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NELLI (Pietro) (sous le pseudonyme d’Andrea da Bergamo), Il Primo libro delle satire alla carlona (1548)

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IL PRIMO/ e secondo libro delle/ satire alla carlona,/ di messer andrea/ da bergamo./ [fleuron]/ Con gratia & Priuilegio per anni .x./ [marque] in vinegia/ Per Paulo Gherardo,/ m. d. xlviii.

In-8° [80] feuillets signés A-K8 chiffrés (1-2) 3-80. Marque sur le titre (53 mm), répétée au verso du dernier feuillet ; une lettrine ; caractères romains ; nombreuses manchettes.

Recueil de 16 satires en vers composées par Pietro Nelli, publié sous le nom d’Andrea da Bergamo ; l’attribution est confirmée dans le volume secondo (voir ce volume). Une première édition, imprimée par Comin da Trino pour Paolo Gherardo avait été publiée en 1546. Un Sicondo [sic] libro delle satire alla carlona, en 1547, à l’adresse de Comin seul. Les deux parties furent réunies en une édition collective en 1548, le premier volume portant l’indication « Il primo e secondo libro ». Le libraire Alessandro Viani mit en vente une nouvelle émission des deux volumes, ou leur réimpression à l’identique, à la date de 1565-1566.

Le volume est dédié par le libraire à Eugenio Singlitico un noble chypriote alors établi à Venise [1]. Les pièces sont adressées à Gentile Aldobrandi, Pietro Aretino (2), au signor Amaranco, Benedetto Barbarigo, Ercole Bentivoglio, Francesco Filetto, Jacopo Liorsi, monsignor Mignanello, Diomede Nelli Rogna, fils cadet de Giustiniano Nelli, au capitaine Flaminio Nelli, fils aîné de Giustiniano Nelli, Giustiniano Nelli (2), Sanfedonio [sic pour Sansedonio] [2], don Lorenzo Venturi, Marchio Zane. Les deux pièces pour Pietro Aretino (XIII-XIV) illustrent le genre bernesque de l’inversion parodique ; l’auteur développant le paradoxe que le bien doit être considéré comme un mal :

  • Mi sono dunque cacciato in fantasia
  • Di voler dirvi tanto mal del bene
  • Ch’io vi mostri che il bene è cosa ria. (f. 61)

Adressée à Ercole Bentivoglio, un des fondateurs du genre en langue italienne, la satire XVI offre les termes d’une sorte de casuistique amoureuse, en passant en revue toutes les situations dans lesquelles se trouve un amant ; elle joue d’un calembour sur le nom même du destinataire :

  • imbrattarvi questo foglio
  • Del ben del bene attacato a quel vostro
  • Manico generoso del ti voglio.

Dans les autres pièces, de façon plus générale et suivant la topique du genre, Nelli tient un discours moral, qu’il agrémente de descriptions pittoresques, de scènes de la vie quotidienne ou d’anecdotes parfois licencieuses. Le texte imprimé est accompagné de nombreuses manchettes à valeur de didascalies qui indiquent au lecteur la succession des arguments et des anecdotes, glosent certains termes rares ou appartenant au dialecte siennois, relèvent des proverbes ou indiquent des sources, en particulier le Decamerone. Sansovino recueillera huit satires (III-X) de ce premier livre de Nelli dans son anthologie publiée en 1560, sans modifications notables, mais sans les manchettes.

Le volume porte l’adresse du libraire Paolo Gherardo, établi à Venise, all’aquila, entre 1543 et 1560. Gherardo publia plus de 40 éditions, imprimées par Comin da Trino, G. M. Bonelli, les frères Nicolini da Sabbio ou Grifi.

Hauteur : 140 mm. Vélin rigide, dos long, pièce de titre, tranches rouges (reliure du XVIIIe siècle).

Provenance : au f. 21 : une correction manuscrite « ue la perdiam » à la place de « la sopponiam ». Ex-libris gravé Antonia Suardi Ponti [vers 1900 ; Gelli, p. 447 et repr. 1015].

→ Brunet, I, 266 ; BL, 27 ; Ascarelli-Menato, p. 383-384 ; Panizzi, 4000.

[1Probablement un fils de Zuan Singlitico ou Synclitico, comte de Rochas, un des principaux seigneurs de Chypre.

[2En 1550, Alessandro Sansedonio était chancelier de la république de Sienne.

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