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TASSO (Torquato), Gerusalemme conquistata (1615 [1595])

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di/ GERVSALEMME/ conqvistata./ del sig. torqvato/ tasso./ libri xxiii./ [portrait]/ in parigi,/ Appresso Abel l’angelieri/ nella prima colonna del palazzo./ m.d. cxv.

In-12 [480] feuillets signés ã 12 A-Z12 Aa-Qq12 chiffrés [X-II bl.] 1-18 (19) 20 (21) 22-37 3 39-57 43 59-60 62 62-88 88 90-92 95 94-130 119 132-186 179 188-197 819 199-220 22 222 224 224 223 226 225 228 230-241 239-241 243 243-255 259 257-289 250 291 278 193-198 169 200-208 10 210-231 231-243 245-264 247 266-290 261 292-361 [III dont II bl.] ; Y4 mal signé Y3 ; Z5, Z ; Aa, A. Portrait de Torquato Tasso gravé sur le titre (39 x 42 mm ; cfr. Zappella, Ritratti, 329) ; bandeau au visage d’Indien, au chiffre P H [Pierre Hury] ; bandeaux typographiques ; fleuron aux cornes d’abondance ; autre à tête de Méduse (f. Qq11) ; lettrines. Il existe trois états du titre, toutes trois à la date erronée « m.d.lcxv », avec mention de la dédicace au cardinal Aldobrandini, à la date « m.m.xcv », ou à la date « m.d.cxv ».

La Gerusalemme conquistata constitue le dernier avatar du Goffredo et de la Gerusalemme liberata, voulu par Torquato Tasso, qui orienta décisivement le poème vers le merveilleux chrétien et l’esthétique tridentine. La première édition, procurée par Angelo Ingegneri, avait été publiée à Rome, en 1593, chez Guglielmo Facciotti. Elle était dédiée au cardinal Cinzio Aldobrandini (1551-1610), neveu du pape Clément VIII. Le texte fut transmis au libraire parisien Abel L’Angelier, bien lié aux milieux romains. L’Angelier fit imprimer, par Pierre Hury une version in-12, qui venait à la suite de la traduction de la Liberata par Blaise de Vigenère, donnée la même année. Cette édition de la Conquistata fut condamnée par le Parlement de Paris dès le 1er septembre 1595 : on lui reprochait dix-neuf vers (f. Ii2 chiffré 270), « Sisto, à l’opre là giù pietose intento […] », célébrant Sixte-Quint et traçant un sombre portrait de la France. Le libraire fut condamné à supprimer ces vers des exemplaires en vente. Contrairement à ce que prétendent de nombreux bibliographes, il ne semble pas exister d’exemplaires dans lesquels ces vers auraient été effectivement supprimés. La date « m.d.cxv » sur le titre est erronée et n’indique pas une seconde émission du volume, vingt ans après la première, le libraire étant mort en 1610.

Hauteur : 151 mm. Basane brune, dos orné de filets et de fleurons dorés, pièce de titre rouge, tranches rouges (reliure du début du XIXe siècle).

Provenance : inscription manuscrite sur le titre Ex libris J. H. Vimeur ; inscription au verso du dernier feuillet.

→ Gamba, 964 ; Brunet, V, 669 ; BL, French Books, 414 (3 exemplaires) ; Bingen, 652 (recense 13 exemplaires) ; Carpané, p. 680 (recense 34 exemplaires) ; Balsamo-Simonin, n° 263 (recensent 46 exemplaires et donnent le détail de la condamnation) ; Edizioni tassiane, 87.

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