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TORELLI (Pomponio), Rime amorose (1575)

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[première ligne dans un cartouche] Rime Amorose/ DEL CONTE/ pomponio torelli/ detto il perdvto,/ nell’academia/ de gli illvtri signori/ innominati di parma./ [armoiries]/ in parma,/ appresso seth viotti. m d lxxv.

In-4° [84] feuillets signés + A-V4 chiffrés [IV] 1-66 97 68-75 [V] ; (47) imprimé à l’envers. Armoiries des Farnese sur le titre (75 mm) : « d’or à six fleurs de lys d’azur disposés 3, 2 et 1, au pal de gueules chargé du gonfanon de l’Eglise sur le tout » ; marque au verso (103 mm) : « la sicvrezza nasce dalla virtvde » (Vaccaro, 161 ; Zappella, 810-811) ; lettrines ; fleurons typographiques ; caractères italiques.

Première édition des Rime de Pomponio Torelli, dédiée à Ersilia Farnese (1565-1596). Celle-ci, fille naturelle d’Ottavio Farnese, duc de Parme, et d’une dame non identifiée, épousa en 1579 Renato Borromeo, comte d’Arona. Le recueil, d’inspiration néo-pétrarquienne, comprend 137 pièces, dont 105 sonnets, onze madrigaux, huit canzoni, quatre sextines cinq églogues, la première en endecassilabi sciolti, la deuxième et la quatrième en stanze, la troisième et la cinquième en terzine, un capitolo et trois pièces, respectivement de 20, 7 et 100 stances ; cette dernière pièce recevra le titre de Il sogno del perduto dans l’édition suivante du recueil.

La disposition marque une évolution par rapport à la structure habituelle du canzoniere : la division en deux parties correspond en effet moins à une opposition thématique ou narrative qu’elle ne répond à des raisons métriques et formelles. Les différentes pièces trouvent une certaine unité dans la reprise subtilement variée d’un thème dominant, celui du regard ou la vue, si bien que l’on a pu qualifier le recueil de visione à la manière du Trecento. Torelli fait usage du langage néo-pétrarquiste de son époque, mais cherche à lui insuffler une nouvelle vitalité en le pliant à des structures métriques et syntaxiques complexes ; la sextine ‘Hor che Zephiro e ’l pigro gielo…’ donne le meilleur exemple de la nouvelle combinaison des termes et des références pétrarquiennes dans une forme complexe selon un jeu que l’on pourrait qualifier de maniériste. Le sonnet ‘Gli occhi soavi, ond’ io soglio haver vita…’ (f. 10) illustre cette tension qui parcourt la poésie lyrique de Torelli : construit sur les seules mots vita et morte à la rime, il suit le modèle d’un sonnet de Giacomo Marmita composé vingt ans plus tôt (voir G. Marmitta, Rime, Parme, S. Viotti, 1564), dont il varie le schéma des rimes (abba abba aba bab à la place de abab abab aba bab) en une émulation de virtuosité. Torelli donnait à son poème une densité accrue de figures rhétoriques fortes, oxymores, chiasmes, oppositions. Dans l’ensemble du recueil, en véritable archéologue de la langue poétique, Torelli ajoute aux citations et reprises des RVF des références et des allusions à des formes de poésie plus anciennes, témoignant de sa connaissances des poètes du Stil novo, et dans certaines pièces, il développe une veine pastorale très raffinée.

Hauteur : 209 mm. Vélin souple à recouvrements, trace de lacets (reliure de l’époque).

Provenance : ex libris sur le titre Antonii […] 1629.

→ Vaganay, 1575, n° 4 ; BL, 676 ; Ascarelli-Menato, p. 79 (et reproduction planche 8) ; Panizzi, 5771.

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