accueil

GIOVIO (Paolo), Le Iscrizioni (1558)

1

le iscrittioni/ POSTE SOTTO LE/ vere imagini de/ gli hvomini famosi/ in lettere./Di Mons. Paolo Giovio/ Vescovo di Nocera./ tradotte di latino in/ Volgare da Hippolito Orio/ Ferrarese./ [marque]/ in venetia./ Appresso Giouanni de’ Rossi.

[souscription] 1558.

In-8° [144] feuillets signés A-S8 paginés [XVI] 271 [I]. Marque sur le titre (59 mm) ; lettrines ; caractères italiques.

Paolo Giovio avait réuni dans son musée de Côme les portraits des hommes illustres de l’Antiquité et de son temps, pour lesquels il composa des éloges latins, « ut mortales, eorum exemplo, ad virtutes æmulatione gloriæ accederentur », ainsi qu’il l’écrivait dans une lettre à Mario Equicola, datée du 28 août 1521. Cette collection devait servir à l’étude des personnages historiques, sur le modèle de Suétone et de Plutarque : du portrait pris sur le vif apparaissait l’esprit de l’homme, dont une inscription résumait le caractère et le destin. Dans son Dialogo delle imprese eroiche ed amorose, composé à Florence l’année précédant sa mort, Giovio reprit cette conception, selon laquelle la réunion de l’image et de l’inscription pouvait pemettre une intime et immédiate compréhension des êtres.

Une première édition de ces inscriptions, contenant les éloges d’écrivains fameux, parut en 1546, avec une dédicace à Ottavio Farnese. Une version italienne fut établie par Ippolito Orio, qui parut en décembre 1551 (Florence, Torrentino), augmentée des éloges des princes et des capitaines, et dédiée à Cosme de Médicis. Elle fut réimprimée en 1558 à Venise, édition partagée entre Giovanni de’ Rossi et Francesco Bindoni, avec une dédicace au comte Bonifacio Bevilacqua [1]. Une troisième série, consacrée aux artistes ne fut jamais achevée. Les éloges de Leonard, de Raphaël et de Michel-Ange anticipaient les Vite de Vasari. Ces éloges donnent une abondance de renseignements divers, de faits curieux, d’anecdotes, voire de médisances sur les personnages fameux de l’époque.

Le volume recueille 147 notices d’écrivains et d’humanistes, parmi lesquels Arioste, Boccace, Bernardo [Dovizi da] Bibbiena, Guillaume Budé, Celio Calcagnini, Castiglione, Dante, Erasme, Christophe Longueil, Machiavel, Giorgio Merula, Thomas More, Andrea Navagero, Agostino Nifo [2], Pétrarque, Giovanni Francesco Pico della Mirandola, Savonarola. Chaque éloge est suivi d’épitaphes ou d’épigrammes, traduites du latin en vers italiens, certaines non attribuées (34), les autres dues à Dante Alighieri, Giorgio Anselmi, au comte Nicolò da Archi [3], Carlo Aretino, Ferrante Balamio (3), Ermolao Barbaro, Pietro Bembo (6), Bernardino Boccarino d’Arezzo, Cola Bruno, de Messine, Elisio Calentio, Dionigio Carronico, Franchino Cosentino, Crinito, Crotto, Pietro Curti, Giovanni Tommaso Dardano, de Parme, Stefano Dolcini, de Crémone, Jacopo Esserico, Espagnol, don Onorato Fascitello, Marcantonio Flaminio (12), Giulio Gonzaga, Jacopo Guidi, de Volterra, Majorano [4], Leonardo Marsi, Mirteo (19), Bosio Palladio, Marcello Palonio [5], de Rome, Platina, Poliziano (5), Pontano (3), Giovanni Battista Possevino, de Mantoue, Guido Postumo, Florido Sabino [6], Salmonico, Attilio Sincero, Antonio Sperone, Spinello, Prospero Spirito, Tebaldeo (5), Triphone [7], Antonio Vacca da Conselice, Giano Vitali [8] (26).

L’imprimeur Giovanni Rossi, originaire de Vercelli, eut une brève activité à Venise, entre 1556 et 1558, produisant une quinzaine de titres, avant de s’établir à Bologne. Il publia une édition des Elogi de Giovio en 1557.

Hauteur : 151 mm. Cartonnage ancien.

→ Brunet, III, 584 (1551) ; BL, 304 (au nom de F. Bindoni) ; Boullier, p. 67 ; Ascarelli-Menato, p. 399.

[1Peut-être Bonifazio Bevilacqua († 1570), patricien de Bologne et de Ferrare, comte de Maccastorna, homme de guerre, au service de la France et de Venise.

[2Philosophe et médecin, auteur en particulier d’une première mise en forme du Prince de Machiavel, le De regnandi peritia (Naples, 1523), dédié à Charles-Quint.

[3Nicolò d’Arco, voir V. Gambara, Rime e lettere, Brescia, G. M Rizzardi, 1759, note.

[4Marcantonio Maioragio, de Milan, voir Sonetti degli Accademici Trasformati, Milan, A. Borgo, 1548.

[5Noble romain, officier dans l’armée pontificale, ami de Bembo, Marcello Palonio ou Palone est l’auteur de vers latins dont un poème Clades Ravennas (1513).

[6Florido Sabino, né à Poggio Donadeo en 1511, mort à Paris en 1548, grammairien et hébraïsant, protégé par Paul III. Il est l’auteur d’une traduction des huit premiers livres de l’Odyssée d’Homère, dédiée à François Ier.

[7Trifone Benci, ou Benzi, d’Assise, voir A. Caro, Delle lettere familiari, Venise, B. Giunti, 1581 et note.

[8Giano Vitali (c. 1485-1559), de Palerme, poète latin ; il participa au recueil collectif de la Corcynana (1524).

© 2000-2017 Tous droits réservés - Fondation Barbier-Mueller pour l'étude de la poésie italienne de la Renaissance. Design : Aldemos |