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DONI (Anton Francesco), Pistolotti amorosi (1554)

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PISTOLOTTI/ amorosi/ De Magnifici Sigri Academici Pellegrini./ [marque : la verita figlivola e’ del gran tenpo (sic)]./ In vinegia/ nell’academia pellegrina,/ per francesco marcolini,/ m dl iiii.

Deux parties en un volume in-8° : [64] feuillets signés A-H8 paginés 127 [I bl.] ; [64] feuillets signés a-g8 h-i4 paginés 147 [I] ; (126-127) mal paginés 146-147. Marque sur les titres (61 mm) ; autre au verso du dernier feuillet (99 mm) ; dans la seconde partie, f. a3 v° : figure (75 x 77mm) et devise « tentanda via est » (Zappella, 951 ; cette figure représente l’Exil, et a été gravée pour les Marmi, en 1540) ; autre au f. d2 (76 x 77mm) : les trois Parques ; bandeau à motif de putti ; lettrines ; caractères italiques.

Recueil en deux parties, respectivement de 59 et 44 épîtres amoureuses et facétieuses, dédié au comte Giulio Rangoni [1]. Les différentes pièces ont été composées par Anton Francesco Doni au nom ou sous le nom des membres de l’Accademia dei Pellegrini (« scritti dal Doni in nome de Signori Academici ; per compiacere, et dilettare alla gioventù »). L’existence de cette académie reste très incertaine, Doni étant le seul auteur à la mentionner ; il s’agissait plus probablement d’un pseudonyme collectif que d’une institution réelle.

Une première série de Pistolotti amorosi, correspondant au premier livre avait été publiée par Doni en 1552 (Venise, Giolito), avec une dédicace à Marsilio Andreasi [2], de Mantoue ; une troisième partie parut chez Giolito en 1558. Les lettres sont adressées à différentes dames anonymes ou évoquées de façon allusive et à des destinataires nommés : Alessandro Belli, Lazzero da Canto, Giovanni Giacomo Cappello, Vincenzo Conti, Vincenzo Cortesini, Girolamo Fava, de Bologne, Romeo Granza, Alberto Lollio, Pietro Labieno, Pietro Lucina, le comte Ottaviano Martinengo, à Brescia, Giulio Palliano, Ginevra Panziali, Giulia Peppoli, Gregorio Rorario, de Pordenone, Antonio Tuttobuoni, Paolo Antonio Uniti, Girolamo Verità. Le recueil contient plusieurs poèmes : quatre madrigaux, deux sonnets, huit canzoni, deux capitoli, une sextine, diverses épigrammes. Le capitoloIn lode del fuso’ est rempli d’allusions obscènes.

Le recueil, analogue dans son projet aux Inferni et aux Marmi, repose sur une intention parodique et l’utilisation systématique du paradoxe ; l’opposition de l’auteur aux institutions littéraires passe ici par l’inversion du modèle de l’épître amoureuse, dont Girolamo Parabosco avait donné le modèle (Lettere amorose, Venise, Giolito, 1549). Doni réunit des pièces d’inspirations et de formes variées qui inversent également le code galant et mondain défini par la trattatistica sur le sujet, en particulier le dialogue Il Raverta de Giuseppe Betussi (Venise, 1544 ; voir ce volume). Doni enfin prend pour cible le langage épuré du pétrarquisme dont il propose la parodie en termes réalistes voire obscènes à la suite de l’Arétin.

Hauteur : 142 mm. Veau rouge dos à 5 nerfs, filet doré sur les plats, tranches dorées (reliure moderne signée Glingler, à Rome).

Provenance : signature sur le titre Joseph capitan [?] ; ex-libris imprimé Giovanni Puccinelli Sannini [non recensé par Gelli] ; autre de Robert Weiss.

→ Gamba, 1372 ; Casali, p. 255-257, n° 103 ; Ricottini Marsili-Libelli, p. 103-104, n° 44 ; BL, 226 ; Ascarelli-Menato, p. 369-370.

[1Giulio Rangoni († 1583 ou selon certaines sources, 1587), patricien de Modène, seigneur de Cordignano en 1539, co-seigneur de Spilamberto, capitaine dans l’armée espagnole, époux de Lucia Scotti.

[2Fils d’Alessandro Andreasi, d’une famille de fonctionnaires de la cour de Mantoue, Marsilio Andreasi était carme. On lui doit un Trattato divoto (Brescia, L. Britannico, 1542), qu’Orazio Curione traduisit en latin (Bâle, 1550).

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