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ERIZZO (Sebastiano), Esposizione nelle tre canzoni di Petrarca (1562 [1561])

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ESPOSITIONE/ DI M. SEBASTIANO/ ERIZZO/ NELLE TRE CANZONI DI M. FRANCESCO/ PETRARCA,/ Chiamate le tre sorelle./ nvovamente mandata in lvce/ da m. lodovico dolce./ [fleuron]/ con privilegio./ [marque : pria che le labbra bagnerai la fronte]/ in venetia/ Appresso Andrea Arriuabene. mdlxii.

[Souscription] in venetia/ per bernardino fasani./ mdlxi.

In-4° [56] feuillets signés *4 A-N4 chiffrés [IV dont I bl.] 1-33 33 34-35 37-51 [I] ; N mal signé O. Marque sur le titre (77 mm), répétée au verso du f. *3 ; lettrine (42 mm) ; bandeau (20 x 100 mm) ; caractères italiques.

Edition procurée par Lodovico Dolce de l’Esposizione de Sebastiano Erizzo sur les trois canzoni de Pétrarque ‘Perché la vita è breve…’ (RVF 71), ‘Gentil mia Donna i veggio…’ (RVF 72), ‘Poi che per mio destino…’ (RVF 73). Le commentaire d’Erizzo est dédié à Girolamo di Giovanni Andrea Venier, l’édition de Dolce, à l’ambassadeur de France à Venise pour le roi Charles IX, Jean Hurault de Boistaillé [1], à la recommandation de Giuseppe Albera, gentilhomme de Gênes. Dans son commentaire, Erizzo se propose d’analyser en termes néo-platoniciens les effets suscités sur Pétrarque par la beauté de Laure, tels qu’ils s’expriment dans les trois pièces prises en considération. En 1545, Benedetto Varchi avait tenu trois leçons académiques sur les mêmes pièces devant l’Accademia fiorentina.

Le volume est imprimé par Bernardino Fasani, actif à Venise entre 1558 et 1562, pour Andrea Arrivabene, libraire, actif entre 1534 et 1570. ll existe une seconde émission, à la date de 1562.

Exemplaire sur papier fort, à très grandes marges (hauteur : 244 mm). Maroquin rouge (goatskin), dos à quatre nerfs, orné de filets et de fleurons dorés ; sur les plats, double série de quatre filets à froids encadrant une large bordure dorée à motif floraux, fermée par un double encadrement de filets dorés, fleurons aux angles ; la réserve centrale ornée de grands fers courbes et de pointillés dorés à motifs floraux et feuillages ; sur le premier plat, armoiries peintes (« d’or à la croix d’azur cantonnée de quatre ombres de soleil de gueules ») ; sur le second plat, médaillon central peint, représentant Pétrarque et Mercure ; traces de lacets, tranches dorées. Reliure vénitienne de l’époque, due à un atelier actif du début des années 1560 à 1577, connu sous le nom de « maître aux arabesques vide » (Leermauresken-Meister ou Arabesque Outline Tool Binder) ; cet atelier a été identifié par I. Schunke, « Venezianische Renaissance-Einbände », in Mélanges Tammaro De Marinis, 1964, p. 182-183, planche xxv ; Schunke recense 9 reliures, dont une reliure peinte (« mit farbiger Bemalung » (De Marinis, II, 410 A ; voir L. S. Olschki, Le Livre en Italie, Florence, 1914, planche II). Une autre reliure est décrite par A. Hobson & P. Culot, French and Italian 16th Century Bookbinding, Bruxelles, 1990, n° 16 ; on ajoutera enfin une reliure du même atelier recouvrant un manuscrit des instructions données à Paolo Contarini, podestà de Feltre (5 août 1562), vente Earl of Rosebery, Londres, Sotheby’s, 25 mai 1995, n°14, avec reproduction.

La figure du second plat peut être rapprochée d’une enluminure de Benedetto Bordon, représentant « Apollon couronnant de laurier Pétrarque assis », illustrant un exemplaire du Petrarca (Venise, Alde, 1501), conservé à Berlin, Staatsbibliothek, Preussisches Kulturbesitz (8° Ald. Ren. 28,5 perg), f. a1 v°.

Provenance : exemplaire de présent, aux armes [voir O.H.R., 801, variante ; Guigard, p. 262, variante] du dédicataire de l’ouvrage, Jean Hurault de Boistaillé, ambassadeur de France à Venise, avec son ex-libris manuscrit sur le titre « Ex Bibliotheca Jo. Huraultii Boistallerii ». Ex-libris gravé aux armes de Claude-Irénée Perreney de Grosbois, premier président au Parlement de Bourgogne ; inscription manuscrite du XVIIIe siècle sur une garde : « Le véritable nom de lauteur est Sebastiano ochin erizzo est un nom emprunté et forgé a plaisir par l’auteur [sic] » ; collection Mme Belin [Exposition du livre italien, Paris, Musée des Arts décoratifs, mai-juin 1926, catalogue, n° 902 « reliure vénitienne en maroquin rouge, armes peintes de Jean Hurault, comte de Cheverny [sic], dont la signature se trouve sur le titre ».

→ Suttina, 199-200 ; BL, 237 ; DTE, I, p. 45-46 (Arrivabene) ; 430-431 (Fasani).

[1Jean Hurault de Boistaillé était fils de Nicolas Hurault († 1560), conseiller au parlement de Paris en 1521, et d’Anne Maillard. Succédant à François de Noailles, il fut ambassadeur à Venise, de juin 1561 à mai 1564. Il fut nommé maître des requêtes en 1565, à son retour. Il est mentionné par Denis Lambin, dans la préface de son édition de Cornelius Nepos, publiée en 1569, parmi les représentants les plus éminents de l’érudition de la grande Robe parisienne, avec Germain Vaillant de Guélis, Jean Dorat, Jean Passerat, Henri de Mesmes, Claude Dupuy.

Jean Hurault avait deux frères, André, conseiller d’Etat, et Robert, conseiller au Grand conseil, puis chancelier de Marguerite de France, qui épousa Madeleine de L’Hospital, héritière du chancelier. Le Dictionnaire de biographie française (1994, t. XVIII, p. 59), qui ne connaît pas Jean, indique qu’André était ambassadeur à Venise. Il s’agit d’un neveu, André Hurault, sieur de Maisse, ambassadeur entre 1582 et septembre 1588, puis de 1589 à juillet 1596, l’interim entre les deux missions étant assuré par François Hurault.

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