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TULLIA D’ARAGONA, Dialogo della infinità di Amore (1547)

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DIALOGO/ della signora/ tvllia d’aragona/ della infinita`/ di amore./ [fleuron]/ Con Gratia & Priuilegio./ [marque]/ In Vinegia Appresso Gabriel/ Giolito de Ferrari./ m d x l v ii.

Petit in-4° [80] feuillets signés A-V4 chiffrés 79 [I bl.]. Marque G G F sur le titre (54 mm ; Zappella, 539) ; autre marque « semper eadem » (77 mm) f. V3 v° ; lettrines ; caractères italiques.

Dialogue sur la question de savoir s’il est possible d’aimer durant un temps limité. Tullia développe l’idée néo-platonicienne de l’amour infini lié à la beauté. Les autres interlocuteurs sont Benedetto Varchi (1503-1566) et Lattanzio Benucci [1]. Dans sa préface, Muzio indique qu’il a publié l’œuvre sans le consentement de son auteur, et qu’il a également pris quelques libertés avec le texte, en remplaçant le nom d’emprunt sous lequel apparaissait Tullia, Sabina, par son nom véritable. La question de l’attribution du Dialogo a en fait été longuement discutée. Muzio et Varchi ont ainsi été crédités de sa paternité, en raison principalement du rôle qu’ils ont joué l’un et l’autre dans l’édition du texte et celle des Rime de Tullia d’Aragona. Varchi en outre, qui intervient comme personnage du dialogue, était lui-même l’auteur de nombreuses leçons académiques sur le même sujet de l’amour. La figure de Tullia aurait servi à rendre l’argumentation plus mondaine voire plus frivole. Et en effet, s’il s’inscrit dans un important courant de traités sur le même sujet, illustré en particulier par le Raverta (1543-1544) de Giuseppe Betussi, qui tous tentent de concilier une argumentation savante et un goût de cour, le Dialogo della infinità di Amore s’impose comme l’un des plus réussis. Giolito en donna une seconde édition en 1552.

Hauteur : 145 mm ; vélin sur ais de bois, tranches bleues (reliure du XVIe siècle).

→ Brunet, I, 373 ; Bongi, I, p. 198-199 ; BL, 36 ; Edit XVI A-2043 (27 exemplaires) ; Boullier, 11 ; Ascarelli-Menato, p. 373-375.

[1Gentilhomme siénois, Lattanzio Benucci (1521-1598) avait rencontré Tullia d’Aragona lors du premier séjour de celle-ci à Sienne ou à Florence, en 1543. Lui-même avait dû fuir sa ville pour des raisons politiques et avait trouvé refuge à Florence, où il continua de fréquenter la courtisane-poétesse, aux Rime de laquelle il offrit une contribution de six sonnets (voir ci-dessus). Benucci entra ensuite au service des familles Colonna, Farnese et Carafa, et mena une carrière de diplomate à la suite du cardinal Trivulzio puis au service des Médicis. Poète abondant, il donna des vers aux Rime pour Livia Colonna (1555). On conserve de lui plusieurs recueils poétiques restés manuscrits, qu’il semble avoir voulu mettre en ordre pour l’impression (en particulier les manuscrits BAV, Vat. Chigiano, I.VIII, 295-296, contenant également un Dialogo de la lontananza, et Austin, Texas, Harry Randsom Humanities Center, Phil.12500), ainsi que des Osservazioni sopra la Commedia di Dante (Sienne, Biblioteca Comunale, H. VII 21).

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