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PENSA DI CIGLIARO (Girolamo), Epigrammi toscani (1570)

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[bandeau typographique]/ EPIGRAMMI/ toscani/ di fra/ girolamo pensa/ di cigliaro,/ cavalier di malta./ [marque : principis amor,/ civivm felici-/tas]/ nel monteregale/ m d lxx./ Con licentia de Superiori.

In-4° [188] feuillets signés A4 B-Y8 Z4 2a-2c4 paginés (1-2) 3-344 [XXXII]. Marque sur le titre (72 mm : Vaccaro, 119 ; Zappella, 477) ; petits bandeaux, lettrines, caractères italiques.

Recueil de 1103 épigrammes, dédié à Guglielmo Gonzaga, duc de Mantoue (1538-1587). Chaque épigramme, de deux à 18 vers hendécasyllabiques à rimes embrassées, explique un terme latin, une maxime, ou un nom par exemple « Bis dat qui tempestive donat » ou « Spurinæ verecundia », mettant en forme poétique un savoir humaniste réduit en lieux communs, tiré des compilations de Valère-Maxime, Lodovico Richieri, dit Cælius Rhodiginus, ou Lycosthenes (Conrad Wolfhard).

La tradition de l’épigramme est marginale dans la poésie italienne de la Renaissance. Outre les essais de Tolomei et de son cénacle, dans les Versi e regole de la nuova lingua toscana (Rome, Blado, 1539, voir ce volume), tôt oubliés, il revient en fait à Luigi Alamanni d’avoir défini précisément la forme canonique du genre, deux à quatre couples de vers hendécasyllabiques, à rimes plates, ou non rimés. Ses épigrammes, qui connurent une certaine diffusion manuscrite, furent éditées après sa mort, en 1589 seulement (Paris, Marc Orry), par les soins de Filippo Riva, avec d’autres pièces de son fils Battista Alamanni. Certaines d’entre elle toutefois avaient été publiées séparément dans le Libro quinto de le rime di diversi illustri signori napoletani (Venise, Giolito, 1555). Girolamo Pensa adopta la solution proposée par Alamanni, en privilégiant la rime embrassée. Quadrio rappelle également le précédent offert par Mario Colonna, « alquanti ne ha dati in luce impressi con l’altre sue opere », mais, il s’agissait d’épigrammes latines, recueillies dans ses carmina joints aux Poemata omnia de Pietro Angeli, publiés à Florence en 1568. Quelques autres poètes composèrent des pièces de ce genre, mais en utilisant l’octave, ainsi Marano d’Ascoli, dans ses Stanze sopra il Laocoonte, la Venere e l’Apollo (Rome, Valerio et Luigi Dorico, 1539), et surtout Gabriele Simeoni, dans la Vita et Metamorfoseo d’Ovidio figurato e abbreviato in forma d’epigramma (Lyon, Jean de Tournes, 1559).

Le volume est une production de l’atelier typographique de Mondovì. L’imprimeur florentin Torrentino avait accepté la charge d’imprimeur de l’université, que le duc de Savoie, Emmanuel-Philibert venait de fonder en 1560 ; en 1562, il avait ouvert une succursale sous le nom de Compagnia della Stampa, dont il confia la direction à Arnoldius Arlenius. Torrentino, qui mourut en 1563, fut remplacé par son fils Leonardo. Francesco Dolce et Francesco Borghesio, animèrent l’atelier de Mondovì jusqu’en 1572. Les presses furent ensuite transférées à Turin et confiées à Nicolò Bevilacqua.

Hauteur : 197 mm. Vélin rigide, dos à trois nerfs orné de filets et de fleurons dorés ; double encadrement de dentelles sur les plats, motif central losangé, semé de fleurons, de fleurs de lys et de M, le tout doré ; tranches lisses (reliure du XIXe siècle).

→ Vaganay, 1570, n° 5 ; BL, 497 (2 exemplaires) ; Bersano Begey, II, n° 1125 (recense 10 exemplaires) ; Ascarelli-Menato, p. 235-236 ; Panizzi, 4429.

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