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DELLA CASA (Giovanni), Le Terze rime di messer Giovanni della Casa, di messer Bino e d’altri (1538)

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LE TERZE RIME DE/ messer giovanni dal/la casa di messer/ bino et d’altri/ [vignette : fabio scipio]/ per cvrtio navo, et fra/telli m d xxxviii.

In-8° [36] feuillets signés A-D8 E4 chiffrés (1) 2-3 3 5 5 7 7 9-36. Sur le titre : figures de Fabius et de Scipion tenant des armoiries (77 mm ; Vaccaro, 412 ; Zappella, 785-786). Caractères italiques. La mention « et altri » sur le titre est biffée ; elle correspondait à une attribution erronée des deux derniers capitoli.

En 1537, l’éditeur Curzio Navò publia un recueil de poésie burlesque, les Capitoli del Mauro e del Bernia et altri authori, contenant trois capitoli de Giovanni della Casa, le Martello, le Nome suo et la Stizza. Une réimpression parut la même année, sous le titre de Le terze rime del Berna et del Mauro. Un an plus tard, Navò publia une édition augmentée, Tutte le opere del Bernia in terza rima, augmentée de deux capitoli de Della Casa, le Forno et le Bacio. Ces pièces furent reprises dans un volume autonome, sous le titre de Le terze rime di Messer Giovanni dalla Casa di messer Bino et d’altri, comprenant cinq capitoli de Della Casa : del Forno, del Bacio, sopra ‘l nome suo, del Martello, della Stizza (trois capitoli mis sous le nom de Mauro dans l’édition de 1537), auxquels s’ajoutent sept capitoli de Francesco Bino, del mal francese, del horto de Tunici (2), contra le calze, del pilo, del pennello di Bronzino, del Ravanello.

Tous les Capitoli de ce volume sont le fruit des activités de l’Accademia dei Vignaiuoli, puis de celle della Virtù, et ils expriment l’esprit parodique qui y avait cours ; on retrouve cette même veine sous forme du commentaire parodique dans le Commento di ser Agresto da Ficaruolo sopra la prima ficata del Padre Siceo (Rome, Blado, 1539), d’Annibal Caro.

Parmi les capitoli de Giovanni della Casa, que cette édition contribua à faire passer pour un poète bernesque, celui du Forno, composé probablement en 1536, suscita l’hostilité de Pier Paolo Vergerio, puis des protestants, qui en tirèrent un argument pour dénoncer l’homosexualité qui aurait régné dans les milieux romains et la dépravation de la cour pontificale. Della Casa répondit dans sa Dissertatio adversus Paulum Vergerium, en récusant sa paternité de l’œuvre, puis, dans ses vers Ad Germanos, en concédant qu’il s’agissait d’une facétie de jeunesse. Le capitolo del nome suo est adressé à un membre influent de l’Accademia dei Vignaiuoli, Gandolfo Porrino, secrétaire de Giulia Gonzaga, veuve de Vespasiano Colonna.

La pièce de Francesco Bini (c. 1490-1556), Del mal francese, fut probablement composée entre 1530 et 1532 ; correspondant à une réalité pathologique de l’époque (Francesco Maria Molza, lui-même membre de l’Accademia, mourut d’une atteinte vénérienne, une décennie plus tard), elle développe un argument fréquent dans la tradition burlesque, ainsi qu’en témoignent aussi les Cicalamenti de Grappa, et propose une paraphrase du sonnet de Pétrarque ‘Poi che mia speme è lunga a venir troppo…’ (RVF 88), présenté comme une célébration de la syphilis. Le Capitolo del Pilo, célébrant un mortier de marbre destiné à servir de vase dans un jardin, composé en 1532 et dédié à la duchesse de Camerino [1], et le Capitolo dell’orto, dédié à Gandolfo Porrino, composé à l’occasion de la victoire de Charles-Quint à Tunis, suivi d’un Capitolo secondo dell’orto, comptent parmi les pièces les plus fameuses du recueil.

Tout en constituant la troisième partie des Opere in terze rime de Berni, publiées en 1538 par Curzio Navò, ce volume était destiné à une diffusion séparée, ainsi que le confirment sept des huit exemplaires conservés dans des bibliothèques italiennes, alors qu’il n’est réuni qu’à un seul des quatre exemplaires connus des Opere de Berni.

Hauteur : 148 mm. Maroquin rouge, dos à quatre nerfs, les compartiments ornés de filets et de fleurons dorés, double encadrement de deux filets dorés sur les plats, fleurons aux angles, coupes guillochées, tranches marbrées (reliure italienne du XVIIe siècle).

→ Gamba, 88 (mentionne par erreur une édition de 1528) ; Brunet, I, 800 ; A. Santosuosso, The Bibliography of Giovanni della Casa, n° 2 ; BL, 152 ; Ascarelli-Menato, p. 371 ; A. Corsaro, « G. d. C. poeta comico », in Per Giovanni della Casa, Milan, Cisalpina, 1997, p. 166-167 (recense 13 exemplaires).

[1Girolama Orsini, épouse de Pier Luigi Farnese.

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