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Rime di diversi illustri signori napoletani. Terzo libro (1552)

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[fleuron] RIME [fleuron]/ di diversi/ illvstri signori/ napoletani,/ e d’altri nobiliss./ intelletti :/ nvovamente raccolte,/ et non piv stampate./ terzo libro./ allo ill. s. ferrante carrafa./ [fleuron]/ con privilegio./ [marque]/ in vinegia appresso gabriel/ giolito de ferrari/ et fratelli./ m d lii.

In-8° [208] feuillets signés A-Z8 2A-2C8 paginés (1-2) 3-108 108 110-402 40 404-413 [III]. Marque sur le titre (52 mm) ; autre (76 mm) au verso du dernier feuillet ; fleurons ; lettrines ; caractères italiques.

Alors qu’un Libro terzo varié avait été publié en 1550 par Andrea Arrivabene, suivi d’un Libro quarto bolonais, en 1551 (voir ce volume), Lodovico Dolce (1508-1568) poursuivit la série publiée chez Giolito par un troisième tome, les Rime di diversi illustri signori napoletani. Le recueil était dédié à Ferrante Carafa, marquis de San Lucido, un acteur majeur de la vie littéraire napolitaine. Né en 1509 dans une des premières familles de Naples, alors en butte à l’hostilité du vice-roi, fils de Federico Carafa, comte d’Archi et premier marquis de San Lucido, et de Giovanna Gallarati, de Milan, il avait reçu une formation humaniste sous Antonio Minturno et s’était voué à la carrière des armes. Fondateur de l’Accademia degli Ardenti, protecteur de Scipione Ammirato et poète lui-même, il laissa des mémoires [1], des Rime spirituali (Gênes, 1559) et Sei libri della Cara fè (L’Aquila, 1580) ; son œuvre majeure est le recueil l’Austria (1573) dédié à don Juan d’Autriche à l’occasion de la victoire de Lépante. Ferrante Carafa mourut en juin 1587.

Dans sa préface, Dolce se plaint de la mauvaise qualité des pièces qui lui avaient été envoyées, et surtout des copies très fautives qu’il avait reçues, qui « non contenevano né regola di ortografia, né accento, né distintione, o punto alcuno » ; il n’a pu, de ce fait donner qu’une édition sans ordre, composée au fur et à mesure de la réception des pièces, certains auteurs ayant même deux entrées. Il annonce une seconde édition corrigée, qui sous le titre de Libro quinto, prendrait sa juste place dans la collection (voir ce volume).

Le recueil contient 539 pièces de 45 auteurs et de nombreux anonymes, principalement des poètes vénitiens, les Napolitains ou méridionaux étant en fait en minorité, contrairement à ce qu’annonce le titre : Giovanni Battista Agrippa, Cesare Alberti (9), Giovanni Battista Amalteo (4), Pietro Aretino (2), Giovanni Battista Baselli (14), Giovanni Vincenzo Belprato (7), Ercole Bentivoglio (4), Lelio Capilupi (29), Bernardo Cappello, Annibal Caro (3), Ferrante Carafa (63), Angelo di Costanzo (31), Anton Francesco Doni, Antonio Epicuro [2], Bartolomeo Ferrino, Alessandro Flaminio (7), Cornelio Frangipane (2), Fabio Galeota (52, dont 3 élégies), Gandolfo, Antonio Gerardo, Giuliano Goselini, Pietro Gradenigo (17), Giuseppe Leggiadro Galani (40), Alfonso Mantegna, Merlo (18), [Antonio] Minturno (13), Giacomo Mocenico [Mocenigo] (8), Isabella di Morra [3] (9), Marino de Nordi, Pietro Percoto (2), Landolfo Pighini (7), Ascanio Presinace [Priscianese] da Squillace (5), Berardino Rota (33), Girolamo Ruscelli (5), Nicolò Spadaro, Sperone Speroni, Tommaso Spica (10), Luigi Tansillo (22), Bernardo Tasso, Giovanni Maria dalla Valle, Marco Vasio, le marquis del Vasto [Alfonso d’Avalos] (6), Domenico Venier (9), le comte Vinciguerra [di Collalto], Giacomo Zane (3) ; pièces en propose et risposte de Giuseppe Leggiadro Gallani à Agrippa et Goselini, de Ferrante Carafa à Costanzo, Epicuro, Rota, Ruscelli (2), Tansillo, de Ferrino à Bentivoglio, de Costanzo à Caro, de Rota à Caro et Carafa. Plusieurs pièces sont adressées à [Andrea] Alciati, Giovanna di Aragona, Lelio Capilupi, Vittoria Colonna, Antonio Caracciolo, Paolo Pascero, Giovanni Fabio Ricci, Giuliano Soldati. Une pièce sur la mort de Gianni Gieronimo [Giovanni Girolamo] Carafa [4].

Hauteur : 157 mm. Parchemin rigide, dos à cinq nerfs, orné de fleurons, armoiries dorées sur les plats (reliure du XIXe siècle).

Provenance : ex-libris manuscrit au feuillet 2C7 : E di Zacharia Caimo, et quelques corrections dans le texte [érudit milanais du XVIe siècle ; la bibliothèque Ambrosienne conserve un exemplaire du De curatione graecarum affectionum libri XII de Théodoret (Paris, 1519) portant la même provenance] ; armoiries du comte Girolamo d’Adda ; Francesco Melzi d’Eril (voir Rime diverse di molti eccellentissimi autori. Libro primo, Venise, G. Giolito de’ Ferrari, 1549).

→ Brunet, IV, 1303 ; Bongi, I, p. 356-357 ; Vaganay, 1552, n° 12 (d’après Quadrio II, 355) ; Ascarelli-Menato, p. 373-375.

T. R. Toscano, « Le Rime di diversi illustri signori napoletani : preliminari d’indagine su una fortunata antologia », dans Letterati, corti, accademie. La letteratura a Napoli nella prima metà del Cinquecento, Naples, Loffredo, 2000, p. 183-200 ; Tomasi, Alcuni aspetti, p. 91-93.

[1Editée par L. Volpicella, « Memorie di Ferrante Carafa, marchese di San Lucido », Archivio storico per le Provincie Napoletane, 1880, V, ii.

[2Originaire des Abruzzes, Marcantonio Epicuro (1472-1555) vécut à Naples ; il est surtout connu pour son œuvre dramatique, dont le Dialogo di tre cecchi (Venise, Sabbio, 1526).

[3Isabella di Morra (c. 1520-1546), née à Naples, assassinée avec son amant, don Diego Sandoval di Castro, par son frère.

[4Giovanni Girolamo Carafa della Stadera, mort en 1542. Il était fils de Rinaldo Carafello Carafa († 1561), seigneur de Cusano, et de Caterina Loffredo, et avait épousé Antonia fille de Vincenzo Carafa di Montefalcone.

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