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MINTURNO (Antonio Sebastiani, dit…), Rime e prose (1559)

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RIME ET PROSE/ del sig. antonio/ mintvrno,/ nvovamente mandate/ in lvce./ all’illvstrissimo sig./ don girolamo pignatello./ con licentia et privilegio./ [marque : et animo et corpori]/ in venetia appresso/ francesco rampazetto.

In-8° [132] feuillets signés *8 A-P8 Q4 paginés [XVI] 1-49 (48 49) 52-53 (52 53) 56-57 (56 57) 60-61 (60 61) 64-229 (302) 231-247 [I bl.]. L’exemplaire décrit est incomplet des feuillets Q5-8 et R4 contenant la table et des cahiers a-k8 contenant les Prose. Marque sur le titre (63 mm ; Vaccaro, 439 ; Zappella, 989-990) ; bandeau aux putti et bouc ; autre aux dragons ; lettrines ; caractères italiques.

Première édition des Rime de Minturno, procurée par Girolamo Ruscelli. Dans son épître de dédicace à Girolamo Pignatelli [1], Ruscelli, installé à Venise depuis plus de dix ans, célèbre la précellence de l’italien sur les autres langues ; il offre à l’illustre famille napolitaine cette édition faite sur un manuscrit qu’il avait reçu de l’auteur en personne. Ruscelli, qui avait lui-même séjourné à Naples en 1547-1549, avait probablement contribué à l’édition du traité De poeta, qu’il annonçait dans la préface de son propre traité Del modo di comporre in versi (Venise, Sessa, 1559). Dans son dialogue Minturno, overo de la bellezza, Torquato Tasso réunira précisément les deux auteurs.

Les Lettere de Minturno, publiées en 1549, apportent quelques précisions sur la composition de certaines pièces, de même que les traités théoriques de l’auteur offrent un intéressant essai d’auto-commentaire. L’édition des Rime procurée par Ruscelli divise le recueil en trois livres, les deux premiers proposant des formes métriques canoniques, le troisième ouvert à l’expérimentation, des Canzoni a imitazione degli antichi lirici. Cette répartition pourrait correspondre à une imitation de la structure des carmina d’Horace, auxquels fait une explicite référence le premier sonnet, et suit également une distribution rhétorique, exorde, narration et péroraison, d’origine aristotélicienne, que Giovanni Andrea Gesualdo avait reprise dans son commentaire de Pétrarque, sans doute à la suggestion de Minturno lui-même. Le recueil contient 191 sonnets et 50 poèmes divers, dont un ensemble de trois canzoni à la mode des anciens, en fait des odes dont deux suivent un schéma tripartite, volta, rivolta, stanza. La première de ces pièces avait été composée à l’occasion de la mort du marquis de Pescara [2], les deux autres sont adressées à Charles-Quint victorieux en Afrique [3].

Quelques pièces de Minturno avaient été publiées en 1553 dans le Libro terzo delle rime, consacré aux poètes napolitains ; elles étaient adressées à Maria di Cardona, marquise della Padula et comtesse d’Avellino, à qui précisément Gesualdo avait dédié son commentaire de Pétrarque. Une grande partie des rime publiées en 1559 avaient été composées dès le début des années 1530, après la mort de Sannazaro, auteur de référence de toute la réflexion de Minturno sur la poésie. Porteuses d’une certaine gravitas, elles échappent ainsi au modèle du pétrarquisme bembien pour mettre en valeur des références classiques, propres à la tradition humaniste napolitaine, en s’inscrivant dans des formes originales, églogues ou odes pindariques.

Etabli de 1553 à 1576 Calle della Rassa, Francesco Rampazetto imprima plus de 80 ouvrages.

Hauteur : 145 mm. Maroquin rouge, dos à cinq nerfs orné de filets et de fleurons dorés ; plats encadrés d’une large roulette entre deux filets doubles, tranches dorées (reliure moderne).

Provenance : signature et inscriptions manuscrites sur le titre : Aug. Steward 1566 ; au verso du feuillet 8, armoiries peintes d’Austen Stewardi ; ex-libris sum Augustai Serschalli liber ; cachet armorié effacé ; Ballesdens [académicien, mort en 1675 ; sa bibliothèque fut vendue l’année suivante ; Guigard, I, p. 70 ; J. P. Barbier-Mueller, Ma Bibliothèque poétique, IV, 4, 2005, n. 710] ; inscription [par le bibliothécaire Etienne Baluze (1630-1718)] Bibliothecæ Colbertinæ [bibliothèque fondée par Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV ; elle a été dispersée en 1728 ; Guigard, I, p. 165 ; J.-E. Girot, « Les livres de la Bibliotheca Colbertina à la Biblioteca Braidense de Milan », dans Arte della legatura a Brera. Storia di libri e biblioteche. Secoli XV e XVI, Milan, 2002, p. 37-54] ; autre inscription : Fred.r Nicolay.

→ Gamba, 1517 note ; Brunet III, 1736 ; Vaganay (édition non recensée) ; Ascarelli-Menato, p. 393-394.

[1Peut-être Girolamo Pignatelli († 1567), baron de Trentola. Fils de Camillo Pignatelli et de Giglia di Benringhieri Carafa, il avait épousé Laura Carafa, des seigneurs de Policastro.

[2Ferdinando d’Avalos (1489-1525).

[3A l’occasion de l’expédition de Tunis, en 1538.

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