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GROTO (Luigi), La Prima parte delle rime (1577)

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LA PRIMA PARTE/ delle rime/ Di Luigi Groto Cieco di Hadria./ con privilegio./ [portrait : lvigi groto cieco di hadria di eta d’anni xxxi]/ Venetia, Per Fabio, e Agostin Zopini fratelli./ m. d lxxvii.

In-8° [120] feuillets signés *8 **8 A-N8 paginés [XXXII] 205 [V bl.] ; (12) mal chiffré 2 ; le feuillet N8 blanc manque dans l’exemplaire décrit. Portrait de l’auteur sur le titre (94 mm ; Zappella, Rittrati, 188) ; bandeau typographiques ; autre au mascaron ; lettrines ; caractères italiques.

Première édition des Rime de Luigi Groto, dédiée à Francesco Moresini [sic pour Morosini] [1]. Le recueil est composé de 328 pièces variées dont 147 sonnets, 120 madrigaux, 52 stanze, trois capitoli. La disposition typographique permet de distinguer une section de 118 épigrammes : chaque pièce porte un titre et les pièces sont séparées les unes des autres part un trait imprimé.

La poésie de Groto illustre les infléchissements du pétrarquisme vénitien du second XVIe siècle, suivant la leçon de Domenico Venier, mais aussi nourri de la référence à l’Arioste. Elle repose sur une recherche formelle très élaborée et parfois virtuose, que l’on a pu qualifier de maniériste, ainsi qu’en témoignent certains sonnets « rétrogrades » ou palindromes. A côté de nombreuses sextines, qui conviennent particulièrement au génie combinatoire de Groto, le recueil propose des madrigaux, ouverts aux expérimentations les plus hardies et riches d’échos de la tradition dialectale et populaire ainsi que de pointes héritées du lyrisme du Quattrocento.

La table des argomenti indique les principaux dédicataires des pièces : Philippe II d’Espagne, don Juan d’Autriche [2] (2), Bartolomea Anguillara, Paola Badoer, Antonio Beffa, poète [3], Leonora Bentivoglio, Lucia Marfisia Bianchini, le cavalier Bonardo (2), Diamante Cavazzoni, Adriano Clarignano, Diada Clarignano da Montefalco, Girolama Colonna, Isabella Cortese, Lodovico Dolce, Leonora d’Este [4], Lucrezia d’Este [5], Lucrezia Faleta [Falleti], fille de Paola Calcagnini, comtesse de Bellombra et de Girolamo Falleti [6], ancien ambassadeur de Ferrare auprès de la République de Venise, Virginia Fieschi Appiani, princesse souveraine de Piombino [7], Luigi Giorgi, sénateur vénitien, Curzio Gonzaga, Leonora Gonzaga, Lucrezia Gonzaga [8], Rosa L***, sœur d’un musico hebreo, Francesca Lomelini, Isabella Pepoli (4 sonnets à l’imitation de Caro), Giulia Rata, le peintre Tintoretto [Tintoret], Claudio Tolomei, Domenico Venier, Cinzia Vicentina, Alessandra Volta (13), Deidamia*** ; Francesco*** et Elena***, sur un portrait du Titien. Pièces funèbres sur la mort d’Irene di Spilimbergo ; sonnet pour le Tempio de Giovanna d’Aragona, fait à la demande de Girolamo Ruscelli ; pièces à la mémoire de Charles-Quint (5), Pietro Bembo, Cornelia Cornaro della Torre, pour le cardinal Cornaro [Corner], Bartolomeo Lignano, mort durant la Saint-Barthélemy, Michel de Nostredame, astrologue [9], Giulio Savorgnano. Suivent des Carmina, recueil de 31 pièces latines diverses de Luigi Groto ; certaines sont adressées à Cornelia Carbonesia (2), Pietro Giustiniani [10], Lucrezia Gonzaga, Giovanni Battista Minadous (2), Alessandra Volta (4) ; élégie à la mémoire de Maria Caietana. Une partie des sonnets avait été composée à Albarun près de Ferrare, ainsi que dans la villa d’Adriano Clarignano, le protecteur du poète. Groto indique certains modèles, ainsi un sonnet imité de Domenico Venier, ‘Non punse, arse, lego, stral, fiamma…’, quatre sonnet sur les mêmes rimes, imités de ceux de Caro, ‘Donna qual mi foss’io…’, une canzone à l’imitation de Pétrarque, ‘Verdi panni…’. Le sonnet ‘Vecchio padre Oceano..’ avait déjà été publié en 1572, dans le Trofeo della vittoria sacra.

Le volume a été imprimé par les frères Zoppini, établis all’insegna della Verità, de 1553 à 1600.

Hauteur : 146 mm. Parchemin rigide, titre calligraphié au dos, tranches mouchetées (reliure du XVIIe siècle).

Provenance : signature sur le titre : io fra tamara ; quelques inscriptions anciennes.

→ Vaganay, 1577, n° 4 ; Ascarelli-Menato, p. 394 ; Panizzi, 2843.

[1Illustre famille patricienne de Venise, de la classe dite des tribunizie. Un Francesco Morosini fut créé cardinal en 1588.

[2Fils naturel de Charles-Quint (1547-1578), vainqueur de la flotte turque à Lépante.

[3Trois de ses sonnets avaient été publiés dans le Trofeo della vittoria sacra contro i Turchi (Venise, Bordogna & Patriani, 1572), procuré par Groto.

[4Leonora d’Este (1537-1581), fille d’Ercole II et de Renée de France.

[5Lucrezia d’Este (1535-1598) avait épousé en 1570 Francesco Maria della Rovere, alors prince d’Urbin.

[6D’origine piémontaise, Girolamo Falleti (c. 1518-1564), fut ambassadeur de Ferrare à Venise. Il publia une Prima parte delle guerre d’Allemagna (Venise, Giolito, 1552), et des Poemata libri IV. Alfonso II d’Este lui confia la charge d’historiographe en 1558, et il composa une Historia dei principi d’Este (Ferrare, 1570).

[7Virginia Fieschi († 1597), qui avait épousé en 1547 Jacopo VI Appiani Aragona, seigneur et prince souverain de Piombino.

[8Sur ce personnage, célébrée par Bandello, voir M. Bandello, Canti XI. Le III. Parche, Agen, A. Reboul, 1545.

[9Médecin et astrologue provençal, né en 1503, mort en 1566, auteur de Prophéties (1555), partiellement traduites en italien.

[10Auteur d’une Rerum Venetarum ab urbe condita historia (Venise, Comin da Trino, 1560), traduite par Giuseppe Orologgi et Remigio Fiorentino (Venise, L. Avanzo, 1576).

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