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PETRARCA (Francesco), Il Petrarca (1538)

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IL PETRARCHA/ con l’espositione/ d’alessandro vellvtello/ e con piu utili cose in diuersi luoghi di quella/ nouissimamente da lui/ aggunte./ [fleuron]/ [portrait : petrarcha]/ con gratia e privilegio de la illvstris-/sima Signoria di Vinegia, che nessuno lo possa imprimere ne/ impresso uendere in tutto il suo dominio nel/ termino di cinque anni./ [fleuron]/ m d x x x v i i i.

[Souscription] Qui finiscono le uolgari opere del Petrarcha, cio è i Son./ le Canz. & i Triomphi : Stampate in Vinegia/ per Bartolomeo Zanetti Casterzagense, Ad/ instantia di Messer Alessandro/ Vellutello, e di Messer/ Giovanni Giolitto da/ Trino : Ne l’anno/ del Signore/ [fleuron]/ mdxxxviii.

Grand in-8° [212] feuillets signés A-Z8 2A-2B8 2C12 chiffrés [VIII] (I-II) III-VIII 9-160 [XLIV]. Portrait de Pétrarque sur le titre (ovale ; 94 mm), imité du portrait figurant sur le Petrarca spirituale de Malipiero (Venise, Marcolini, 1536 ; Zappella, Ritratti, 281) ; f. A4 v°-A5 : grande carte de Vaucluse à double page (199 x 251 mm). Texte en caractères italiques, encadré du commentaire en caractères romains.

Edition du Canzoniere accompagnée du commentaire d’Alessandro Vellutello [1] ; elle est dédiée à Jacopo, fils d’Agostino Doria [2]. Ce commentaire fut le plus diffusé au XVIe siècle, et ne connut pas moins de 28 éditions. La première fut publiée à Venise en août 1525, par Giovanni Antonio da Sabbio, avec une épître à Martino di Martino [Bernardini], dans laquelle Vellutello justifiait la modification qu’il apportait à la disposition des pièces. L’édition de 1538 est la quatrième, après celles que publia Bernardino de Vidali en mai [février] 1528 et en novembre 1532.

L’édition commentée par Alessandro Vellutello propose un texte qui suit un ordre en trois parties, tout différent de celui des éditions précédentes ; ainsi les dix premiers poèmes correspondent aux pièces i, iii, ii, xxii, iv, xx, v, ix, xii, xvii, xix, xviii, xxxi, clxxxiv, ccxxxi (éd. Contini). Les pièces sont redistribuées pour mettre en évidence la cohérence biographique de l’histoire d’amour évoquée par le recueil : la première partie, qui s’ouvre par le sonnet ‘Voi, ch’ ascoltate in rime sparse…’, rassemble tous les poèmes « che veramente in vita di M. L. si conoscano per la lor sententia da lui essere stati scritti, e che de suoi felici et infelici amorosi effetti et accidenti trattano ». La deuxième partie, s’ouvre sur ‘Oimè il bel viso ; oimè il soave sguardo…’, et réunit toutes les pièces consacrées à la mort de Laure ; ces deux parties contenant l’œuvre amoureuse à proprement parler. La troisième partie, commençant par la canzoneItalia mia…’, recueille les pièces de sujets divers, composées en divers temps et pour diverses personnes, en particulier les sonnets contre la cour pontificale. Suivent les sonnets de divers poètes, parmi lesquels manque le sonnet de Sennuccio del Bene, et les Trionfi.

Bartolomeo Zanetti, originaire de Casterzago près de Brescia, travailla d’abord à Florence avec les Giunti, puis s’établit à Venise, où il exerça entre 1535 et 1543, imprimant une quarantaine d’ouvrages, certains en grec. L’édition de Pétrarque a été partagée entre lui, Vellutello, et Giovanni Giolito, imprimeur-libraire originaire de Trino, établi à Venise depuis 1523, comme libraire et actif comme imprimeur entre 1536 et 1540, date de sa mort.

Hauteur : 204 mm. Cartonnage. Les initiales sont rubriquées.

Provenance : les sonnets anti-romains ont été sévèrement censurés d’une main ancienne ; signatures sur le titre Guglielmo Barti, et Mario Balassi [(1604-1667), peintre florentin, DBDI, V, 313] ; inscription manuscrite au verso du dernier (brouillon de lettre), datée 1633.

→ Brunet, IV, 548 ; Marsand, p. 46-47 ; Hortis, 60 ; Fiske, 31 ; Bongi, I, p. 7-8 ; Essling, 100 ; Sander, 5633 note ; Fowler, p. 96-97 ; BL, 504 ; Balsamo, Pétrarque (recense 8 exemplaires en France) ; Ascarelli-Menato, p. 368 (Zanetti), p. 373 (Giovanni Giolito) ; Ley, 124 (recense 39 exemplaires).

[1Originaire de Lucques, d’une famille noble, Alessandro Vellutello s’établit à Milan en 1516, puis à Venise en 1521 ; il est surtout connu pour son commentaire de Pétrarque, auquel il faut ajouter un commentaire de Virgile (Venise, 1534) et un commentaire de Dante, voir Dante Alighieri, Commedia, Venise, héritiers de Fr. Rampazetto, pour G. B. Marchio Sessa, 1578.

[2Giacomo Doria, sénateur de Gênes en 1546, fils d’Agostino Doria, de la branche des Doria d’Angri, et de Battina de Marini.

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