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PETRARCA (Francesco), Le Rime (1582)

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le rime/ del/ PETRARCA/ breuemente sposte/ per/ Lodovico Castelvetro./ Con priuilegio del Re christianisssimo./ [marque : kekpika]/ In Basilea ad istanza di Pietro/ de Sedabonis./ m d lxxxii.

[Souscription] Si fini di stampare il di 4. di Maggio m d lxxxii./ in Basilea.

In-4° [430] feuillets signés )(4 2)(4 A-Z4 Aa-Zz4 2A-2K4 2a-2z4 3a-3z4 Aaa-Ccc4 Ddd2 paginés [XVI] (1) 2-120 (121) 122-447 (1) 2-175 (176-177) 178-182 185 165 186-295 298-335 332 337-342 243-245 346-385 378 [II]. Marque sur le titre (82 mm) ; lettrines. Texte en caractères italiques, suivi du commentaire en caractères romains.

Edition des Rime et des Trionfi, d’après le texte de l’édition aldine de 1514, accompagnée du commentaire de Lodovico Castelvetro [1], et dédiée à Alfonso II, duc de Ferrare (1533-1597). Elle est procurée par Giacomo Castelvetro, neveu de l’érudit [2].

Dans la section des pièces hors recueil, aux sept pièces de Pétrarque données dans l’édition Brucioli, voir ci-dessus, sont ajoutés des sonnets de Geri di Gian Figliacci, Giovanni de’ Dondi, Sennuccio [del Bene], Jacopo Colonna ; il manque en revanche le sonnet de Strammazzo [di Perugia], qui figure dans l’édition de Gesualdo, ainsi que trois canzoni de Guido Cavalcanti, de Dante et de Cino :

  • Donna mi prega : perche voglio dire…’
  • Così nel mio parlar voglio esser aspro…’
  • La dolce vista, e ‘l bel guardo soave…’.

Outre l’écho qu’il rencontra en Italie (on conserve l’exemplaire annoté par Torquato Tasso et celui de Galilée), le volume connut une rapide diffusion en France : Jacques-Auguste de Thou en acquit un exemplaire qu’il fit relier à ses armes avant 1586 [3] ; on connaît un autre exemplaire, conservé à la Bibliothèque de Rennes, portant un envoi daté de juillet 1582, de Francesco Betti [4], un des collaborateurs de l’imprimeur Perna.

Pietro Perna [5], originaire de Villa Basilica près de Lucques, entra chez les Dominicains en 1533. Adepte des idées de la Réforme, il s’établit à Bâle, un des centres du « Refuge » italien, où il ouvrit une officine typographique, active de 1549 à 1582, vouée principalement à la propagande religieuse ; il imprima en particulier les textes d’Ochino, de Juan de Valdès, de Leonardi Masi. En 1572, il publia la Correttione à Varchi et Bembo de Castelvetro, en 1576, la Poetica d’Aristotile, avant de donner les Rime de Petrarque procurées par Castelvetro, qui accompagnaient dans son catalogue la traduction allemande des Trionfi (1578) due à Daniel Federmann von Memmingen. Perna utilisa souvent les pseudonymes et fausses adresses « Ad Perneam Lecythum », « Ad istanza di Pietro de Sedabonis » pour dissimuler l’origine bâloise et protestante de ses éditions.

Hauteur : 215 mm (l’exemplaire De Thou, en grand papier, mesure 222 mm). Veau marbré, dos à cinq nerfs, les compartiments chargés d’un décor doré aux petits fers, coupes guillochées, gardes marbrées, tranches dorées (reliure française de la fin du XVIIe siècle).

Provenance : signature sur le titre Pietro Melchiorri.

→ Brunet, IV, 553 ; Gamba, 727 ; Hortis, 122 ; Marsand, p. 86-87 ; Fiske, 35 ; Olschki, 43 ; Fowler, p. 110 ; BL, 50 (3 exemplaires) ; Balsamo, Pétrarque, 1582 (recense 14 exemplaires en France) ; Perini, n° 375, et p. 263 (indique 14 exemplaires en Italie) ; Panizzi, 4484 ; Ley, 318 (recense 80 exemplaires).

[1Sur ce personnage, voir L. Castelvetro, Ragione d’alcune cose segnate nella canzone d’Annibal Caro, s.l.n.n. [Modène, A. Gadaldino], s.d.

[2Fils de Nicolò Castelvetro, banquier à Modène et frère aîné de Ludovico Castelvetro, né en 1546, il connut une existence errante entre Genève, Bâle et Londres, où il mourut en 1616. Giacomo Castelvetro l’aîné avait un cousin avec lequel il est souvent confondu et qui connut lui aussi l’exil, Giacomo Castelvetro le jeune, fils de Giovanni Maria Castelvetro (1553-1593), autre frère de l’érudit, et de Guidana Molza.

[3Catalogus Bibliothecæ Thuanæ, t. II, p. 302, longuement décrit dans la catalogue de la Librairie Pierre Berès, LXXIV, [1983], n° 126.

[4Ancien secrétaire de Francesco Ferdinando d’Avalos, marquis de Pescara, Francesco Betti (1521-1590) s’était réfugié à Bâle en 1557, où il publia une traduction de Galien ; voir M. Welti, « Per le relazioni editoriali fra Francesco Betti e Pietro Perna », La Bibliografia, LXXXIX, 1989, p. 203-205.

[5Voir L. Perini, La Vita e i tempi di Pietro Perna, Rome, Edizioni di Storia e letteratura, 2002.

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