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TULLIA D’ARAGONA, Rime (1547)

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RIME DELLA/ signora tvllia/ di aragona ; et/ di diversi/ a lei./ [fleuron]/ con privilegio./ [marque : semper eadem et de la mia morte eterna vita i vivo]/ in vinegia appresso gabriel/ giolito de ferrari./ m d x l vii.

In-8° [40] feuillets signés A-E8 chiffrés 40. Marque g g f sur le titre (54 mm ; Zappella, 535-537) ; fleurons ; lettrines ; caractères italiques.

Première édition des Rime de Tullia d’Aragona, dédiée à Leonora de Toledo (1522-1562), duchesse de Florence ; deuxième fille de don Pedro de Toledo, vice-roi de Naples, elle avait épousé Cosme Ier de Médicis en 1539. Le recueil, qui contient 36 sonnets, une stanza et un poème en sestine, suscita plus d’intérêt pour sa structure très élaborée et pour les raisons mondaines autant que littéraires, qui avaient conduit son auteur à le publier, que pour ses qualités proprement poétiques. En dépit d’une belle maîtrise formelle dans l’art du sonnet, il n’est guère possible en effet d’y distinguer une voix personnelle et encore moins une véritable vocation littéraire. Défini comme une véritable « anthologie chorale » en raison du nombre de textes de caractère épistolaire qu’il contient, le recueil a pour but principal de mettre en évidence la poétesse au sein d’une société lettrée et de célébrer les protections dont elle bénéficiait : d’une part le duc et la duchesse de Florence, ainsi que Maria Salviati de’ Medici [1], don Luigi de Toledo [2], don Pedro de Toledo, et d’autre part les co-éditeurs du volume, Benedetto Varchi et Girolamo Muzio, auteur de 28 sonnets et d’une églogue, Ugolino Martelli, un protégé de Varchi, le prédicateur Bernardino Ochino, Pietro Mannelli, ainsi que le colonel Luca Antonio, le cardinal Bembo, Ridolfo Baglioni, Francesco Crasso, Francesco Maria Molza, Emilio Tondi, Tiberio Nari. Par sa disposition et les pièces annexes destinées à augmenter la matière poétique très grèle de la seule Tullia, le recueil offrit un modèle à d’autres recueils encomiastiques pour nobles dames, un genre qui se développa dans la seconde moitié du XVIe siècle sous la forme du Tempio. Il est probable que le recueil de Tullia a été connu en France et qu’il a servi de modèle aux éditeurs des Œuvres de Louise Labé (Lyon, J. de Tournes, 1555). Giolito donnera deux autres éditions des Rime, en 1549 et en 1560.

Hauteur : 149 mm. Parchemin rigide, tranches vertes (reliure du XVIIIe siècle). A la suite, Laura Terracina, Rime, ibid., 1548.

Provenance : signature Vincenzo Alizardi 1834 ; cachet armorié d’une Biblioteca civica.

→ Quadrio, II, 235 ; VI, 582 ; Brunet, I, 373 ; Bongi, I, 150 ; Vaganay, 1547, n° 2 ; BL, 36 ; Edit XVI A-2044 (12 exemplaires) ; Ascarelli-Menato, p. 373-375.

[1Mère du duc Cosme de Médicis

[2Don Luis de Toledo, 3e fils de don Pedro ; né en 1520, destiné à la carrière ecclésiastique, il fit des études de droit à Naples et fréquenta longtemps la cour de Florence, pour laquelle il accomplit diverses missions. Déçu dans ses ambitions, il revint à l’état laïc et épousa Violante Osorio de Moscoso.

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