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MARMITTA (Giacomo), Rime (1564)

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RIME/ di m. giacomo/ marmitta/ parmeg-/giano./ [fleuron]/ [marque : parit virtvs secvritatem]/ in parma,/ Appresso di Seth Viotto./ m d lxiiii.

In-4° [108] feuillets signés A4 A-Z4 a-c4 paginés [VIII] 198 [X dont I bl.] ; (93) non paginé, (95) mal chiffré 85. Marque sur le titre (68 mm ; Vaccaro, 161 ; Zappella, 810-811) ; bandeaux de deux types ; lettrines ; caractères romains.

Edition posthume des Rime de Marmita. Elle est procurée par son fils adoptif Lodovico Spaggi, qui les adresse au cardinal de Montepulciano [1] au service duquel lui-même sollicitait d’entrer. Le recueil, ouvert par une épître de l’imprimeur au duc de Parme, Ottavio Farnese (1524-1586), est composé d’un canzoniere de 186 pièces, dont 177 sonnets, d’une deuxième partie de 96 pièces spirituelles, dont 94 sonnets, de stanze et deux capitoli. Certaines pièces sont adressées au pape Paul III [2], à Dionigi Atanagi (2), Petronio Barbato, Pietro Bembo (2), Giacomo Cencio, Bernardo Cappello, [Stefano] Colonna, Vittoria [Colonna], le cardinal Comendone [3], Giovanni della Casa (2), Lodovico Dolce (2), Gandolfo Fuccio, Gualtiero (4), Francesco Maria Molza (3), Prato, Rossi (2), Saulio, Benedetto Varchi.

Les rime de Marmitta font entendre une voix d’une certaine originalité dans le chœur de la poésie italienne du milieu du siècle. Les pièces qui ouvrent le recueil s’imposent par le raffinement de leur construction, leur qualité rhétorique et leur virtuosité métrique (ainsi le sonnet ‘Vivo, già non vivo io, vive in me Christo…’). Elles assument une partie de la gravitas héritée de Della Casa, et, dans le traitement de certains lieux, retrouvent la mémoire de la tradition du stil novo. A côté d’une inspiration amoureuse, les pièces développent des considérations politiques et morales, sous la forme d’une déploration des vices du temps (le sonnet ‘Punta sfacciata, che da gli anni stanca…’ est imité de RVF 136), d’un échange lettré entre amis soucieux de « ragionar d’honore », ou d’un imaginaire pastoral. Les pièces de la seconde partie sont d’inspiration religieuse et pénitientielle, ainsi que l’indique le sonnet liminaire ‘Ecco ch’io pur con faticosa lena/ esco del labirinto, ov’io fui preso…’, et, tout en exprimant une parabole conforme au Canzoniere de Pétrarque, peuvent se rattacher à l’enseignement de saint Philippe Neri.

Hauteur : 210 mm ; témoins. Cartonnage ancien.

L. S. Olschki décrit un exemplaire du même volume dans une reliure de l’époque portant l’inscription « Ove ha vera virtù suo albergo fido/ Ben che basso e humil venir m’affido » (Le Livre en Italie à travers les siècles, Florence, Imprimerie Juntine, 1914, pl. lxxxiii).

→ Gamba, 1509 ; Vaganay, 1564, n° 4 ; Ascarelli-Menato, p. 79 ; Panizzi, 3625.

[1Giovanni Ricci (1497-1574), évêque de Siponto puis de Chiusi, créé cardinal en 1554, archevêque de Pise. Il avait fait édifier une vigne à Rome, l’actuelle Villa Médicis.

[2Alessandro Farnese, 1534-1549.

[3D’origine vénitienne, parent de Paul IV, évêque de Cefalonia (1523-1584), Giovanni Francesco Comendone, créé cardinal en 1564, fut légat en Allemagne et en Pologne.

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