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SANSOVINO (Francesco), Sette libri di satire (1563)

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[bandeau]/ SETTE LIBRI/ di satire/ di/ Lodouico Ariosto./ Hercole Bentiuogli./ Luigi Alamanni./ Pietro Nelli./ Antonio Vinciguerra./ Francesco Sansovino./ E d’altri scrittori./ con vn discorso/ in materia della Satira./ Di nuouo raccolti per Francesco Sansouino./ [marque : svperanda omnis fortvna]/ in venetia,/ Appresso Nicolò Bevilacqua. 1563.

In-8° [216] feuillets signés *8 A-Z8 Aa-Cc8 chiffrés [VIII] 1-206 [II dont I bl.] ; (156) mal chiffré 15. Marque sur le titre (41 mm ; Vaccaro, 279 ; Zappella 937) ; bandeaux ; fleurons typographiques ; lettrines ; caractères italiques.

Le volume des Sette libri di satire, l’antologie procurée par Francesco Sansovino (1521-1583), réunit les pièces illustrant le renouveau de la satire en vers ou lucilienne. Il contient les satires de l’Arioste, publiées pour la première fois en 1543, mais composées par le poète après sa rupture avec le cardinal Ippolito d’Este en 1517 et ses fonctions administratives en Garfagnana, sept pièces, adressées à Alessandro Ariosto et Lodovico da Bagno, Galasso Ariosto, Pietro Bembo, Annibal Malaguzzo (2), Sigismondo Malaguzzo, Bonaventura Pistofilo. Suivent les six satires d’Ercole Bentivoglio (1507-1573), adressées à Andrea Napolitano, Pietro Antonio Acciaioli, Antonio Musa [Brasavola], Bignone, Marco Flaminio, son frère ; la première édition collective de ces pièces, composées autour de 1530, avait paru en 1546 (Venise, Giolito, 1546, réimpressions en 1550, 1557-1558). Suivent des pièces d’Antonio Vinciguerra († 1502), qui constituent les véritables prototypes du genre, publiées pour la première fois en 1505 (huit satires, dont une pièce adressée à Giovanni Calderia). Les douze satires de Luigi Alamanni, recueillies non sans réserves par Sansovino, qui reproche au poète florentin un style élevé trop au dessus du sermo pedestris propre au genre. Ses pièces avaient été publiées dans le premier livre des Opere toscane, en 1532 [1] pour onze d’entre elles, adressées à François Ier (2), Albizzo del Bene, Antonio Brucioli, Giuliano Buonacorsi, le comte Annibale [Gonzaga] da Novellara, Tommasino Guadagni, Alessandra Serristori, Tommaso Sertini, [Giuliano] Soderini, évêque de Saintes ; une pièce sur la mort de Lodovico Alamanni. On conserve le manuscrit, copié par Giovan Maria di Leonardo Strozzi, à Avignon en 1528 [2]. Suivent huit satires de Pietro Nelli, déjà publiées en 1546 sous le nom d’Andrea da Bergamo [3] ; elles sont adressées à Gentile Aldobrandi, Amaranco, Francesco Filetto, Jacopo Liorsi, Diomede Nelli, Giustinani Nelli, le capitaine Flaminio Nelli, Sanfedonio.

L’éditeur ajoute au corpus canonique des auteurs contemporains, Lodovico Dolce (sept satires, dont une pièce adressée à Ercole Bentivoglio), Girolamo de’ Domini (une pièce, adressée à Nicola Manoali), Girolamo Fenaruolo (quatre pièces, adressées à Anton Pace, Vettor Ragazzoni, Domenico Venier, Adriano Willaert), de Giovanni Andrea dell’Anguillara (adressées au cardinal de Trente, pièce déjà publiée en 1555 dans les Opere burlesche [4]), enfin Sansovino lui-même (3 pièces, adressées à Alessandro Campesano, Giulio Doffi, Urbano Morlopino).

Ce recueil eut une importance considérable, confirmant la renaissance de la satire lucilienne en vers et l’adoption du modèle classique donné par Horace et Juvénal, en langue vulgaire. Sansovino avait donné en 1560 une première édition, précédée d’une préface capitale dans la définition du genre et sa codification. Le recueil, plusieurs fois réédité à Venise (Valvassore, 1565 ; Vidali, 1573 ; Zoppino, 1583), fut mis à l’Index, à Parme en 1580, puis dans l’Index de Sixte-Quint, en attendant correction, les satires de l’Arioste étant interdites, ainsi que l’œuvre d’Alamanni. Jean Vauquelin de La Fresnaye, l’inventeur du genre en français, fit un large usage des Sette libri di satire de Sansovino dans ses propres Satyres Françoises (Caen, 1604-1605) ; Henri III lui-même possédait un exemplaire de l’édition imprimée par Vidali en 1573 [5].

Hauteur : 152 mm. Veau marron, dos à 4 nerfs, double encadrement de filets à froid sur les plats, fleurons d’angle, grande réserve centrale en veau brun sombre reliure moderne).

Provenance : quelques annotations d’un lecteur du XVIe siècle ; cachet du Museum Britannicum et cachet de sortie Duplicate 1818.

→ Gamba, 1603 ; Agnelli-Ravegnani, II, 19-20 ; Hastings Jackson, 581 ; Index des livres interdits, dir. J. M. Bujanda, CER Sherbrooke - Genève, Droz, 1994, t. IX, p. 175, n° 489 ; Ascarelli-Menato, p. 395-396 ; DTE, I, p. 127-128.

P. Floriani, Il modello ariostesco. La satira classicista nel Cinquecento, Rome, 1988, p. 185-189 ; Poeti del Cinquecento, I, p. 1017-1070 [avec bibliographie critique] ; F. Tomasi, « Appunti sulla tradizione delle Satire di Luigi Alamanni », Italique, IV, 2001, p. 31-60.

[1Voir L. Alamanni, Opere toscane, Venise, P. Scheffer, héritiers L. A. Giunta, 1542, ainsi que les notices concernant les dédicataires.

[2Florence, Biblioteca nazionale, ms Magliabechiano VII 676.

[3Voir P. Nelli, Satire alla carlona, Venise, Paolo Gherardo, 1548 ; Delle satire alla carlona, Venise, A. de Viano, 1566.

[4Voir Il secondo libro delle opere burlesche, Florence, héritiers B. Giunti, 1555.

[5Catalogue de la Librairie Sourget, I [c. 1985], n° 32.

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