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FREGOSO (Antonio, dit Phileremo…), De cerva candida (1510)

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De Cerua Candida Phileremi Equitis/ Bartholomaeus Simoneta./ Quam niueo candore uides : Parnaside Silua/ Venit Pierio Cerua dicata Choro./ Viuet : & immenso sua saecula proferet aeuo :/ Ibit ad Eoas Occiduasq[ue] domos :/ Quin agili se se uibrabit in aethera saltu./ Haud alio talis tempore Cerua fuit./ Haec feret & medias uestigia sicca per undas :/ Et uolucri curret trans freta uasta gradu./ Nec Siluas colet : in mediis aget Vrbibus : ullos :/ Nec metuet Phoebi tuta fauore canes./ [figure]

[souscription] Impresso in la Inclita Citta de Mila/no per Pietro Martire di Mantegazzi :/ dicto il Cassano : ad insta[n]tia de Domi/nico da la Piaza : del Degno Authore/ amanuense : nel. M.D.X. a dì. xxy. de/ Augusto. Con gratia & Priuilegio./ come in esso amplamente si contiene.

Grand in-8 [88] feuillets signés A-L8 non chiffrés, les deux derniers blancs ; le dernier feuillet blanc manque dans l’exemplaire décrit. Figure sur le titre (112 x 87 mm) ; caractères romains.

Edition originale de la Cerva candida d’Antonio Fregoso, procurée par Domenico della Piazza, secrétaire de l’auteur. Le titre porte un poème latin de Bartolomeo Simonetta, ami et collaborateur de Fregoso [1]. Le poème de Fregoso, en 7 chants et 505 octaves, évoque une chasse d’amour au cours de laquelle, le chasseur, accompagné de ses chiens Desio (Désir) et Pensiero (Souci), poursuit une nymphe à travers les royaumes de Diane, d’Antéros et d’Amour. La narration repose sur un entrelacs de plans allégoriques qui sert à décrire l’expérience amoureuse dans toute sa complexité, en relation à la raison comme à la tentation charnelle, de laquelle le protagoniste parvient à se libérer après un long parcours initiatique, pour aboutir à la contemplation de l’amour divin. Le sujet reprend la matière des Stanze per la giostra de Politien, même si Fregoso se sert de façon plus directe de toute la référence néo-platonicienne, connue à travers Marsile Ficin, précisément mentionné. Ces éléments savants se combinent subtilement aux suggestions de la tradition courtoise : au cours de sa chasse, le héros rencontre l’auteur du Roman de la Rose. L’avis au lecteur justifie l’emploi des stanze en octava rima, qui, bien que de style bas, « stile pedestre et humile », ont été illustrées par l’élégance, le « leggiadro stile » de Laurent de Médicis et d’Ange Politien. Par ce double patronage, Fregoso cherche à s’inscrire dans la tradition la plus raffinée du Quattrocento florentin. La Cerva candida connut de nombreuses éditions jusqu’en 1566.

Le volume est dû à Pietro Martire di Mantegazzi, dit Cassano, qui exerça à Milan, de 1499 à 1511, imprimant une soixantaine d’ouvrages pour différents libraires.

Hauteur : 203 mm. Maroquin janséniste vert, double filet doré sur les coupes, dentelle intérieure (reliure du XIXe siècle signée F. Bedford).

Provenance : au verso du titre, cachet armorié du comte Ercole da Silva [(1756-1840) de Milan ; Gelli, p. 433 ; cfr. Catalogo dei libri della Biblioteca Silva in Cinisello, Milan, 1803].

→ Brunet, II, 1387 ; Sander, 2919 et pl. 57 ; Santoro, n° 116 ; BL, 280 (2 exemplaires) ; Bologna, I, 199 ; Ascarelli-Menato, p. 146-147 ; Dilemmi, p. xlix, n° 1 (5 exemplaires).

[1Bartolomeo Simonetta, qui collabora à la plupart des éditions de Fregoso, était fils de Giovanni Simonetta († 1491), d’une famille calabraise entrée au service des ducs de Milan au milieu du XVe siècle.

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