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STAMPA (Gaspara), Rime (1554)

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RIME DI MA-/donna gaspara/ stampa./ con gratia et/ privilegio./ [marque : virtvs dei donvm]/ In Venetia, per Plinio Pietrasanta./ m. d. liiii.

In-8° [104] feuillets signés 8 A-M8 paginés [XVI dont I bl.] (1) 2-49 54-55 52-61 58-59 64-177 [XV dont II bl.]. Marque sur le titre (52 mm ; Vaccaro, 430 ; Zappella, 1201) ; bandeau au mascaron (longueur : 62 mm) ; autre à rinceaux ; lettrines, fleurons typographiques. Caractères italiques ; le volume a été imprimé avec le matériel de Francesco Marcolini.

Edition posthume des Rime de Gaspara Stampa, procurée par la sœur de celle-ci, Cassandra, avec l’aide probable de Giorgio Benzone. Le recueil est dédié à Giovanni della Casa, et Cassandra Stampa justifie cette dédicace au nom de la grande admiration dont témoignait sa sœur pour le poète :

  • la quale vivendo sempre hebbe per mira vostra Signoria Reverendissima, come uno de’ più belli lumi d’Italia, […] portando a cielo i suoi dottissimi, leggiadrissimi e gravissimi componimenti al pari di tutti gli antichi e moderni che si leggono. (f. 2)

Gaspara Stampa avait elle-même reçu de Francesco Sansovino la dédicace de la leçon que Benedetto Varchi avait tenue devant l’Accademia degli Infiammati à Padoue en 1540 sur le sonnet ‘Cura che di timor ti nutri…’ de Giovanni della Casa.

Le canzoniere est composé de 215 sonnets, deux canzoni et deux sextines, placés sous la référence pétrarquienne, dès le premier sonnet, ‘Voi ch’ascoltate in queste rime…’. Il est adressé à un seigneur non nommé, en fait, le comte Collaltino di Collalto [1], amant de la poétesse, et évoque leur amour de façon très distanciée, en un style que l’on a pu qualifier d’épistolaire. Une deuxième partie, placée sous le patronage du roi de France Henri II, renferme 64 sonnets et une canzone encomiastiques. Les pièces sont adressées à Henri II, Catherine de Médicis, Luigi Alamanni, Balbi, Barozza, le comte [de Collalto], [Leonardo] Emo, Fortunio, Guiscardo (2), Michiel, Molin (2), Priuli, Soranzo, [Sperone] Speroni, Tiepolo, [Domenico] Venier, Vinciguerra (2). Suivent six capitoli et 19 madrigaux.

Hauteur : 143 mm. Veau brun, dos à cinq nerfs orné de fleurons dorés, double cadre de filets sur les plats, fleurons d’angle, décor central de fers courbes et de fleurons, titre au centre, tranches rouges (reliure moderne, pastiche de reliure vénitienne de l’époque).

Provenance : ex-libris Charles Filippi [vente Paris, 21. 10. 1994, n° 67].

→ Quadrio, II, 239 ; Gamba, 1659 ; Brunet, V, 1554 ; Vaganay, 1554, n° 9 ; BL, 639 ; Ascarelli-Menato, p. 395 ; Rhodes, Silent Printers, p. 250 ; Panizzi, 5491.

[1Né en 1523 à San Salvatore di Collalto, dans la Marche de Trévise, le comte Collaltino di Collalto, était issu d’une antique famille féodale prétendant descendre des rois lombards, inscrite en 1306 au patriciat de Venise. Après de nombreuses campagnes et des missions en France et en Angleterre, il épousa, en 1557 Giulia Torelli, des marquis de Cassei. Plus tard, accusé de trahison par la république de Venise, il se réfugia à Mantoue. Conjuguant les lettres et les armes, il laissa quelques poèmes, publiés en 1545 dans les Rime diverse.

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