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MUZIO (Girolamo), La Polvere (1545)

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La Poluere/ del Mutio.

[souscription] Stampato in Milano da Antonio Borgio/ l’Anno. M.D.XLV./ Con priuilegio dello Illustriss. Senato/ per anni tre.

In-4 [28] feuillets signés A-G4 paginés (1) 2-27 [I bl.]. Titre en caractères gothiques, texte en italiques.

Sous le titre modeste de La Polvere, Muzio avait l’ambition d’offrir un petit traité spirituel de grand prix. Dénonçant la folie du monde et ses vanités, considérant la misère de l’homme, il propose un renversement salutaire qui mène à Dieu via l’amour du Christ et les œuvres,

  • che si come dice Paolo appresso Dio non coloro che odono la legge, ma coloro che la esseguiscono saranno giustificati ; cosi dimostrandoci che quella giustificazione di fede, della quale egli in altri luoghi parla, senza le opere non basta alla nostra salute. (f. 23)

La construction du texte est particulièrement soignée. Chaque étape de l’argumentation, marquée par la représentation d’un vice, souvent illustrée de vers de Dante et de Pétrarque, est conclue par la sentence biblique « pulvis eris et in pulvere reverteris ». La seconde partie du traité, centrée autour de la figure du Christ, repose sur de nombreuses citations de l’Ecriture. Le traité marque la première prise de position publique de Muzio dans le débat religieux de son temps, en termes manifestement pauliniens mais anti-protestants.

Le poème est dédié à Maria d’Aragona (1503-1568), épouse d’Alfonso d’Avalos, marquis del Vasto, gouverneur de Milan. Dans son avis au lecteur, l’imprimeur, Antonio Borgo, établi à Milan entre 1539 et 1569, travaillant pour l’Accademia dei Trasformati, indique qu’il avait eu entre les mains une édition vénitienne de La Polvere, vilainement imprimée et très incorrecte « sordidamente stampata in Vinegia, et scoretta, et corrotta », estimant nécessaire de la réimprimer. On connaît une édition sans adresse, qui est peut-être celle que mentionne Borgo [1].

Hauteur : 204 mm. Demi-veau violine (reliure du XIXe siècle).

Provenance : ex-libris manuscrit sur l’avant dernier feuillet : Libro de [Christo]foro baregio et fra[tel]li.

→ BL, 459 ; Bologna, 354 ; Ascarelli-Menato, p. 158 ; DTE, I, 181.

[1Voir sur ce point A. M. Negri, in G. Muzio, Lettere, Alessandria, Edizioni dell’Orso, 2000, p. xlviii, n. 3.

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