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ALAMANNI (Luigi), La Coltivazione (1546)

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la coltivatione di/ lvigi alamanni al/ christianissimo re/ francesco primo./ [marque : noli altvm sapere]/ Stampato in Parigi da Ruberto Stephano/ Regio Stampatore./ m.d.xlvi./ con privilegi.

In-4° [160] feuillets signés a-t8 u2 x2 *2 chiffrés [III] 3-154 [II] : le cahier * est inséré entre a et a2 ; le feuillet 2 est mal chiffré 3, le f. 115, 215, 117, 217. Marque gravée sur le titre ; caractères italiques. Il existerait des exemplaires de premier tirage, sans la table des errata ; on connaît deux états de la page de titre, l’un portant « CON PRIVILEGI », l’autre « Con priuilegi  » ; dans certains exemplaires manquent les feuillets contenant le privilège et la dédicace.

Première édition de la Coltivazione, le poème didactique d’Alamanni, imité des Géorgiques de Virgile. Composé en endecasillabi sciolti, en six livres et plus de 5000 vers, il traite de l’agriculture : les travaux du printemps (livre I), de l’été (II), avec un éloge du cheval, de l’automne (III), de l’hiver (IV), du jardinage (V), des jours propices, des astres et de leur influence (VI). Le poète mentionne de nouvelles techniques agricoles et consacre de longs développements aux arbres et aux plantes. Le poème est dédié à François Ier. Alamanni, dans son épître liminaire, prie Catherine de Médicis, alors dauphine [1], de présenter l’ouvrage au roi. Il sollicite également le patronage de Marguerite de France [2], sœur du dauphin Henri, « aguta cognoscitrice, e pia diffenditrice di tutti i Poeti ». Dans sa Deffence, Du Bellay mentionne le poème avec éloge un comme modèle pour l’emploi du vers libre : « faire des vers libres, comme a fait Petrarque en quelque endroit, et de notre tens le seigneur Loys Aleman en sa non moins docte que plaisante Agriculture » [3].

Très belle édition d’un des tout premiers textes en italien imprimés en France. Le splendide caractère italique utilisé par Estienne, proche des caractères de Blado, est attribuable à Garamond. Les exemplaires restants furent remis en vente en 1548 avec la date du titre modifiée. Une autre édition fut publiée la même année 1546, à Florence, par Bernardo Giunta (avec une seconde émission à la date de 1549). Mais la présence de l’épître de dédicace à la Dauphine confirme qu’il s’agit d’une réimpression de l’édition parisienne, par laquelle Alamanni cherchait à assurer une meilleure diffusion de ses œuvres auprès des lettrés italiens. Un exemplaire de cette édition, dans une reliure italienne portant le chiffre M couronné, attribué précisément à Marguerite de France, a figuré dans la vente Tammaro De Marinis [4].

Hauteur : 198 mm. Vélin rigide, dos long, pièce de titre de maroquin rouge, tranches bleues (reliure du XVIIIe siècle).

Provenance : signature Gio Ciapi Volaterrano sur le titre ; au verso du dernier feuillet et sur une garde, cachet de la Biblioteca Colonna [XVIIIe siècle ; Gelli, p. 135 ; Parenti, I, 280].

→ Quadrio, VI, 71 ; Gamba, 17 ; Renouard, Estienne, n° 22 ; Brunet, I, 125 ; Hastings Jackson, 8 ; BL, 12 ; Johnson, 42 ; Birrell & Garnett, 135 ; Mortimer, I, 10 ; Edit XVI A-536 (46 exemplaires en Italie) ; Bingen, Philausone, n°13 (recense 82 exemplaires) ; Schreiber, 88 ; Boullier, 1 ; Panizzi, 73 ; Medicea Laurenziana, 28.

[1Née en 1519, fille de Lorenzo de’ Medici et de Madeleine de La Tour d’Auvergne, elle épousa en 1533 le duc d’Orléans, qui devint dauphin de France en 1536, après la mort de François de Valois, fils aîné de François Ier.

[2Marguerite de France (1523-1574), duchesse de Berry, fille de François Ier et de Claude de France ; elle épousa en 1559 Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, dit « Tête de Fer ». L’ambassadeur vénitien Lorenzo Contarini écrivait à son propos en 1551 : «  passa il tempo nello studio degli autori latini ed italiani, istorici e morali  », Relazioni, éd. E. Alberi, I, IV, 1860, p. 74.

[3J. du Bellay, Deffence et Illustration de la Langue Françoyse [1549], éd. H. Chamard, Paris, STFM, rééd. 1998, p. 147

[4Vente des collections De Marinis, Milan, U. Hoepli, 6-9 mai 1925, n° 251 et pl. XLVIII.

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