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FREGOSO (Antonio, dit Phileremo…), Opera nova (1528)

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[encadrement]

OPERA/ nova del cava/lier fregoso Antonio/ phileremo./ Lamento d’amore mendicante./ Dialogo de musica./ Pergoletta de le laudi d’amore./ Discorsi cottidiani no[n] uolgari/ De l’instinto naturale/ de la probita./ De i tre peregrini.

[souscription] stampata in vinegia/ per nicolo zoppino/ di aristotile di/ ferrara ne l’an-/no di nostra sa/lvte mdxxviii.

In-8 [84] feuillets signés A-K8 L4 chiffrés 82 [II bl.] ; A2 mal signé L2 ; (7) non chiffré ; manque le dernier feuillet blanc dans l’exemplaire décrit. Titre dans un encadrement aux trophées et motifs impériaux (130 mm) ; caractères italiques.

Deuxième édition des Silve, dialogi de musica, discorsi cottidiani et capituli d’Antonio Fregoso, réunis sous le titre publicitaire d’Opera nova. Editée par Enrico Boscano [1], elle parut après celle publiée à Milan en 1525 par Bartolomeo da Crema pour les frères Legnano. En comparaison des œuvres précédentes, d’une architecture ambitieuse et marquées par un jeu complexe d’allégories et de références érudites, les pièces réunies dans cette édition témoignent d’un caractère plus circonstantiel, même si elles reprennent les thèmes principaux du poète. Les Selve sont constituées des 45 stances du Lamento d’Amore mendicante, mettant en scène le débat d’Amour et de Fortune. Le Dialogo de musica, poème en forme de 4 chants en terza rima adressé à Jacopo Maria Stampa, patricien de Milan [2], illustre la correspondance harmonieuse entre le macrocosme et le microcosme. Les 52 stances de la Pergoletta proposent un dialogue entre le poète, Bartolomeo Simonetta et Antonio Tilesio [3] sur la nature de l’amour humain et de l’amour divin. Les Discorsi cottidiani, en 48 stances, adressés à Bartolomeo Simonetta, analysent l’influence des démons sur la vie des hommes. Dans ses capitoliDe lo istinto naturale’ et la Resposta de la Probità, le poète exhorte les hommes à se servir de la raison pour dominer leurs instincts et passions. Le long poème allégorique des Tre Peregrini, articulé en trois parties, Del chiostro de Lucina, De l’emporio de Fortuna, L’emporio de Minerva, est d’une ambition plus élevée. Il affirme le rôle de la philosophie et de la poésie comme remparts contre la Fortune. Le poème se clôt sur l’évocation des principaux poètes de l’époque, Pietro Aretino, Ludovico Arioste, Pietro Barignano, Pietro Bembo, Galeotto del Carretto, Jacopo Sannazaro, Bartolomeo Simonetta, Tebaldeo auxquels Fregoso rend hommage.

Hauteur : 149 mm. Maroquin rouge, dos à cinq nerfs orné d’un motif héraldique, double filet sur les plats, filet sur les coupes, roulette intérieure, gardes marbrées, tranches dorées (reliure du XVIIIe siècle).

Provenance : Le motif héraldique de la Toison d’or, répété cinq fois au dos de la reliure est peut-être l’emblème d’un premier possesseur, un amateur milanais ou napolitain, dignitaire de l’ordre espagnol de la Toison d’or. Il est différent du motif analogue employé par le dramaturge et bibliophile français Longepierre (1659-1721), dont les reliures, de qualité supérieure à celle-ci, portent également l’emblème sur les plats, en souvenir, dit-on, du succès rencontré par sa tragédie Médée.

Ex-libris gravé aux armes de Thomas Philip, Earl of Grey [(1781-1859), à Wrest Park ; voir The Dictionary of National Biography, Oxford, 1917, VIII, p. 651] ; autre du pianiste Alfred Cortot (1877-1962) et cachet à son chiffre AC sur le titre.

→ Brunet, II, 1387 ; Sander, 2929 ; BL, 281 (2 exemplaires) ; Dilemmi, p. liv, n° 2 (9 exemplaires) ; Ascarelli-Menato, p. 351-352.

[1Erudit milanais, actif entre 1513 et 1528 ; on connaît de lui une utopie, antérieure à l’Utopia de Thomas More, l’Isola beata, restée manuscrite, composée pour Simone Crotto, chevalier de Malte ; Fregoso donna un sonnet liminaire à ce texte, resté inédit (collection privée).

[2Peut-être Jacopo Stampa († après 1526), religieux, économe du duché de Milan ; il était fils naturel et légitimé d’Achille Stampa, patricien de Milan, chevalier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

[3Antonio Tilesio (1482-1534), de Cosenza, professeur de rhétorique à Milan ; Fregoso le célèbre comme poète à la fin de son Emporio de Pallade o vero de Minerva, « e qui il partenopeo Tilesio prese/ da Euterpe il vago stil candido e ornato ».

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