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RINGHIERI (Innocenzo), Cento giuochi liberali (1553)

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CENTO GIVOCHI/ liberali, et d’ingegno,/ nvovamente da m. innocentio/ ringhieri, gentil’hvomo/ bolognese ritrvovati, et/ in dieci libri descritti./ [fleuron]/ [marque : virtvti omnia parent] in vinegia, per/ giovan maria bonelli./ m. d. liii.

In-4° [124] feuillets signés a-z4 A-H4 chiffrés (1-3) 4-39 50 41-122 [II dont I bl.]. Marque sur le titre (56 mm : Vaccaro, 292 ; Zappella, 844-845) ; autre, à la devise « cvm minerva manvm qvoqve move » et le chiffre z.m. b.v., au verso du feuillet H3 (70 mm ; Vaccaro, 291 ; Zappella, 994) ; lettrines ; caractères italiques.

Célèbre traité des jeux de société composé par Innocenzo Ringhieri et dédié à la reine de France, Catherine de Médicis. Le recueil contient les règles de 100 jeux et passetemps, cartes, dés, échecs. A la fin de chacune des dix parties figure un poème de l’auteur : deux poèmes en stanze, deux sonnets, un capitolo, deux madrigaux, une sextine, une ballata, une canzone, un distique, et le long poème de la Favola d’Aristeo e di Proteo (f. 70 v°-75). Hubert Philippe de Villiers donna de l’ouvrage de Ringhieri une traduction française (Lyon, Pesnot, 1555).

Le recueil avait été publié pour la première fois en 1551 (Bologne, Anselmo Giaccarelli). Montaigne possédait un exemplaire de cette édition [1]. La seconde édition, décrite ci-dessus, a été très soigneusement imprimée par Giovanmaria Bonelli, qui exerça de 1546 à 1569, et dont les héritiers prolongèrent l’activité jusqu’en 1576 ; on connaît plus de trente ouvrages sortis de leurs presses.

Hauteur : 208 mm. Veau brun, dos à 6 nerfs, orné de fleurons dorés, double encadrement de filets dorés et à froid sur les plats, fleurons aux angles, motif central doré : sinistrochère tenant un rameau à l’oiseau, tranches dorées (reliure parisienne du XVIe siècle, restaurée). Le fer central, décrit par A. Hobson & P. Culot (La Reliure en Italie et en France au XVIe siècle, Bruxelles, Bibliotheca Wittockiana, 1991, p. 102), est utilisé par l’atelier dit du « Pecking Crow Binder », actif à Paris vers 1535-1555, découvert par I. Schuncke (« Der Pariser Marx Fugger-Meister », Gutenberg Jahrbuch, 1952, p. 189-194 ; 1953, p. 164-171), et étudié par D. Miner en 1957, voir M. Foot, « A Binding by the Pecking Crow Binder », Davis Gift, cit., I, p. 130-135. Cet atelier, sans être l’atelier royal, travailla pour des amateurs appartenant à la cour ou de grands personnages, en particulier Marcus Fugger zu Nordendorf (1529-1597), fils d’Anton Fugger, le célèbre banquier d’Augsbourg.

Provenance : initiales manuscrites M.f. sur le titre, analogues aux initiales de Marcus Fugger figurant sur certains livres ayant appartenu à ce collectionneur [voir J. P. Barbier-Mueller, Ma Bibliothèque poétique, cit., t. III, p. 99. Contrairement à la plus grande partie des livres de Marcus Fugger, le volume ci-dessus décrit, ne porte pas le cachet de la bibliothèque des princes Öttingen-Wallerstein, à Maihingen, dispersée à Munich entre mai 1933 et mai 1934]. Plusieurs cotes anciennes ; signature Di Gianettino […].

→ Brunet, IV, 1268 ; Vaganay, 1553, n° 11 ; BL, 556 ; Ascarelli-Menato, p. 387 ; DTE, I, 169-171.

[1Paris, Bibliothèque nationale de France, Rés. Z Payen 500.

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