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PONTANO (Giovanni Giovanno, dit Pontanus), Opera (1505)

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pontani opera./ Vrania, siue de Stellis libri quinq[ue]./ Meteorum liber unus./ De Hortis hesperidum libri duo./ Lepidana siue postorales [sic] pompæ/ septem. Item Meliseus. Mæon Acon./ Hendecasyllaborum libri duo./ Tumulorum liber unus./ Neniæ duodecim./ Epigrammata duodecim./ Quæ uero in toto opere habeantur in Indice,/ qui in calce est, licet uidere./ [marque].

[souscription de la première partie] venetiis apvd ald. mense/ maio. m.d.v. [Souscription de la seconde partie] Venetiis in aedibus Aldi Ro. mense augusto m.d.v.

In-8° ; deux parties : [184] feuillets signés a-z8 non chiffrés et [58] feuillets signés aa-ff8 gg10 non chiffrés. Marque sur le titre (40 mm ; Fletcher 4 et A4) ; autre au f. gg10 v° (54 mm ; Fletcher 3 et A2) ; caractères italiques. L’index, sans douté établi sur la copie manuscrite, renvoie à des feuillets chiffrés, alors que le volume n’est ni chiffré ni paginé.

Première édition aldine des Opera de Giovanni Gioviano Pontano, publiée après la mort du poète. La première partie, dédiée à Johann Kollauer [Collaurius], contient le poème Urania et le Meteorum liber, dédiés à Lucio Francesco Pontano, les Libri de hortis hesperidum, dédiés à Francesco Gonzaga [1], marquis de Mantoue, les Lepidinæ pompæ, suivies de Meliseus, sur la mort de l’épouse du poète, de Meon, sur la mort de Paulus Artadus et d’Acon.

La seconde partie du volume est dédiée à Soardino Soardi. Elle avait été publiée une première fois en 1505 à Naples, chez Sigismondo Mayr par les soins de Pietro Summonte [2]. La section des Hendecasyllaborum libri, la plus importante, dédiée à Marinus Thomacella, contient 32 et 37 pièces. Le premier livre est consacré aux bains de Baies ; certaines pièces sont adresées à Thomacella, Petrus compater, Franciscus, Actius Syncerus [3], Ariana, son épouse, Alfonso, duc de Calabre [4], Joannes Branchatus [Giovanni Brancaccio] et Maritella, Pietro Summonte, Marullus (2), Francesco Caracciolo, Chariteo, Masius Aquosa. Le livre II est dédié à Thomacella ; certaines pièces sont adressées à Elysius Gallucius, Joannes Pardus, Franciscus Puccius, Franciscus Pudericus, Pietro Summonte, Antonius Galateus, Pietro Gravina [5], Manlius Rallus [Manilio Ralli], Petrus Paulus Sarranus, Soardino Soardi ; une pièce de Joannes Pardus. Le Tumulorum liber contient 24 pièces, les Neniæ, 12 pièces, suivies de 12 epigrammata.

Les poèmes de Pontano reflètent la variété de ses intérêts savants. Ils ont en commun un usage raffiné de la langue latine, une mise en forme mythologique des différents thèmes, une sensualité typique de la culture littéraire napolitaine, en termes élégiaques. Naples et sa venustas est célébrée comme le lieu de l’harmonie. L’Hendecasyllaborum liber met en scène une société vouée au loisir ; dans les églogues, cette inspiration est à la fois plus générale et plus discrète, liée au thème de la mort et au destin. L’autre versant de l’œuvre est consacré à l’expression poétique d’un discours scientifique. Dans l’Urania, composée entre 1456 et 1501, et qui prolonge le Liber meteorum consacré aux phénomènes atmosphériques décrits selon la conception d’Aristote, Pontano fait l’essai du poème astrologique, à la manière de ses contemporains Basinio et Lorenzo Bonincontri, donnant par la mythologie une dimension cosmique à la destinée humaine inscrite dans les corps célestes. Le poème De hortis hesperidum appartient quant à lui au genre didactique ; Pontano donne ses conseil pour la culture du cédrat et du citron, en développant le mythe de la métamorphose d’Adonis en fruit.

Alde avait annoncé dès la préface des œuvres de Stace, en 1502, son projet d’une édition de Pontano, dont les textes lui avaient été transmis par Soardino Soardi, de Bergame. L’édition connut un long retard, dû à la perte de la copie d’imprimeur. Une seconde édition des Pontani opera fut publiée chez Aldo en 1513, en fait une simple remise en vente des exemplaires restants, avec modification de la seule souscription, la faute « postorales » sur le titre n’ayant pas même été corrigée.

Hauteur : 160 mm. Vélin rigide, dos orné de fleurons dorés ; pièces de titre et de date rouge et verte (reliure du XIXe siècle).

Provenance : signature peu lisible sur le premier et le dernier feuillet ; note en marge du f. d3.

→ Renouard, p. 49, n° 4 ; Brunet, IV, 807 ; BL, 532 ; Ascarelli-Menato, p. 323-325 ; In Ædibus Aldi, 35 ; Medicea Laurenziana, 1244 ; Ahmanson-Murphy, 91 ; Aldo Manuzio tipografo, n° 93.

[1Francesco II Gonzaga (1466-1519).

[2Membre de l’Accademia Pontaniana, ami et élève de Pontano, Pietro Summonte (1463-1526) fut professeur d’éloquence au studio de Naples. Outre les Opera de Pontano, il procura les éditions de l’Arcadia de Sannazar (Naples, Mayr, 1504), et des Opere vulgari (Naples, 1509) de Cariteo.

[3Surnom de Sannazaro.

[4Alfonso d’Aragon (1448-1495), duc de Calabre (1458-1494), fils de Ferdinando I, auquel il succéda brièvement en 1494.

[5Pietro Gravina (c. 1452-1528), originaire de Palerme, précepteur de Giovanni Francesco di Capua, comte de Palena, et ami de Pontano. Son Poematum liber fut publié en 1532, à Naples, en une édition posthume procurée par son ancien élève.

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