accueil

EQUICOLA (Mario), Libro de natura de amore (1525)

1

[encadrement]

Libro/ de natvra de/ amore/ di mario eqvi-/cola secre-/tario del/ illvstris/simo/ s. federico.ii. gon/zaga marche/se di man/tva./ m d x x v.

[souscription] stampato in Venetia per Lorenzo Lorio da/ Portes[e] : Adi. 23. Zugno. 1525. Regnante/ il Serenissimo Duce Andrea Griti.

In-8° [246] feuillets signés +4 a-z8 &8 ç88 A-C8 D10 chiffrés [IV] 240 [II]. Encadrement de titre (132 mm) à motif d’antiques et putti ; f. D8 vignette gravée (51 x 37 mm) représentant sainte Catherine d’Alexandrie (Vaccaro, 390 ; Zappella, 221) ; lettrines ; caractères romains.

Edition originale d’un des plus fameux traités sur l’amour composés à la Renaissance. Elle a été procurée par l’auteur et publiée un mois avant la mort de celui-ci. Le traité d’Equicola s’inscrit dans la tradition des « discussions d’amour », ouverte par le Commentarium in Convivium de amore de Marsilio Ficino (Florence, 1484), auquel il renvoie souvent, et se présente comme une véritable encyclopédie sur l’amour, exceptionnelle par sa richesse et sa diversité. Le Libro est divisé en six parties, consacrées respectivement aux auteurs modernes qui ont traité du sujet, de Guittone d’Arezzo aux contemporains d’Equicola, à la définition de l’amour et de la beauté, à la classification des différentes sortes d’amour, de l’amour divin à l’amour humain, à la physiologie de l’amour, à l’éducation des amants et à la fin de l’amour. On a pu mettre en évidence la composante ficinienne et néo-platonicienne de la culture philosophique qui nourrit la conception qu’Equicola donne de l’amour, à l’intérieur d’un cadre d’exposition pris d’Aristote et sans contradiction avec un discours scientifique entièrement aristotélicien, pris des Parva naturalia, en particulier dans toute la partie du livre consacrée à la physiologie de l’amour.

Mario Equicola composa une première version de son traité entre 1505 et 1511, date plus probable que celle de 1496 qu’il indique lui-même, créant ainsi une fiction chronologique qui lui permettait de situer dans sa jeunesse un intérêt pour le sujet amoureux, peu compatible avec son statut d’homme de lettres et de savant humaniste. Pour les mêmes raisons, Equicola prétend que son livre est la traduction d’un original latin, alors qu’il semble l’avoir composé directement en italien, à partir d’une documentation en latin. Par rapport à la version manuscrite, la version imprimée présente de notables variantes et des développements nouveaux, portant sur l’éducation de la femme et celle du courtisan, sur le langage, sur la nature du plaisir.

Le volume a été imprimé pour le libraire Lorenzo Lorio, originaire de Portese sur le lac de Garde, établi à Venise entre 1414 et 1527 ; plusieurs imprimeurs travaillaient habituellement pour lui, Alessandro Bindoni, Nicolò Zoppino, Gregorio de’ Gregori, Giovanni Antonio Nicolini da Sabbio. Les exemplaires de la première édition sont rares ; L Ricci (p. 18) en recense 13, auxquels il faut ajouter un exemplaire conservé à Pise, Biblioteca Universitaria, ainsi que l’exemplaire ici décrit. L’ouvrage, fut réimprimé plus de dix fois en Italie au cours du XVIe siècle (en particulier par Nicolini da Sabbio, 1526, 1536 ; Zoppino et Bindoni-Pasini, en 1531, les héritiers d’Alde en 1541, Giolito en 1554, édition procurée par Lodovico Dolce, ainsi qu’une édition procurée par Tommaso Porcacchi, en 1561). Il connut une certaine fortune en France : Gabriel Chappuys en donna la traduction, qu’il dédia au poète Philippe Desportes (Paris, J. Houzé, 1584), et Montaigne fit mention de l’ouvrage dans les Essais (III, V), avec les traités sur l’amour de Ficin, Léon Hébreu et Bembo.

Hauteur : 217 mm. Parchemin (reliure du XVIe siècle).

Provenance : signature biffée sur le titre Alex Lizonetti [?] ; notes d’une main ancienne dans quelques marges.

→ Gamba 1377 ; Brunet, II, 1034 ; Sander, 2587 ; Fowler, p. 284 ; BL, 236 ; D. E. Rhodes, « Lorenzo Lorio, Publisher at Venice 1514-1527 », La Bibliofilia, LXXXIX, 1987, 3, p. 279-283 ; Ascarelli-Menato, p. 356-357.

© 2000-2017 Tous droits réservés - Fondation Barbier-Mueller pour l'étude de la poésie italienne de la Renaissance. Design : Aldemos |