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IL BURCHIELLO (Domenico di Giovanni, dit…), Rime (1553)

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rime/ del bvrchiello/ comentate [sic] / dal doni/ [fleuron]/ [marque veritas filia temporis]/ In Vinegia/ rer [sic] francesco marcolini/ m d l iii.

In-8° [112] feuillets signés A-O8 paginés 209 [XV] ; (90) mal chiffré 60. Marque sur le titre (60 mm) et le dernier feuillet ; bandeau aux anges (66 x 20 mm) ; portrait de l’auteur (93 mm) au f. A8 v°, répété au f. O7 v° ; caractères italiques. Le portrait de Burchiello avait été gravé pour les Lettere de Doni (Florence, 1547). Il existe deux états du titre, avec l’erreur « RER » et un état corrigé « PER ».

Première édition procurée par Anton Francesco Doni des Rime de Burchiello ; elle est dédiée au peintre Jacopo Robusti, dit Tintoretto, le Tintoret [1]. Le recueil de Burchiello contient 217 sonnets, accompagnés de leur commentaire, « inviluppo capriccioso di supposizioni e di idee slegate » selon Casali, souvent plus incompréhensible que le texte lui-même. Cette glose paradoxale renverse le sens habituel du commentaire, et loin d’éclairer le texte, joue à en multiplier les difficultés par une profusion de jeux sonores et l’amplification de l’absurde du texte d’origine, qui devient la trame d’une libre variation, à l’infini, sur des thèmes parodiques.

Dans sa préface, Doni fait le parallèle entre le grand peintre, Tintoret, qui a su conjuguer la Nature et l’Art, et le poète, lui-même peintre de grotesques, « pittor di grottesche » ; cette expression est de toute importance pour comprendre la réception savante de la poésie de Burchiello ainsi ennoblie par la référence à l’art. On en trouvera l’écho chez Gian Paolo Lomazzo, et ce n’est peut-être pas un hasard non plus si Montaigne, bon connaisseur des lettres italiennes, définira ses propres Essais par une analogie avec l’art du peintre de « crotesques » (I, 28).

Une deuxième édition parut en 1566 (Venise, Rampazzetto), une troisième à Vicence en 1597.

Hauteur : 144 mm. Parchemin rigide (reliure du XVIIIe siècle).

Provenance : signature biffée sur le titre ; cachet armorié peu lisible ; autre cachet au chiffre couronné DM ; sur la première garde ; étiquette (68 x 70 mm) à la marque de Giolito et le chiffre EG [probablement une ancienne étiquette d’un libraire de la famille Giolito ; cfr. Gelli, p. 11].

→ Gamba, 1371 ; Brunet, I, 1400 ; Casali, p. 246-250, n° 98 ; Vaganay, 1553, n° 1 ; Ricottini Marsili-Libelli, p. 102, n° 43 ; BL, 223 ; Edit XVI B-4093 (31 exemplaires) ; Ascarelli-Menato, p. 369-370.

[1Jacopo Robusti (1519-1594), surnommé le Tintoret, d’après la profession de son père teinturier. Il commença son activité vers 1537, sans que l’on connaisse véritablement la formation qu’il avait reçue et qui lui permit de s’exprimer en un langage maniériste profondément original, auquel fut sensible une large clientèle vénitienne, religieuse et laïque. Tintoret avait été célébré en 1548 par Andrea Calmo, dans Il Rimanente de le piacevole et ingeniose littere et par l’Arétin dans une lettre, qui loue son Miracle de l’esclave peint pour la Scuola Grande di San Marco.

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