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GIRALDI CINZIO (Giovanni Battista), Le Fiamme (1548)

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LE FIAMME/ di m. giovam-/battista giraldi/ cinthio nobile/ ferrarese/ divise in dve parti./ [fleuron]/ con privilegio./ [marque : della mia morte eterna vita i vivo - semper eadem-ggf]/ in vinegia appreso gabriel/ giolito de ferrari./ mdxlviii.

In-8° [92] feuillets signés A-L8 M4 chiffrés 87 [V] ; (80) mal chiffré 72. Marque sur le titre (52 mm) ; fleurons typographiques ; lettrines, caractères italiques. Certains exemplaire porteraient un feuillet d’errata après la table.

Première édition des Fiamme de Giraldi, seconde émission à la date de 1548, la première portant la date de 1547. Elle a été procurée par Antonio Giacomo Corso [1]. Le recueil contient deux parties, respectivement de 108 pièces variées, dont 94 sonnets, sept canzoni, six madrigaux et une sextine, et 154 pièces diverses, dont 133 sonnets, onze madrigaux, six canzoni et quatre sextines. La table donne des précisions sur les destinataires d’un certain nombre de pièces : Ercole d’Este (10), Renée de France, duchesse de Ferrare, Marco Antonio Antimacho, monsignor [Pietro] Bembo, Girolamo Beneatendi, Ercole Bentivoglio, Celio Calcagnini, Lelio Capilupi, Antonio Giacomo Corso (2), Alfonso d’Este (2), Anna d’Este (3), Lau[ra] d’Este, Bartolomeo Ferrino (2), Veronica Gambara Corregio, Giglio Gregorio Giraldi (2), Paolo Antonio Grana, Ginevra Malatesta, Giovanni Tomaso Manfredi, Montecatino predicatore, Liberta Moricone, Attilio dall’Oro, la marquise de Pescara [Vittoria Colonna] (2), Giovambattista Pigna, Giulio Pontio, Bartol[omeo] Prosp[eri], Aurelio Santo, Maurelio Santo, Luigi Trissino, Cassandra Trissino Minotti, Giulia Trotti Lombardini, Violante Trotti Machiavelli, Matteo Uspero, avocat de Venise, la marquise del Vasto [2]. Pièces sur la mort d’Isabelle, reine de Naples [3] (2), de Flaminio Ariosto, Pietro Bembo (2), Ludovico Boccadiferro [4] (2), Ludovico Bonacciolo, Celio Calcagnini, Ferri[no] (2), Alberto Giraldi, Giovanni Manar[di], Bianca Pocointesta Botia, Luigi Trissino.

Fort de ses succès dans le domaine de la poésie latine, de la tragédie et de la comédie pastorale, Giraldi tenta l’expérience du lyrisme italien dans ses Fiamme, cherchant, comme ailleurs, à se poser en modèle d’une nouvelle poétique. Il fit porter son travail sur le style et sur la disposition, organisant son recueil en un véritable canzoniere personnel, inspiré par Diana Ariosti, au moment où la forme même du recueil semblait perdre du terrain face aux recueils collectifs et aux anthologies. Le titre du recueil, le Fiamme, peu usité, trouvait son origine dans la métaphore pétrarquienne, dont le poète faisait le dénominateur commun de l’ensemble des pièces, par un jeu subtil de variations sur la totalité du champ sémantique de la flamme (le duc de Ferrare devenant ainsi le « Soleil » capable d’éclairer la « nuit obscure » du poète, etc…).

Les deux parties du recueil suivent les étapes du parcours pétrarquien, de l’innamoramento à la prise de conscience et au repentir. D’un point de vue biographique en fait, l’avènement du duc Ercole II, en 1534, marquait la véritable césure entre la première phase, ouverte dans la vie de l’auteur, en 1520, et la conclusion, en 1547. Les sonnets qui introduisent chaque partie sont dédiés au duc, sous le patronage duquel est placé l’ensemble. Une première partie met en évidence l’histoire d’amour selon les lieux pétrarquiens. Dans la seconde partie, en revanche, les pièces encomiastiques mettent l’accent sur le cadre mondain de la cour de Ferrare jusqu’à l’élargir aux milieux savants, les deux dimensions se complétant dans une même représentation idéalisée. D’un point de vue stylistique, Giraldi restait attentif à respecter la ligne bembiste, même si sa référence pétrarquienne était aussi nourrie d’éléments empruntés aux Trionfi, une œuvre qu’il semble avoir beaucoup admirée. Les choix métriques dénotent un strict respect du vers pétrarquien. Plus de la moitié des canzoni reprennent des schémas de pièces des RVF, et lorsqu’elles semblent différer, elles proposent en fait de subtiles variations du modèle, ainsi la canzoneVergine, più d’ogni altra in ciel beato…’ (f. 33), qui tout en se distinguant de la pièce de Pétrarque (RVF 366) par le nombre de strophes et la structure métrique, conserve de façon visible son réseau de sentences et la reprise en anaphore de l’invocation Vergine au début de chaque strophe et au vers 10.

Hauteur : 153 mm. Parchemin rigide, pièce de titre (reliure du XVIIIe siècle).

Provenance : cachet armorié peu lisible sur le titre.

→ Brunet II, 1607 ; Bongi, I, 138-139, 236 ; Vaganay, 1548, n° 5 ; BL, 305 ; Boullier, p. 70 (1547) ; Ascarelli-Menato, p. 373-375 ; Panizzi, 2713.

[1Sur ce poète, voir A. G. Corso, Le rime, Venise, Comin da Trino, 1550.

[2Maria d’Aragona (1503-1568), épouse d’Alfonso d’Avalos, marquis del Vasto.

[3A Ferrare, le 22 mai 1533. Isabella del Balzo, fille de Pirro del Balzo, prince d’Altamura, et de Maria Donata Orsini, avait épousé en 1486 Federico, dernier roi de Naples, mort à Plessis-les-Tours en 1504.

[4En 1545, Ludovico Boccadiferro, né en 1482, était professeur de philosophie à Bologne.

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