accueil

TRISSINO (Gian Giorgio), La Sofonisba (1529)

1

la sωphωnisba/ dεl trissinω.

[souscription] Stampata in Vicεnza per Tωlωmεω Ianiculω,/ Nεl m d xx i x./ Di Maggiω.

In-4° [52] feuillets signés a-n4 non chiffrés. Caractères italiques.

La Sofonisba de Trissino est la première tragédie moderne à l’antique, construite sur le modèle de celles de Sophocle et d’Euripide, respectant les unités de lieu et d’action. Le sujet, tiré de Tite-Live, expose le courage de la reine de Numidie, Sophonisbe, qui se suicide plutôt que de supporter la servitude. La pièce, composée en 1514-1515 est adressée au pape Léon X. Dans sa dédicace, le poète se justifie d’avoir composé, en italien, une tragédie en vers libre, endecasillabi sciolti, rompant avec la tradition de la terza rima et de l’octave.

La première édition fut imprimée au mois de juillet 1524 par Lodovico degli Arrighi ; on conserve l’exemplaire de dédicace sur vélin (Rome, BAV). La pièce fut réimprimée en septembre de la même année. Une troisième édition parut en mai 1529, à Vicence, imprimée par Tolomeo Gianicolo, avec les révisions de l’auteur, portant en particulier sur l’emploi des lettere aggiunte. La Sofonisba connut un très grand succès et fut souvent réimprimée : avant 1538 par Paganini à Toscolano, et au moins neuf fois à Venise avant 1587. Traduite en français par Mellin de Saint-Gelais, elle fut représentée devant la cour, à Blois, en 1556, pour Marie Stuart, qui prit part au spectacle. La traduction française fut imprimée à Paris, en 1559, par Richard Breton et Philippe Danfrie, en caractères dits de civilité ; l’opposition des caractères de chancellerie français aux caractères de chancellerie italiens peut être considéré comme l’expression allégorique des relations lettrées, souvent conflictuelles, entre la France et l’Italie à la Renaissance.

Hauteur : 191 mm. Parchemin rigide, titre doré au dos, tranches bleues (reliure du XVIIIe siècle).

Provenance : ex-libris armorié gravé James Randall.

→ Gamba, 1710 ; Birrel & Garnett, 113 ; Hastings Jackson, 661 ; Clubb, 854 ; BL, 681 (4 exemplaires) ; Bregoli Russo, 609 (éd. 1524) ; Galante, n° 13 ; Ascarelli-Menato, p. 465-466.

© 2000-2017 Tous droits réservés - Fondation Barbier-Mueller pour l'étude de la poésie italienne de la Renaissance. Design : Aldemos |