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MUZIO (Girolamo), Battaglie per diffesa dell’ italica lingua (1582)

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BATTAGLIE/ di hieronimo mvtio/ Giustinopolitano,/ Per diffesa dell’Italica lingua,/ con alcvne lettere a/ gl’infrascritti nobili spiriti : cioè,/ Al Cesano, & al Caualcanti,/ Al Signor Renato Triuultio, &/ Al Clariss. Signor Domenico Veniero : col quale in/ particolare discorre sopra il Corbaccio./ Con vn Trattato, intitolato la Varchina : doue si cor-/reggono con molte belle ragioni, non pocchi er-/rori del Varchi, del Casteluetro, & del Ruscelli./ Et alcune bellissime Annotationi sopra il Petrarca./ con privilegio./ [marque : in dies arte ac fortvna]/ In Vinegia, Appresso Pietro Dusinelli. 1582.

In-8° [228] feuillets signés *12 A-Z8 Aa-Dd8 chiffrés [XII] 1-70 (72) 72-211 (112-113) 214-216 ; (49) imprimé à l’envers. Marque sur le titre (55 mm ; Vaccaro, 343 ; Zappella, 577) ; lettrines, caractères italiques. Fowler mentionne un premier état du titre sans la ligne « Per diffesa dell’Italica lingua ».

A la fin de sa vie, Girolamo Muzio avait réuni l’ensemble des textes d’argument linguistique, voués à la défense de la langue littéraire vulgaire, sans toutefois avoir le temps de les publier. En 1582, son fils Giulio Cesare en donna une édition posthume, dédiée à Antonio Eudemonoiani, comte palatin du Latran, colonel au service de Venise, descendant de la famille impériale des Paléologues.

Le recueil est constitué d’une suite de lettres à Gabriello Cesano (1490-1568) et à Bartolomeo Cavalcanti (1503-1562) sur le style de Boccace, à Renato Trivulzio [1], à Domenico Venier sur le Corbaccio de Boccace édité à Paris [2]. Muzio polémique vigoureusement contre Benedetto Varchi, défendant contre l’option étroitement florentine, une conception plus compréhensive de la langue non pas toscane mais italienne. Il s’en prend également à Castelvetro et à Ruscelli. Les textes réunis dans les Battaglie avaient été composés sur plus de trente ans, du début des années 1530, avec l’épître dirigée contre l’apologie du latin de l’humaniste bolonais Romolo Amaseo, aux années 1575, avec la Varchina et les Annotationi sopra il Petrarca. Ces dernières sont particulièrement importantes dans l’élaboration d’une langue poétique classique ; Muzio analyse la langue du grand poète toscan qu’il soumet au crible d’un purisme intransigeant, soulignant ce qu’il juge être ses erreurs et ses licences. Tout en reconnaissant à Pétrarque un rôle de premier plan dans le Parnasse italien, Muzio ne manque pas de mettre en évidence ses imperfections, lexicales, mais aussi métriques et stylistiques, au nom d’un goût épuré dont il avait donné la théorie dans ses Tre libri dell’arte poetica (Venise, 1551). Il recommande un canon linguistique plus large, intégrant Dante et Boccace et les formes les plus élégantes de son temps. Les Annotationi furent soigneusement étudiées au XVIIe siècle par Alessandro Tassoni qui en reprit la substance dans ses propres Considerazioni sopra la poesia del Petrarca (Modène, 1609). L’édition du Canzoniere publiée en 1711 à Modène intègre dans le commentaire, avec les Osservazioni de Ludovico Muratori, les remarques de Tassoni et celles de Muzio.

Le volume est imprimé par Pietro Dusinello, établi à Venise entre 1578 et 1597, qui produisit au moins vingt ouvrages recensés.

Hauteur : 156 mm. Vélin rigide ; dos à cinq nerfs, titre manuscrit, tranches bleues (reliure du XVIIIe siècle).

Provenance : signature sur le titre Ast.s Bard.s ; ex-libris manuscrit Hieronymi Mancini et mention d’achat du 20 août 1828 ; note bibliographique du même.

→ Fontanini -Zeno, Biblioteca dell’eloquenza italiana, Parme, 1803, I, p. 41-45 ; Gamba, 1528 ; Suttina, 212 ; Fowler, p. 379 ; BL, 458 ; Ascarelli-Menato, p. 427 ; Panizzi, 3937.

[1Probablement Renato Trivulzio († 1545), seigneur de Formigara, décurion de Milan, représentant de Milan au Concile de Trente.

[2L’édition du Corbaccio, procurée par Jacopo Corbinelli, avait été publiée à Paris en 1569, par Fédéric Morel.

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