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MEDICI (Lorenzo de’), Poesie volgari (1554)

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poesie volgari,/ nvovamente/ stampate,/ DI LORENZO/ de’ medici,/ che fu padre di Papa Leone :/ Col commento del medesimo sopra alcuni de’ suoi sonetti./ [marque : aldvs]/ Con priuilegio del Pontefice, & della Signoria di/ Vinegia, per anni xx./ in vinegia, m. d. liiii.

In-8° [204] feuillets signés A-N8 O4 P-Z8 2A-2C8 mal chiffrés (1) 2-5 11 7 11 9-35 18 37-99 110 101-108 113-149 (150) 151-189 180 191 182 193-205 [III]. Marque sur le titre (64 mm ; Fletcher) répétée sur le dernier feuillet. Lettrines ; caractères italiques. Il existe deux émissions, l’une avec un cahier O de 8 feuillets, la seconde avec un cahier O de 4 feuillets, la pagination passant de 108 à 113, mais la réclame commen- du f. O3 v° assurant la continuité de l’impression.

Un seul poème de Laurent de Médicis avait été publié, dans le recueil collectif de Giolito en 1545, trois dans le Libro quarto de 1551, trois dans le Libro sesto de 1553. L’édition collective des Poesie volgari, imprimée en 1554 par Paolo Manuzio offrit pour la première fois au XVIe siècle le corpus complet en vers et en prose. Le recueil contient 152 sonnets, quatorze canzoni, quatre sestine, dix capitoli et 171 stanze. L’éditeur avait pu se servir d’un manuscrit ayant appartenu à Pietro Bembo, et que le neveu de celui-ci, Torquato Bembo, lui avait transmis. Il intervint toutefois de façon drastique sur le texte afin de normaliser la langue, et opéra certaines coupes. Cinq pièces, les laudi III et V et les canzoni a ballo :

  • O Dio, o sommo ben, hor come fai…’
  • O maligno e duro core…’
  • Ben ch’io rida, balli e canti…’
  • E convien ti dica il vero…’
  • Una donna havea disire…’

ont été supprimées dans les exemplaires de seconde émission, conduisant à la substitution du cahier O originellement en 8 feuillets par un nouveau cahier de 4 feuillets. Selon certains critiques, cette intervention en cours d’impression aurait été imposée par Paolo Manuzio soucieux d’éviter la censure pour des vers licencieux ou simplement facétieux. Ces interventions contribuèrent surtout à donner un portrait poétique biaisé de Laurent de Médicis, dans lequel la dimension populaire était minorée au profit de la dimension lyrique et pétrarquiste, conforme au goût vénitien de l’époque.

L’édition offre également le commentaire composé par l’auteur, qui l’avait commencé en 1480. Ce texte est une étape importante dans le développement de l’exégèse poétique, qui trouve son origine dans la Vita nuova et le Convivio de Dante les grands modèles qui influencèrent Laurent de Médicis dans la glose de ses propres poèmes. Après un proemio et deux argomenti, 41 pièces en vers sont suivies d’un texte en prose, dans lequel Laurent, se servant de formules prises au commentaire sur Dante de Cristoforo Landino, analyse le sentiment amoureux en clés néo-platoniciennes. Il dresse un répertoire minutieux de la topique amoureuse depuis le stil novo, auquel il revient dans un dessein idéologique voué à célébrer la prééminence de la culture florentine au sein des lettres italiennes.

Les œuvres de Laurent de Médicis ne firent l’objet d’une nouvelle édition collective qu’en 1763 (Bergame, Lancillotti).

Hauteur : 151 mm. Demi- veau bleu, plats en cartonnage marbré (reliure du XIXe siècle).

Provenance : sur le titre, deux cachets armoriés peu lisibles mais d’origine britannique, l’un répété au verso du dernier feuillet.

→ Gamba, 648 ; Renouard, p. 279, n° 12 ; p. 162, n° 23 ; Brunet, III, 1568 ; Hastings Jackson, 450 ; Vaganay, 1554, n° 6 ; BL, 430 (4 exemplaires, des deux émissions) ; Ascarelli-Menato, p. 325-326 ; Medicea Laurenziana, 1002 ; Ahmanson-Murphy, 473.

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