri Segni Guidi, il collabora avec Piero Vettori et Francesco Guidetti à l’édition du Decamerone publiée en 1527 ; on lui doit quelques rime restées manuscrites.

[2Catalogus Bibliothecæ Thuanæ, Paris, 1679, p. 302.

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