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PICCOLOMINI, Alessandro, Cento sonetti (1549)

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CENTO/ sonetti./ di. m. alisandro/ piccolomini./ [marque]/ in roma/ Appresso Vincentio Valgrisi ; / m.d.xlviiii.

In-8° [76] feuillets signés *8 A-H8 I4 non chiffrés. Marque sur le titre (60 mm : Vaccaro, 498 ; Zappella, 1034-1036), répétée au verso du dernier feuillet ; lettrines ; caractères italiques.

Recueil de cent sonnets dédiés par Alessandro Piccolomini à Vittoria Colonna [1]. Les pièces, de sujets amoureux et variés, sont adressées à Charles-Quint, Marzio Altieri, Romulo Amaseo, Andrea Angulo, Giulio Ardinghelli [2], Nomentano Balatroni, Andrea Baratti, Giovanmaria Benedetti, Alessandro Belanto [3], Giacomo Bonfadio, l’abbate Brisegno [4] (2), Ferrante Carafa, Annibal Caro, Annibal della Ciaia, Mar[co] Antonio Cinuzzi, Mino Celsi [5], le Cieco Intronato, Vittoria Colonna, Luca Contile, le Deserto Intronato [6], Antonio Fiordibello [7], Marcantonio Flaminio, Giacomo Gallo, [Luca] Gaurico, astrologue, Avvolle Giramondo [8], Giulia Gonzaga, Emanuele Grimaldi, Andrea Laguna [9], Caterina Landucci, Camilla de’ Leoni da Rio, Girolamo Mandoli, Salustio Mandoli, [le cardinal] Hernando de Mendoza (5), Filippo del Migliore, Luca degli Oddi, Tommaso Palmieri, Antonio Piccolomini, Sodo Intronato, Fabio Piccolomini, Lelio Pecci, Muzio Pecci (3), Porzia Pecci (2), le dottor Juan Perez [sic pour Páez] [10], Paolo Riccardo, Mariano Savello, Mario Savorniano, Ottavio Scotto, Giovanni Antonio Seroni (sur la mort de Pietro Bembo), Onorata Tancredi (2), Luigi Tansillo (2), Lelio Tolomei, Isifile Toscano, Marcello Tutti, Benedetto Varchi. Sonnets sur la mort d’Aurelia Petrucci, d’Alessandro Sozini, docteur en droit, sur le sépulcre de Pétrarque.

Ainsi qu’il l’indique dans son épître liminaire, Piccolomini propose dans le recueil des Cento sonetti un lyrisme rénové, éloigné des lieux communs du pétrarquisme alors dominant. Ses conceptions reprennent en partie celles de l’académie degli Infiammati, mettant l’accent sur une conception savante et civile de la poésie, voire morale, éloignée de tout vain jeu formel. Parmi les modèles pris en compte, Horace est l’objet d’une nouvelle appréciation, qui met en exergue l’apparent naturel de son style et sa facilité, ainsi que Vittoria Colonna, qui avait fait

  • conoscere al mondo che non è necessario, come stimano alcuni, che a sola materia amorosa s’accomodino i sonetti sempre, ma ad ogni altro onorato soggetto sono atti ancora, per santo e grave che egli sia.

Les Cento sonetti, composés dans les années 1540 sont comme l’illustration de ces prémisses. Piccolomini refuse de donner une suite narrative à la manière d’un canzoniere, mais soigne une dispositio imitée des odes d’Horace. En outre il introduit, à la manière d’une libre conversation entre amis (parmi les destinataires, des amis de Sienne, des confrères de l’Accademia degli Infiammati et les membres du cénacle romain réuni autour de Vittoria Colonna), des thèmes moraux et politiques, célébrant les vertus du loisir savant. Le thème amoureux lui-même, très réduit, s’éloigne du modèle pétrarquien en reprenant des éléments de la satire horatienne d’un réalisme assez franc. Le souci de proposer une langue poétique libérée du canon bembiste se manifeste également dans les choix métriques (22 formes différentes de sonnets), objets d’un souci marqué de variation et d’expérimentation.

L’ouvrage, soigneusement imprimé avec l’italique de Blado, a été publié par Vincenzo Valgrisi, au cours de sa brève activité romaine, dans l’officina Erasmiana (1549-1551).

Hauteur : 149 mm. Demi-veau brun, dos orné de fleurons dorés ; plats recouverts de papier marbré, tranches rouges (reliure de la fin du XVIIIe siècle).

Provenance : date 1803 sur le premier contreplat ; inscriptions du XIXe siècle.

→ Brunet, IV, 631 ; Gamba, 1573 ; Vaganay, 1549, n° 6 ; BL, 513 ; Ascarelli-Menato, p. 111.

[1Née vers 1525, fille d’Ascanio Colonna († 1557), duc de Paliano, et de Giovanna d’Aragona, des ducs de Montalto, Vittoria Colonna était la nièce de la poétesse Vittoria Colonna, marquise de Pescara. Elle avait épousé en 1552 don Garcia Alvarez de Toledo, fils du vice-roi de Naples.

[2Originaire de Florence, Giuliano Ardinghelli était secrétaire privé et homme de confiance du cardinal Farnese. Il remplit pour son patron de nombreuses missions auprès de Charles-Quint, et participa au Concile de Trente.

[3Siennois d’origine, ami de Mino Celsi et lié à Luca Contile ; il fut au service du cardinal Borromeo à Milan, puis entra au service de don Giorgio de Manrique. On connaît de lui un capitolo obscène, resté manuscrit (Florence, Biblioteca Nazionale).

[4Bernardino Brisegno, ou Breseño, fils de Cristoforo Brisegno, majordome de Raimondo di Cardona, à Naples. Il fut actif à Rome comme agent du roi d’Espagne, avant d’être nommé par Pie IV nonce à Florence.

[5Un des animateurs de la vie littéraire à Sienne. En 1569, soupçonné d’hérésie, il dut s’enfuir en Suisse ; sur ce personnage singulier, voir In hæreticis coercendis quatenenus progredi liceat : Poems - Correspondance, éd. P. G. Bietenholz, Naples-Chicago, 1982.

[6Antonio Barozzi.

[7Originaire de Modène, Antonio Fiordibello (1510-1574) fit ses études sous Lelio Gregorio Giraldi, en compagnie de Jacopo Sadoleto ; il entra au service du cardinal Contarini, puis de Pietro Bembo, qui lui confia l’éducation de son fils. Il laissa plusieurs ouvrages savants.

[8Pseudonyme de Giovanmaria Benedetti, également surnommé Giramondo ; d’origine siennoise, il avait participé à l’expédition de Hernán Cortés au Mexique. De retour dans sa patrie, il se rallia aux Français et combattit les troupes impériales.

[9Andrea Laguna (1494-c. 1560), médecin espagnol, auteur de plusieurs ouvrages, dont une Vie de Galien.

[10Juan Páez était au service du cardinal Mendoza et participa au Concile de Trente. Il est connu comme bibliophile, voir à ce propos D. Malvadi, « Juan Páez de Castro y los libros », in La Memoria de los libros. Estudios sobre la historia del escrito y de la lectura en Europa y America, Salamanque, 2004.

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