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BENTIVOGLIO (Ercole), Le Satire et altre rime… (1546)

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LE SATIRE | et altre rime | piacevoli del | signor hercole | bentivoglio. | [fleuron] | Con Gratia & Priuilegio. | [emblème] | In Vinegia Appreßo Gabriel | Giolito de Ferrari. | mdxlvi.

In-8°, mm 14,5 × 9,5, [1] 27 [2], feuillets signés A8-B8 D4, chiffrés 2-27, caractères italiques, marques typographiques (phœnix sortant d’une amphore en flammes sur laquelle sont inscrites les initiales « G G F » pour la page de titre et phœnix sur un globe, orienté vers le Soleil, sur lequel sont inscrites les initiales « G G F »).

Première édition des Satires et altre rime d’Ercole Bentivoglio (Mantoue 1507-Venise 1573), parue chez Giolito de’ Ferrari en 1546. On en compte trois rééditions, toutes chez l’éditeur vénitien, en 1550, 1557 et 1558.

Ercole Bentivoglio est le dixième fils du condottiere Annibale Bentivoglio, ’condottiere’ dont l’exil de la famille fut prononcé par le pape Giulio II en 1506. Après des séjours à Milan et à Bologne, Ercole Bentivoglio conclut sa formation littéraire à Ferrare. Auprès de son oncle Alfonso I D’Este, il se lie d’amitié avec l’Arioste, Francesco Maria Molza et, quelques années plus tard, avec la poétesse Tullia D’Aragona (1510-1556). Durant son séjour à Ferrare, il compose le poème en huitains intitulé Sogno amoroso, dédié à Pietro Antonio Acciauoli (Venise 1530). Bentivoglio se transfère ensuite à Padoue puis à Venise, où il publie, chez Giolito, deux comédies : une version de la Mostellaria de Plaute intitulée I fantasmi (1544) et Il geloso (1545). À la suite de la publication des Satire et altre rime (1546), Bentivoglio s’établit de manière définitive à Venise, où il est accueilli au sein de l’« Accademia dei Pellegrini ». Il meurt à Venise en 1573.

Composées aux alentours de 1530, les Satire ont pour modèle Horace et l’Arioste. Les thèmes développés varient entre paisibles réflexions au sujet de la vie quotidienne et amères considérations sur les aspects les plus violents de la vie. Chacune des six Satire – toutes composées en tercets, comme il est d’usage dans ce genre poétique – est dédiée à une figure contemporaine différente et centrée sur une thématique particulière.
La Satira I (91 vers) est dédiée à Andrea Napolitano. Elle a comme thème la dérision des amoureux, comme l’annonce la didascalie : « Si ride di coloro che, innamorandosi delle Donne, mettono il suo fine in questa vanità ; e che purché l’Uomo abbia le cose che richiede la Natura, senza alcuna pericolo si dee contentare ».
La Satira II (106 vers) est dédiée à Pietro Antonio Acciaioli. Se rapportant aux diverses invasions de la Péninsule, l’auteur formule une louange de la paix et pleure la cruauté de la guerre.
La Satira III (124 vers) est dédiée à Maestro Antonio Musa. Bentivoglio y critique les médecins – dont il considère que les « excellents » sont rares – et exhorte les hommes à faire confiance à la nature et à recourir à l’expérience empirique.
Dans la Satire IV (160 vers), dédiée « A Messer Bignone », l’auteur critique l’avarice insatiable de certains et fait l’éloge de ceux qui jouissent honnêtement des plaisirs de la vie.
La Satira V (142 vers) est adressée « A messer Flaminio ». En décrivant sa vie propre vie, l’auteur illustre son quotidien de gentilhomme, paisible et tranquille. Il relate ses journées dédiées à l’étude, aux occupations de la cour et aux conversations entre amis. En compagnie de l’Arioste, notamment, il se rit de certains auteurs parmi lesquels « un romain » qui estimait sa propre production poétique de meilleure qualité que le Furioso. Avec « l’Acciaiuol » (Satira II) il disserte à propos des beautés des femmes et narre un dîner avec son ami « Gaspar » durant lequel un de ses parents s’est mordu la langue.
La dernière Satira (88 vers) est adressée au frère du poète. Bentivoglio y décrit ses propres mésaventures et invective les hommes avides d’or et d’argent. Il conclut son texte en confessant qu’il écrirait davantage s’il était plus heureux.

L’édition se poursuit avec une série de pièce en tercets appartenant au genre burlesque. La première a pour sujet le fromage (238 vers), que l’auteur présente comme « la première nourriture de l’homme ». La deuxième relate un voyage effectué à Sandiano, en Emilie-Romagne (169 vers). La troisième est dédiée à Madame Agnola et traite de la langue toscane (127 vers). Dans la quatrième, Bentivoglio s’adresse à son parent « Antonio », dont il exalte la qualité de vie vertueuse et pleine de sagesse, mais également la dévotion au plaisirs de la vie, au bon vin et aux belles courtisanes (145 vers). La cinquième et dernière consiste en un éloge du vin destiné « Al signor Abbatezambeccaro » (169 vers).

L’édition est complétée par une épigramme adressée à Gregorio Giraldo et une comédie en cinq actes intitulée Il Geloso, dans laquelle se mêlent références à Plaute et revendications d’inventivité et de nouveauté, stimulées par la vie quotidienne.

Parchemin rigide.

Edit16 (9 exemplaires).

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