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TANSILLO (Luigi), Le Lagrime di san Pietro (1588)

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le lagrime/ DI S. PIETRO/ del sig. lvigi/ tansillo,/ [fleuron]/ di nvovo ristampate/ con nuoua gionta delle lagrime della Ma-/dalena del Sig. Erasmo Valuassone,/ et altre rime spiritvali,/ del molto R. D. Angelo Grillo, non più vedu-/te, & ora nouamente date in luce./ [vignette]/ in carmagnola,/ Appresso Marc’Antonio Bellone. Mdlxxxviii./ Con licenza de’Superiori.

In-8° [184] feuillets signés A8 A-X8 Y8 chiffrés [VIII] 1-71 27 73-144 154 146 157-174 177 176 175 178 [VII-I bl.] ; l’exemplaire décrit ne comporte pas le dernier feuillet, qui est blanc. Figure de la Crucifixion sur le titre (33 mm), répétée au f. Y ; f. V3 : autre (42 x 54 mm) ; grand bandeau au mascaron ; lettrines ; fleurons. Caractères italiques ; le cahier Y est imprimé en romain.

On rapporte que par pénitence, pour avoir composé les vers obscènes du Vendemmiatore, Tansillo fut incité à écrire ce long poème sur les regrets de saint Pierre après qu’il eut par trois fois renié le Christ. Il lui consacra plus de vingt-quatre ans. En 1560, il en publia une première version, en quarante-deux stances, tout en continuant à amplifier son œuvre. A sa mort, toutefois, en 1568, le poème, en 911 stances, restait inachevé. Giovanni Battista Attendolo (1536-1593) en donna une version « définitive », en apportant de nombreuses corrections au texte, qu’il modifia en profondeur, suivant les préceptes de l’esthétique tridentine. Toute éloignée qu’elle était du dessein même de l’auteur, cette édition, publiée en 1585 (Vico Equense, par G. Caggi [Cacchi] et Giovanni Battista Cappello), suscita l’enthousiasme de ses premiers lecteurs ; dans une lettre à Attendolo, du 23 février 1585, Scipione Ammirato pouvait écrire « mi han cavato le lagrime dagli occhi in tanta abbondanza, che è una maraviglia ».

Une deuxième édition de la version longue des Lagrime di San Pietro de Tansillo parut en 1588 à Carmagnola. Elle est augmentée d’un Dialogo spirituale de Torquato Tasse et des Lagrime di S. Maddalena d’Erasmo di Valvasone (1528-1593), en 76 stanze, ainsi que d’un Capitolo al Crocefisso nel Venerdì Santo, du P. Angelo Grillo (1557-1629) [1], religieux de l’ordre des Bénédictins du Mont-Cassin. Cette pièce a peut-être été ajoutée en cours d’impression, ainsi que l’atteste la différence d’impression et le fait que le cahier qui le contient n’est pas chiffré. Le volume est imprimé par Marcantonio Bellone de Gênes, qui avait établi à Carmagnola, un atelier, actif de 1584 à 1621. Il fut réimprimé à Venise en 1592 et 1596.

En 1606, Tommaso Costo donna une nouvelle édition des Lagrime di San Pietro, en revenant à la version originale. Sous ses deux avatars, le poème connut une brillante fortune française. En 1587, Malherbe fit une traduction, ou plutôt une paraphrase du texte de l’édition de 1560, beaucoup plus « baroque » que l’original, qu’il dédia au roi Henri III, recevant en récompense une gratification de 500 écus. En 1595, Robert Estienne donna sa propre traduction en stances, très fidèle à l’original. On ajoutera une version des Lagrime di S. Maria Maddalena de Valvasone, par Siméon-Guillaume de La Roque, publiée dans Les Œuvres de celui-ci (Paris, Veuve Claude de Monstr’oeil, 1599, p. 785-804 [2]).

Hauteur : 142 mm. Cartonnage vélin moderne (signé Honegger).

→ Bersano Begey, II, 976 ; Zunino, p. 80 ; Ascarelli-Menato, p. 231 ; DTE, I, 92-98.

[1Sur ce personnage, voir Rime di diversi celebri poeti dell’età nostra, Bergame, C. Ventura, 1587.

[2Voir J. P. Barbier-Mueller, Ma Bibliothèque poétique, IVe partie, t. II, p. 182-184, t. IV, p. 166 ; 449-452.

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