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DELL’UVA (Benedetto), Il Pensier della morte. Il Doroteo (1582)

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[encadrement gravé]

il/ PENSIER/ della morte/ di don benedetto/ dell’Vua Monaco Casinense/ all’illvstrissima/ Et Eccellentissima Signora D./ Geronima Colonna/ Dvchessa di/ Monteleone./ [marque : festina lente]/ in firenze./ Appresso Bartolomeo Sermartelli./ m d lxxxii.

[suit]

IL DOROTEO/ di don benedetto/ dell’vva./ all’illvstrissimo/ et eccellentissimo signor/ don lvigi carrafa [sic] principe/ di stigliano./ [fleuron]/ [marque : festina lente]/ in firenze./ Nella Stamperia di Bartolomeo Sermartelli./ m d lxxxii.

2 parties en un volume in-8° : [24] feuillets signés A4 a-e4 paginés [VIII] 40 ; [10] feuillets signés 2a4 2b6 paginés 17 [I-II bl.]. Premier titre dans un encadrement gravé sur bois à motif architectural ; petite marque (25 mm) ; autre marque sur le second titre (68 mm ; Vaccaro, 78 ; Zappella, 1151-1155) ; bandeau ; fleurons typographiques ; lettrines ; caractères italiques.

Edition réunissant deux poèmes spirituels de Benedetto dell’Uva, Il Pensier della Morte (117 octaves) et Il Doroteo (38 octaves). Le premier poème est dédié à Girolama Colonna [1], duchesse de Monteleone par son mariage, avec Camillo Pignatelli. Le poète oppose la retraite pieuse et la mort au monde et à ses illusions, montrant en un dernier exemple la punition du jeune Nabello trop attaché aux biens terrestres. Le style, volontairement recherché, est fondé sur l’emploi d’une octave inquiète et tourmentée, dans laquelle les vers coupés, les enjambements et les effets d’allitérations illustrent la difficulté du parcours spirituel.

Le second poème est dédié à Luigi Carafa, prince de Stigliano [2]. Celui-ci passait alors pour un des plus riches et des plus fastueux seigneurs de Naples. Dans son poème, sous le personnage du vieillard Doroteo, Dell’Uva avertit le jeune Alisio, pris par son amour pour une nymphe, des dangers de la passion, sans l’empêcher toutefois de tomber dans de nouvelles tentations. Le développement moral condamnant les passions dérèglées, topique dans la littérature d’inspiration religieuse, trouve une force particulière dans le cadre idyllique que lui donne Dell’Uva, et pouvait s’adresser au jeune dédicataire en personne.

Le titre-frontispice, d’une justification plus grande que l’ensemble du volume, la collation et le fait que les deux poèmes, Il Pensier della Morte et Il Doroteo ne sont pas mentionnés dans la table des matières du recueil des Vergini prudenti, permettent de considérer qu’il s’agit d’un ouvrage distinct du précédent.

Relié à la suite de B. Dell’Uva, Le Vergini prudenti, Florence, Bartolomeo Sermartelli, 1582.

→ Bregoli Russo, 621-622 ; BL, 706 (2 exemplaires) ; Edizioni tassiane, IV. 8.

[1Sœur de Marcantonio Colonna et fille d’Ascanio Colonna († 1557), duc de Paliano et de Giovanna d’Aragona, des ducs de Montalto ; elle avait épousé en 1559 Camillo Pignatelli († 1583), 3e duc de Monteleone.

[2Fils d’Antonio Carafa et de Giovanna Colonna, Luigi Carafa (1567-1630), 4e prince de Stigliano en 1578 et duc de Rocca Mondragone ; il épousa en 1584 Isabella Gonzaga (1565-1637), fille du duc de Sabbioneta, qui lui apporta en dot un million et demi d’écus.

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