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FERRARI (Giovanfrancesco), Le Rime burlesche (1570)

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LE RIME/ bvrlesche,/ sopra varii, et/ piaceuoli soggetti ; indrizzate à/ diuersi nobili Signori./ nvovamente composte/ & date in luce/ Da M. Giouanfrancesco Ferrari./ Con la Tauola de’ Sommari./ con privilegio./ [marque : imparibvs dissidii satis]/ in venetia,/ Appresso gli Heredi di Marchio Sessa./ m d lxx.

In-8° [128] feuillets signés +4 A-P8 Q4 chiffrés [IV] 122 [II bl.] ; A non signé. Marque sur le titre (50 mm) ; lettrines, caractères italiques.

Edition des Rime burlesche de Giovanfrancesco Ferrari, procurée par Borgaruccio Borgarucci et dédiée au comte Leonardo Thiene. Originaire de Canziano en Ombrie, Borgarucci s’était occupé à des traductions et à divers travaux de librairie à Venise, entre 1565 et 1589 ; il procura une vingtaine d’éditions diverses, dont une édition des Rime de Sannazaro, « ripurgate da infiniti errori che si trovano nell’altre edizioni » (Venise, Pietro Marinelli, 1589) ; il est aussi connu comme auteur d’un petit poème d’inspiration populaire, L’Afflizione di Venezia, nelle quale si ragiona di tutti gli accidenti occorsi l’anno 1576 per cagioni di peste (Florence, Antonio Padovani, 1578). Dans son épître de dédicace des Rime burlesche, il déclare ne pas connaître personnellement le comte Thiene et rapporter ce que son frère Bernardo lui avait dit du personnage.

Le recueil est composé de 53 capitoli bernesques : éloges paradoxaux de la folie, des femmes laides, de la lâcheté, de la pelade, des mauvaises femmes, éloges burlesques du gâteau, de la mortadelle, du vin, des artichauds, de la cécité, de la prison, du pédantisme, invectives contre Aristote (2), Cicéron, l’amour, le rire, la barbe, la poésie. Certains passages sont en dialecte romain (XXVII), un capitolo en espagnol et trois en furbesco, d’autres en mantouan, en bergamasque, en napolitain et en modénais.

Dans ses capitoli burleschi, Ferrari parcourt tous les lieux rhétoriques du genre facétieux et de la littérature bernesque, souvent avec brio et ingéniosité, même si sa poésie apparaît surtout comme un exercice de style privé d’accents personnels et, d’un point de vue formel, entièrement circonscrite dans les solutions élaborées au cours des décennies précédentes. L’invocation aux figures emblématiques du genre, de Margutte aux personnages de Folengo, jusqu’au rappel explicite du Piovano Arlotto (capitolo IX) met en évidence cette dimension réflexive. Les pièces en dialecte ou en jargon sont toutefois très singulières.

Certaines pièces sont adressées à Giovanni Bellosio, Virgilio Bergamasco, Pietro de Bravis, Roberto Fontana (3), Rinaldo Corso auquel Ferrari demande de revoir les pièces en vue de leur publication (4), Francesco Fortini (2), Nicolò Franco, Lorenzo Gambara, Ortensio Grillenzoni, Paolo Grillenzoni (2), Olimpia Maglianese, Angelo Mandosio, Benedetto Manzuolo, Carlo Molza, Giambellardino Napoliello, Pipino Paganelli, Marco de Payva, Bernardo Pia, Marc’Antonio priore de’ Rossi, Scipione [Accademico] Incognito, Scipione Theti, Bernardino Thilesio, Tommaso Tomasi de’ Gualterucci, Francesco Torno, Antonio Venturini [1] (2), Girolamo Volpi.

Hauteur : 144 mm. Demi-basane ; plats mouchetés, tranches rouges (reliure du XVIIIe siècle).

→ Brunet, II, 1231 ; BL, 247 ; Ascarelli-Menato, p. 327-328.

[1Originaire de Massa, Antonio Venturini (1519-1585) était docteur en médecine et professeur d’anatomie au studio de Pise, en 1567.

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