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FOLENGO (Teofilo), Merlini Cocai poetae Mantuani liber macaronices livri 17 (1517)

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MERLINI COCAI POETAE | MANTVANI LIBER MA|CARONICES LI-|BRI .XVII. | NON ANTE IMPRESSI.

[Venetiis : in aedibus Alexandri Paganini, Kalen. Ianua. 1517]

In-12°, [132] feuillets signés +¹², A-P⁸. Caractères italiques et romains.

Première édition des œuvres en latin macaronique du poète mantouan Teofilo Folengo (1491-1544). Elle paraît à Venise par l’éditeur originaire de Brescia Alessandro Paganini.
Issu d’une noble famille de Mantoue liée aux Gonzaga, fils de notaire, Girolamo Folengo entre au monastère de Sant’Eufemia de Brescia, prenant le nom de Teofilo. Le jeune moine se transfère au monastère de San Benedetto Po (Mantoue), puis à Santa Giustianan (Padoue), dans lesquels il parfait sa foration intellectuelle, avant de s’établir à Venise. La troisième décennie du XVIe siècle constitue un moment de crise dans la vie du poète, partagé entre la composition d’œuvres burlesques d’une part et spirituelles-allégoriques d’autre part. À la suite de son retriait sur le mont Conero, dans les environs d’Ancône, avec son frère Giambattista, il s’établit pour quelques années encore dans la Sérénissime. Folengo se retire ensuite à Palerme, monastère de San Martino alle Scale et à Santa Maria alle Ciambre, avant de terminer sa vie à l’ermitage de Santa Croce di Campese, dans les environs de Bassano del Grappa.
Cette première édition des Œuvres de Folengo est constituée de deux églogues en latin macaronique et, surtout, du poème de 15’000 hexamètres intitulé Baldus. Le poème héroico-comique narre l’amour entre le paladin Baldo et la fille du roi de France Baldovina. Afin de laisser libre cours à leurs sentients, ils quittent la cour afin de s’établir dans les environs de Mantoue, où les péripéties chevaleresques feront place au monde paysan. Dans ce nouveau contexte, Baldus combattra diverses figures telles que des sorcières, des dragons, des mages, et descendra aux Enfers.
L’auteur se présente sous le pseudonyme riches d’allusions littéraires « Merlin Cocaie ». Comme l’explique le personnage Baldus, ‘Merlin’ est adopté parce qu’un merle venait nourrir le poète lorsqu’il était entant (XXII, 116-117). Plus obscur, ‘Cocaie’ pourrait suggérer plusieurs associations d’ordre culinaire, généralement richement présentes dans l’œuvre de Folengo et dans la poésie macaronique plus généralement.
Padoue et son Université constituent pour Folengo un terrain de premier choix pour le l’élaboration de ses textes en latin macaronique : une langue littéraire construite comme une parodie du latin littéraire, dans sa structure, et dans laquelle sont librement insérés des termes dialectaux ou en langue vernaculaire. Parmi les modèles de Folengo, on rappellera la Macaronea du padouan Michele di Bartolomeo degli Odasi, dit Tifi Odasi, la Tosontea de Corrado ou encore l’anonyme Nobile Vigonze opus.
Une nouvelle édition des oeuvres de Folengo paraît, toujours chez Paganini, sous le titre Opus Merlini Cocaii poetae Mantuani en 1521. Celle-ci se distingue notamment par des splendides gravures, ainsi que des ajours de plusieurs textes. Parmi les œuvres de Folengo successives au Baldus, on rappellera notamment l’Orlandino (1526) et le Caos del Triperuno (1527), rédigée en latin, langue vernaculaire et latin macaronique).

Provenance : inscription manuscrite à l’encre marron sur le frontispice : « VV.C.34. ».

Edit16 (14 exemplaires)

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