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GUISONI (Ferrante), La Divina settimana (1599)

LA DIVINA/ settimana/ Cioè,/ i sette giorni/ della Creatione del Mondo,/ del signor gvglielmo/ di Salusto Signor di Bartas ;/ Tradotta di rima Franzese in verso sciolto/ Italiano./ dal signor ferrante gvisone./ Et in questa quarta Impressione rico-/retta, con le sue figure adornata./ con privilegio./ [marque : micat avrora phoebo]/ in venetia,/ Presso Gio. Battista Ciotti Senese. 1599.

In-12 [134] feuillets signés A10 B-L12 M2 chiffrés [XX] 113 [I]. Titre encadré d’un trait ; marque (Zappella 162). 7 figures dans le texte ; caractères italiques.

Quatrième édition (en fait nouvelle émission de l’édition de 1595, avec changement du cahier A, augmenté de 2 feuillets) de la version italienne de la Sepmaine de Guillaume Saluste, sieur du Bartas (1544-1590), due à Ferrante Guisoni. Le poème français, à la fois poème sacré paraphrasant la Genèse en 6500 vers pour relater les six jours de la création du monde, et poème encyclopédique, avait été publié pour la première fois en 1578 (Paris, Février & Gadouleau). Il connut un succès exceptionnel, illustré par près de 50 éditions jusqu’en 1631, dû à la fois à son sujet, mettant en forme la culture scientifique de l’époque, à son style sublime, fortement imagé, et probablement aussi au consensus confessionnel qu’il permettait ; ce n’est pas un hasard si le poème du protestant Du Bartas, favori de Henri de Navarre et de Jacques VI d’Ecosse, était lu accompagné aussi bien du commentaire du pasteur genevois Simon Goulart que de celui du docte Pantaléon Thévenin, un proche des Guises [1]. Ferrante Guisoni le traduisit dans ce contexte, sur une des éditions parisiennes des années 1583-1586. Mais sa traduction, achevée dès le mois de septembre 1587, avait vu sa publication retardée à cause des troubles de la Ligue ; la première édition ne fut publiée qu’en 1592, à Tours, par Jamet Mettayer ; elle fut suivie de trois éditions (ou émissions) imprimées à Venise et publiées par Giovanni Battista Ciotti, en 1593, 1595 et 1599. L’exemplaire de présentation relié aux armes de Henri IV est connu [2].

Outre sa qualité poétique intrinsèque et le témoignage de premier ordre qu’elle donne sur la fortune européenne du chef d’œuvre de Du Bartas, la version de Guisoni joua un rôle séminal dans la composition du Mondo creato de Torquato Tasso, publié en 1607, développant un sujet analogue. Le poète italien n’avait pas lu le poème en français, mais il en avait connu une version latine, dont il ne se servit guère, alors qu’il fut attentif aux choix rhétoriques et métriques de Guisoni, son véritable truchement pour l’œuvre de Du Bartas. On notera de surcroît que l’édition du poème de Tasso publiée en 1608 par Ciotti, reprend les vignettes qui illustraient l’édition de la traduction de Guisoni.

→ V. Grohovaz, « La traduzione dal francese all’italiano nel XVI secolo. Avvio a una catalogazione delle opere a stampa (1501-1600) », in La Lettera e il torchio. Studi sulla produzione libraria tra XVI e XVIII secolo, éd. U. Rozzo, Udine, 2001, p. 115, n° 25.

[1Voir J. P. Barbier-Mueller, Ma Bibliothèque poétique, IV, Genève, Droz, 1998, t. 1, p. 27-89.

[2Vente Sothesby’s, Londres, 11 juin 2002, n° 54 avec reproduction.

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