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GUALDO (Girolamo), Rime (1569)

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rime/ DEL REVERENDO/ monsignor girolamo/ gvaldo vicentino./ [fleuron]/ con privilegio./ [marque : pria che le labbra bagnera la fronte]/ in venetia,/ Appresso Andrea Arriuabene. m. d. lxix.

In-8° [174] feuillets signés A4 A-X8 Y2 chiffrés [IV] (1-31 (32) 33-51 (50) 53 (45) 56-95 (98-115) 114 (117) 116 (119) 118 (121) 120 (123-126 117 129-157) 156-157 (160-161) [XI] ; G2-G3 inversés dans l’exemplaire décrit. Marque sur le titre (79 mm) ; fleurons ; lettrines (36 mm) ; caractères italiques.

Edition posthume des Rime de Girolamo Gualdo, procurée par le neveu adoptif de celui-ci, Giuseppe, secrétaire du cardinal de Sermoneta, Nicola Caetani [1], à qui le volume est dédié. Il est constitué de trois livres, suivant une disposition rigoureuse, due probablement à l’auteur. Le livre premier est constitué d’un canzoniere de 96 sonnets, cinq canzoni et 23 stanze. Les destinataires, non nommées, sont les dames de Vicence, auxquelles les autres poètes contemporains ont adressé les mêmes hommages. Tout en suivant les « lieux » du recueil de tradition pétrarquiste, Gualdo introduit d’intéressantes notations personnelles, ainsi les sonnets consacrés à la fontaine de sa villa, ou quelques pièces narratives reprenant le thème de l’âge d’or. Ses choix lexicaux sont simples, mais il manifeste un goût particulier pour les agencements sonores.

La deuxième partie, comprenant 135 sonnets et deux canzoni, est partagée entre une section consacrée à la guerre contre les Turcs et à d’autres considérations politiques, en particulier des développements assez caustiques sur les guerres religieuses en France, et une seconde section, qui trace un tableau de la vie académique à Vicence, où Gualdo déplore la progressive désagrégation de l’Accademia de’ Costanti. Enfin, dans plusieurs pièces, il rend hommage à des personnalités de la cité. Plusieurs sonnets font l’éloge de la famille Priuli, et une épître adressée à Isabelle Valmarana [2] ouvre un beau tombeau poétique, en partie d’inspiration bucolique, constitué de 36 sonnets, déplorant la mort de Luigi Valmarana.

La troisième partie contient 193 sonnets et une canzone d’inspiration morale et religieuse. Il s’agit manifestement du domaine favori du poète qui y exerce le meilleur de son talent. On y trouve des tableaux de dévotion adaptés de passages de l’Ancien et du Nouveau Testaments, et d’ambitieux sonnets de méditation sur la Passion ou de célébration du culte marial. Cette poésie spirituelle s’inscrit en fait dans la tradition pétrarquienne du canzoniere, opposant la prise de conscience et le repentir de la vieillesse à la dissolution des jeunes années. La poésie de Gualdo, composée principalement en sonnets, oratoires et moraux, d’une belle inspiration, est à rapprocher des sonnets de Caccia. Il n’est pas impossible que Desportes ait connu ces sonnets et les ait utilisés pour ses propres sonnets spirituels.

L’impression du volume est due à Andrea Arrivabene, qui imprima plus de 80 ouvrages, entre 1534 et 1570, donnant en particulier une édition italienne du Coran, en 1547.

Hauteur : 142 mm ; parchemin souple (reliure de l’époque).

Provenance : ex-libris Bibl. PP. Scholar. Piar. S. Pantal[eonis] ; ex-dono manuscrit Fran.ci de Rubeis [Legs de Francesco de’ Rossi (1571-1673), avocat consistorial, à la bibliothèque du couvent de S. Pantaleo, des Padri Scolopi ; même provenance, Medicea Laurenziana, 671. La plupart des livres connus de cette bibliothèque sont conservés à Rome, Biblioteca Nazionale Centrale Vittorio Emanuele II ; voir I Manoscritti del fondo S. Pantaleo della Biblioteca Centrale di Roma, éd. V. Jemolo - M. Morelli, Rome, Istituto Poligrafico, 1977].

→ Vaganay, 1569, n° 1 ; Ascarelli-Menato, p. 367.

[1Nicola Caetani (1526-1585), des seigneurs de Sermoneta ; cardinal dès 1538, protégé par Paul III, évêque de Conza puis archevêque de Capoue, il fut un des membres actifs du parti français à la Curie.

[2Isabella Nogarola, de Vérone avait épousé Alvise (Luigi) Valmarana, qui avait fait construire la villa éponyme par Palladio.

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