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SCROFFA (Camillo), I Cantici di Fidenzio (1565 ou 1574)

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I CANTICI/ di fidentio/ glotto crysio/ lvdimagistro,/ con aggivnta/ D’alcune vaghe compositioni/ nel medesimo/ genere./ di nvovo ristampati/ [étoile]/ ***/ [fleuron]/ */ in fiorenza.

In-8° [24] feuillets signés A-C8 paginés (1-4) 5-24 52 26-44 [IV dont II bl.] ; fleurons typographiques ; lettrines ; caractères italiques.

Curieux recueil de poésies pédantesques en style fidentien ou macaronique, mettant en scène un pédant, Fidenzio Glotto, amoureux d’un de ses élèves, le beau Camillo. Le modèle du personnage aurait été le magister de Padoue, Pietro Fidenzio Giunteo da Montagnana. Une première partie est constituée par un canzoniere, composé de seize sonnets, une sextine, deux capitoli, une épitaphe latine ; deux sonnets sont adressés à Bernardino Trinagio, et le capitoloO d’un alpestre scupolo più rigido…’ (f. 14) évoque les lettrés Bernardino Crisolfo [sic pour Grisolfo] et Bernardino Partenio. Une seconde partie réunit des textes d’autres auteurs, Iano Argiroglotto (une élégie, une canzonetta anacréontique et neuf sonnets), un capitolo adressé à Biondo par Filippo Terzi, une épitaphe latine et deux sonnets anonymes, dédiées aux verges, l’instrument emblématique du pédant.

Savoureux divertissement littéraire, les Cantici offrent à la fois une vigoureuse satire des pédants et une parodie du pétrarquisme, dans laquelle leur auteur, Scroffa, fait preuve de finesse et d’ironie ; on notera en particulier la réécriture du sonnet liminaire des RVF en ‘Voi ch’auribus arrectis auscultate…’ (f. 5), que le lexique (lingua etrusca, lanista, erubesco) dépouille de tout sérieux. La parodie repose de façon plus provocante encore sur l’inversion sexuelle et le choix bouffon des protagonistes de l’histoire d’amour, le pédant et le bel élève. Le sonnet ‘Le tumidule genule, i nigerrimi…’ (f. 6) adapte à la louange de l’amant les lieux pétrarquistes de la descriptio muliebris en leur donnant une forme hyperbolique marquée par les superlatifs placés à la rime (candidissimo, decentissimo, simmetratissimo, venustissimo).

Une première édition du recueil avait été publiée à Padoue en 1562 ; une seconde, la même année, sans indication de lieu ni d’imprimeur, mais probablement imprimée à Reggio Emilia, une troisième, en 1564, attribuée par Apostolo Zeno aux presses de Valente Panizza, à Ferrare, avec une dédicace datée du 20 avril, adressée à Giulio Susena. Une quatrième édition fut publiée en 1565 à Florence, suivie d’une réimpression vers 1574. Ces premières éditions furent suivies de onze autres éditions jusqu’au milieu du XVIIe siècle.

L’exemplaire de la Fondation Barbier-Mueller appartient à la quatrième édition (Florence, 1565 ou sa réimpression en 1574), procurée par Pierfrancesco Muzi et dédiée à Gherardo Spini. Ce dernier, secrétaire du cardinal de Médicis, était un lettré, auteur de différents ouvrages et de traductions, et il avait collaboré à l’édition des Rime e prose de Giovanni della Casa, publiée à Florence, par les Giunti, en 1564.

Hauteur : 162 mm. Cartonnage de l’époque.

Provenance : note sur le verso de la couverture : Leonardo Trissino Vicenza p.° gennaro 1807 Dono di Francesco Testa autore di Cantici fidentiani migliori di quanti ne uscirono dopo quelli del nostro Camillo Scroffa [le comte Trissino (1780-1841), de Vicence, ami de Léopardi] ; voir également P. Bembo, Rime, Venise, G. A. Nicolini da Sabbio, 1530, un autre livre de cette provenance.

→ BL, 307 ; Panizzi, 5307.

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