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Doctissimorum nostra ætate Italorum epigrammata (c. 1547)

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doctissimorvm nostra/ ætate Italorum Epigrammata :/ M. Antonij Flaminij libri duo./ Marij Molsæ liber unus./ Andreæ Naugerij liber unus./ Io Cottæ, Lampridij, Sadoleti & aliorum, Mi-/ scellaneorum liber unus./ [marque : non satis vna te-net ceratas anchora pvppes]/ [épigramme : In geminam anchoram (4 vers latins)]/ Lutetiæ per Nicol. Diuitem, via sacerdotum, ad di-/uæ Genouefes, sub insigni geminæ anchoræ./ Et iuxta Collegium Cameracense, ad insigne Aldi./ cvm privilegio regis.

In-8° [72] feuillets signés A-I8 chiffrés (1-2) 3-21 14 23-45 44 47-72 ; B4 mal signé I4. Marque sur le titre (45 mm). Caractères italiques. Par suite d’une erreur d’imposition, le f. H v° porte le titre courant « miscellaneorvm ».

Recueil de poésie néo-latine d’auteurs italiens, publiée à Paris, par Nicolas Le Riche, vers 1547. Ainsi qu’il l’indique dans son épître au lecteur, le libraire répond à une initiative du chancelier de l’université de Paris, Jean de Gagny [1], désireux de promouvoir le règne du savoir, philologiæ imperium, en offrant une anthologie de poètes au style particulièrement pur, en particulier Marcantonio Flaminio ; le libraire donne par ailleurs l’édition de la paraphrase des Psaumes du même poète, ne voulant pas réunir les deux formes d’inspiration. L’édition, procurée avec la collaboration d’Abel Portius et Jean Goupyl, propose ainsi deux livres de carmina de Flaminio (1498-1550) [2], le grand poète néo-latin protégé par le cardinal Farnese, respectivement de 22 et 42 pièces en mètres divers et d’inspiration variée, principalement amoureuse et funèbre ; les pièces, pour certaines d’entre elles, sont dédiées à Gasparo Contarini, Alessandro Farnese, Girolamo Fracastoro, Antonio Giberti, Francesco Maria Molza, Stefano Sauli, Francesco della Torre. Suivent un recueil de 19 épigrammes de Francesco Maria Molza, les carmina d’Andrea Navagero, 45 pièces diverses, en particulier des lusus, déjà publiés en une édition confidentielle (voir A. Navagero, Orationes duae, Venise, G. Taccuino, 1530), et une section réunissant 52 pièces, principalement des épigrammes, de Pietro Angeli de Barga (2), Argilensis, Pietro Bembo, Marcantonio Casanova (2), Angelo Colocci, Giovanni Cotta (9), Pietro Curti (2), Franchini (5), Honorato Fascitello [3] (4), Giovanni Benedetto Lampridio (17), Pietro Mirteo (4), Alvise Priuli, Jacopo Sadoleto, Trifone Benzi [4] (3). Ce recueil eut une importance véritablement séminale pour le développement de la nouvelle poésie française. Ronsard le connut et l’utilisa, et Du Bellay imita les lusus de Navagero dans ses Divers jeux rustiques.

Neveu de Jean de Gagny, le libraire Nicolas Le Riche était établi, entre 1547-1548, rue des Prêtres Sainte-Geneviève, à l’enseigne des deux ancres, et de 1540 à 1549, près du collège de Cambrai, à l’enseigne d’Alde, où il vendait les livres de l’éditeur vénitien. Les presses sur lesquelles le volume a été imprimé appartenaient semble-t-il à Jean de Gagny. Celui-ci, en relation avec Alde, avait fait copier par Charles Chiffin, orfèvre à Tours, des caractères italiques imités des caractères aldins.

Hauteur : 152 mm. Maroquin rouge, dos à cinq nerfs, orné aux petits fers, triple filet encadrant les plats, armoiries dorées au centre, filet sur les coupes, dentelle intérieure, gardes de papier marbré (reliure française de la fin du XVIIe siècle).

Provenance : armes de Louis-Henri Loménie de Brienne [(1636-1698), fils de Henri Auguste Loménie de Brienne, conseiller et secrétaire d’Etat ; lui-même secrétaire d’Etat en 1663, il quitta sa charge après la mort de sa femme, entra un temps dans les ordres, puis mena une vie aventureuse, qui le fit interner à Saint-Lazare. Il avait rassemblé une remarquable bibliothèque, dont les volumes étaient soigneusement reliés en maroquin rouge par Duseuil ; le fer est cité par O.H.R., 1076, n° 2 ; la bibliothèque passa à Henri-Louis Loménie de Brienne (1658-1743) ; elle fut vendue pour une partie au libraire londonien James Woodner, en 1724] ; ex-libris armorié moderne, portant la devise « Hoc erat in votis ».

Brunet, II, 780 ; BL, 191 (5 exemplaires) ; Renouard, p. 161 (Gagny) et p. 270 (Le Riche).

[1Professeur de théologie à l’université de Paris, lecteur royal, chancelier de l’Université, protégé du cardinal Jean de Lorraine, Jean de Gagny publia un nombre important de commentaires bibliques et scripturaires. Il mourut en 1549. Voir A. Jammes, « Un bibliophile à découvrir, J. de G. », Bulletin du Bibliophile, 1996, p. 35-81.

[2Sur ce poète, voir M. A. Flaminio, In librum psalmorum brevis explanatio, Lyon, G. Rouillé, 1576.

[3Bénédictin du Mont-Cassin, né en 1502, Onorato Fascitello fréquenta à Rome l’Accademia Colocciana ; collaborateur d’Alde, pour qui il procura les éditions d’Ovide, de Lactance et de Pétrarque (1546), il fut nommé en 1551 évêque d’Isola.

[4Sur ce personnage, voir Versi e regole della nuova poesia toscana, Rome, A. Blado, 1539 et note.

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